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    Economie

    4ème SIEL: Rencontres franco-maghrébines pour l'édition

    Par L'Economiste | Edition N°:51 Le 29/10/1992 | Partager

    LA quatrième édition du Salon International de l'Edition et du Livre au Maroc va ouvrir ses portes à Casablanca, à la Foire Internationale (OFEC) le 3 Novembre. Cette persévérance, de même que celle des éditeurs marocains, pourraient étonner dans un contexte national culturel où on lit peu, où la culture livresque est souvent considérée comme un luxe inutile ou ostentatoire.

    Pourtant "il y a des raisons d'être optimiste quand-même", dit Monsieur Retnani, Directeur d'EDDIF-Maroc, car le nombre de livres vendus, édités localement, augmente chaque année de deux à trois mille. Si la Tunisie fait beaucoup mieux que le Maroc en ce domaine, c'est qu'il y existe une volonté active des pouvoirs publics, souvent défaillante au Maroc. Actuellement, le Salon se prépare dans la fièvre de l'urgence, les imprimeurs ayant été jusqu'à présent absorbés par la mise en oeuvre de la rentrée scolaire et des récentes élections.

    Un salon du livre au Maroc s'affirme de plus en plus comme un événement important pour les éditeurs: d'une part il vise à créer une sensibilité nouvelle à la lecture. Les visiteurs du Salon n'ont souvent jamais eu l'occasion, ou les moyens financiers, ou l'audace, de franchir le seuil d'une librairie, et découvrent dans l'espace de l'exposition un intérêt et une ouverture qu'ils ignoraient parfois. On achète au Salon plutôt qu'en librairie. Les enfants s'y livrent à des jeux éducatifs. D'autre part, le Salon est l'occasion de rencontres internationales entre éditeurs qui espèrent aller, dans les années à venir, au-delà de l'assistance ou du soutien, vers un véritable partenariat. A ce titre, ce quatrième Salon verra les 4 et 5 Novembre des rencontres franco-maghrébines de l'édition à la Fondation Abdelaziz, qui réuniront avec les éditeurs et responsables marocains présents huit éditeurs algériens, cinq éditeurs tunisiens, deux chargés de mission français en Algérie et Tunisie. Représentant l'édition en France, on attend également deux responsables de la direction du Livre et de la lecture, trois du Syndicat National de l'Edition, deux de la M.A.E., un responsable des éditions Larousse et un autre du Centre Français du Commerce.

    Pour la première fois, les décideurs seront au Maroc, réunis pour discuter d'une coopération effective plutôt que pour émettre des voeux pieux.

    Contrairement à ce que l'on pourrait croire, le domaine de l'édition au Maghreb, au Maroc en particulier, est un domaine d'avenir, même si l'édition subit actuellement, comme les autres entreprises, les retombées de la guerre du Golfe. En effet c'est un secteur encore peu couvert, l'alphabétisation est en marche coûte que coûte et le désir d'expression très fort. Par contre, en Europe, le secteur est saturé: d'où des chiffres de ventes sans doute provoquants par l'écart qu'ils déclarent, mais pervertis par une interprétation tronquée. Il est à signaler que des auteurs d'envergure internationale se font à présent éditer au Maghreb (Assia Djebar par exemple) où le coût du livre reste particulièrement moins cher qu'en Europe (trois à quatre fois) avec une qualité en nette amélioration, et que les éditeurs maghrébins qui osent investir les Salons occidentaux y sont bien accueillis. Les acquis et les perspectives méritent d'être rappelés.

    Cette année, quinze titres nouveaux seront publiés à l'occasion du IVème SIEL par les éditeurs marocains, dont dix par deux maisons d'édition. Si les enseignants restent les meilleurs acheteurs de livres, M. Retnani suggère que les hommes d'affaires (réticents à la lecture de livres) comme les pouvoirs publics prennent conscience de l'intérêt (aussi) économique du livre pour que les blocages qui en gênent l'expansion se réduisent, à haut niveau comme sur le terrain des tracasseries administratives.

    Thérèse BENJELLOUN




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