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Politique Internationale

Cinéma: D'Hollywood à Tamanrasset

Par L'Economiste | Edition N°:52 Le 05/11/1992 | Partager

La folie hollywoodienne s'abat ; sur une petite ville du sud algérien, à la fin des années 80, à l'époque de l'espoir démocratique et avant le durcissement du régime et de l'opposition intégriste.

Tamanrasset, ville du Sahara algérien, devient un véritable village hollywoodien. Elle ne se préoccupe plus que des problèmes de l'empire “impitoyable” de Dallas avec JR et Sue Ellen, ou encore des enquêtes menées par Colombo et Kojak. Cette comédie rappelle nettement les parodies de Mel Brooks des grands westerns ou des grands classiques du muet.

S'identifiant aux personnages des célèbres séries télévisées, chacun trouve son bonheur ou son malheur. Clint Eastwood fait rêver “pour quelques Dinars de plus”, un personnage maigre et bossu prend le surnom de Rambo. Tout ce petit monde se retrouve chaque jour au “Mac Do” local où l'on sert toutes les spécialités américaines, avec les moyens de bord, made in Algérie...et quelques merguez.

L'antenne parabolique est le moyen par qui tous les scandales arrivent.

La ville petit à petit se divise en deux clans opposés. D'un côté, les “shootés” de la parabole, de l'autre les nationalistes représentés par les défenseurs de la télévision algérienne et du discours vaguement FLN.

L'époque évoquée, la fin des années 80, est celle de la parabole, mais aussi de la montée de l'intégrisme.

Celui-ci est représenté par un père de famille et ses trois fils, qui marchent toujours à la queue leu leu, par ordre de taille, comme les frères Dalton. L'illustration d'une religion adoptée d'une manière superficielle s'effectue aussi par un défilé de mode: de différents tchadors sont présentés lors d'une réception privée. Il y a les tchadors pour la ville, pailletés pour le soir, ou encore pour le sport en jeans que l'on peut grâce à des boutons-pression, enlever facilement.

Cette comédie (projetée en France en 1990), représente l'époque de l'Algérie de l'ouverture à la liberté. Les bons mots fleurissaient, tels que “FLN, Fatma Libre la Nuit”, “FIS, Fatma Interdit de Sortie”, “Canal-Iblis” pour Canal Plus ou encore “Hitistes” en référence aux chômeurs accoudés toute la journée aux murs.

Cette comédie représente aussi l'Algérie des pénuries. Cette Algérie où l'on gonfle les poivrons avec de l'eau pour qu'ils pèsent plus lourd, celle des cageots vides, des poulets morts que l'on veut absolument liquider...

L'intrigue, qui ne sert finalement que de prétexte à la caricature de la société algérienne, tourne autour du coup de foudre d'un quinquagénaire victime du “démon de midi” pour une jeune fille.

Pour se faire aimer de sa douce dulcinée, tous les moyens sont bons, notamment la sorcellerie. De ce fait, il organise un guet-apens avec l'aide de la bande des blousons noirs chargée de lui couper une touffe de cheveux, nécessaire au fkih du coin pour jeter un sort. La panique éclate et c'est le branle-bas de combat mené par un inspecteur (un vrai) dépassé par les événements et confronté aux élucubrations de certains citoyens, pris dans leur rôle de Colombo et Kojak persuadés d'être capables d'élucider le “mystère des cheveux”.

Les dialogues, mélange d'arabe dialectal et de français, exhalent cette fraîcheur naïve, cette bonne humeur indolente et ce tempérament coléreux si caractéristique de l'Algérie. Et puis, il y a ce rythme de vie inimitable qu'impose le climat, lent, si lent.

Un petit bonheur.

M.O.

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