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    Economie

    Céréales: Nouveau système de régulation : Les premiers pas sont jugés satisfaisants

    Par L'Economiste | Edition N°:51 Le 29/10/1992 | Partager

    EN dépit de la récolte catastrophique et de l'application d'un droit de douane minimum depuis Mai dernier, le marché céréalier tient les cours à des niveaux globalement stables.

    C'est le "système compensateur" piloté par l'ONICL, qui maintient les cours, expliquent les experts de l'Office National Interprofessionnel des Céréales et des Légumineuses.

    Les premières étapes de la libéralisation donnent des résultats satisfaisants, estiment-ils. Et, après l'abandon du contingentement pour certains des produits soumis à régulation, on s'achemine vers un système de réajustement des prix par les droits de douanes.

    Taux minimum

    Les céréales principales ou secondaires autres que le riz, qui bénéficiaient du taux zéro, subissent désormais un droit de douane de 2,5%. Ce nouveau taux vient s'ajouter au Prélèvement Fiscal à l'Importation qui était normalement appliqué.

    Toutefois, ces céréales bénéficient toujours de l'exonération de la Taxe sur la Valeur Ajoutée lorsqu'elles sont destinées à la production des farines.

    Les nouveaux tarifs douaniers appliqués aux céréales, légumineuses et à leurs dérivés, mis en application au mois de Mai par arrêté du Ministère des Finances, n'ont pas eu d'influence sur les prix intérieurs de ces produits (le prix de la farine ordinaire se stabilise entre 3,5 et 4 Dirhams le kilogramme), annonce la Direction des Prix du Ministère des Affaires Economiques.

    Les prix moyens de vente au gros de la farine, enregistrés au cours des mois de Juillet et d'Août sont restés stables comparativement à ceux du mois de Juin, relève le Bulletin d'Informations de l'ONICL. Le prix moyen de la farine dite "nationale" est passé de 225,30 Dirhams le quintal en Juin, à 229,60 et 230,30DH le quintal respectivement pour les mois de Juillet et d'Août.

    La farine de luxe est restée stable avec 339,90DH le quintal en Juin, 339,30 et 340,40 pour les mois de Juillet et Août. Pour sa part, le prix du son est passé à 158,60DH le quintal en Août, contre 172,00 en Juillet.

    Le niveau très faible de la récolte, annoncé au mois de Mars et confirmé en Mai, aurait dû logiquement entraîner une hausse des prix.

    Cependant, l'approvisionnement régulier du marché en céréales et en aliment de bétail a permis d'infirmer cette probabilité, se félicite M. Mohamed Guerraoui, Directeur de l'ONICL, dans l'Editorial du Bulletin de Septembre.

    En effet, les chiffres définitifs de la production des quatre principales céréales pour la campagne agricole 1991-1992 (la plus faible de ces dix dernières années) se situent à 28,6 millions de quintaux, légèrement en hausse par rapport aux prévisions du mois de Mai.

    Les blés dur et tendre, l'orge et le maïs ont enregistré des productions respectives de 6,8, 8,8, 10,8 et 2,2 millions de quintaux.

    Cette campagne, exceptionnellement basse, a été corrigée par le programme d'urgence mis en application et qui a permis de maintenir l'équilibre entre l'offre et la demande intérieures des céréales et de leurs dérivés.

    A ce titre, les importations de céréales réalisées, à la fin du mois d'Août, s'élevaient à 19,5 millions de quintaux, soit 68% du volume global des appels d'offres internationaux organisés par l'ONICL au terme de la même période. Les importations effectives de blé tendre se chiffrent à 14,2 millions de quintaux, ou 73% de la masse totale.

    Les importations de blé dur, d'orge et de maïs s'élèvent à 0,8, 3 et 1,4 millions de quintaux, respectivement. Ces importations font suite aux achats de céréales par les appels d'offres précités sur les marchés extérieurs. Ils s'élèvent à 28 millions de quintaux dont 22,4 pour le blé tendre, 1 pour le blé dur, 3 pour l'orge et 1,6 pour le maïs.

    Au terme du mois d'Août, 8,5 millions de quintaux de céréales étaient encore attendus.

    Le taux de 2,5 % de droit de douane qui frappe maintenant les céréales principales ou secondaires n'est qu'une sorte d'affectation de poste à poste dans les comptes de ressources du Trésor, précise l'ONICL.

    Le principe de protection demeure

    Le principe demeure celui de la protection de la production locale, d'ailleurs réaffirmé par la Loi sur le commerce extérieur, dont on attend toujours les textes d'application pour la promulgation au Bulletin Officiel.

    En fait, la régulation du marché des céréales et des légumineuses reste à la charge de l'ONICL. Cet établissement public, créé en 1937, assure, notamment, l'équilibre du marché et la stabilité des prix intérieurs des céréales et des légumineuses de la production à la consommation, expliquent volontiers ses cadres.

    Dans cette optique, l'Office constitue et gère un stock de sécurité en blé tendre.

    De plus, il contrôle les mouvements et les prix des céréales et ceux des farines ainsi que la conformité de celle-ci aux normes de qualité définies par la réglementation en vigueur. Ce contrôle du mouvement des prix se fait par le biais du système de compensation financière (système compensateur).

    En effet, dans tout système de prix, il y a un prix de protection à l'intérieur ou prix de seuil dont l'objectif est de protéger la production locale.

    Les prélèvements compensateurs sont constitués par la différence existant entre le prix de seuil et le prix de revient des importations.

    Cette différence est payée par l'importateur à l'entrée des produits sur le territoire. Cela dans le but d'éviter que les produits importés soient vendus à un prix inférieur aux produits locaux. En somme, ils permettent d'aligner les prix des produits importés sur ceux de la production locale afin de maintenir sa compétitivité. En outre, les ressources générées par le système de compensation servent à subventionner d'autres produits tels que la farine ordinaire.

    Les nouveaux tarifs douaniers mis en application vont dans le sens d'une perspective de réajustement du marché par les droits de douane, commente-t-on auprès de l'Office.

    En effet, la politique de libéralisation initiée depuis quelques années a entraîné la suppression du contrôle quantitatif, avec à la place, la mise en application des droits de douane, notamment pour les produits de transformation.

    Les farines, les gruaux et semoules de céréales, les pâtes alimentaires y compris le couscous et les vermicelles, les produits de la boulangerie fine, de la pâtisserie et de la biscuiterie supportent, après le dernier réaménagement, un droit de douane de 40%, tandis que les droits sur les farines de légumineuses restent à 45%.

    Selon un fonctionnaire du Ministère des Affaires Economiques, "l'ouverture du marché constitue une bonne politique. La liberté des prix pour les céréales et dérivés (la farine nationale ayant un prix fixé) a engendré une évolution qualitative du marché. Elle a permis au consommateur, auparavant sanctionné par la mauvaise qualité des produits, de disposer d'un meilleur choix à des prix compétitifs".

    A.D.N

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