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    Economie

    Textile: Le rapport préliminaire de l'étude Werner déçoit

    Par L'Economiste | Edition N°:51 Le 29/10/1992 | Partager

    L'étude "Werner" a pour objectif une analyse globale du secteur du textile et de l'habillement. Elle porte le nom du cabinet international belge à qui elle a été confiée pour un montant de 208.000 Dollars. Lancée en Octobre 1991, cette étude devrait aboutir à un rapport définitif pour Décembre 1992.

    L'idée d'effectuer une étude globale du secteur du textile et de l'habillement a été inspirée par une lacune: "Le textile, malgré son importance sur le plan national, n'a jamais fait l'objet d'un diagnostic approfondi", explique M. Noureddine Chhoul, Chef de la Division des Industries du Textile et du Cuir au sein du Ministère de Commerce, de l'Industrie et de la Privatisation. En effet, les seules études réalisées jusque là étaient ponctuelles, soit en vue de résoudre un problème particulier, soit à l'occasion de la création d'une unité, dans une branche donnée (filature, tissage...etc).
    Le moment choisi pour une étude globale précédait des changements tant au niveau international que national. Sur le plan international, la dislocation de l'Accord Multifibres, l'échéance du marché unique et l'émergence de petits pays qui commençaient à concurrencer sérieusement le Maroc ont suscité une telle démarche. Sur le plan interne, les pouvoirs publics devaient disposer d'une étude globale du secteur pour pouvoir prendre des décisions. En effet, l'Etat est actionnaire dans certaines firmes. Il est aussi promoteur dans certaines dont la privatisation est en cours.

    Desideratas du public et du privé

    Le Maroc ne disposant pas de structure très développée apte à réaliser une étude contenant des données sur les marchés extérieurs, il a été fait appel à un cabinet international. Le choix s'est arrêté sur le cabinet belge, Werner. Le Ministère autant que l'ODI (Office de Développement Industriel) et l'AMIT (Association Marocaine des Industries Textiles) ont opté pour Werner. Deux critères essentiels sont à la base de cette décision commune. Le cabinet belge disposait d'une base de données nettement plus étoffée que les autres cabinets d'études. En outre l'offre était "intéressante" vu les prestations (étude comparative avec les principaux concurrents, points faibles du secteur et la façon de les renforcer...) que devait fournir le cabinet. Le cahier des charges a également été établi d'un commun accord entre Ministère, AMIT et ODI afin de répondre aux desideratas du privé et du public.
    M. Chhoul précise que les pouvoirs publics sont initiateurs de cette étude, même si l'AMIT avait effectivement demandé une étude en vue de connaître les potentialités du secteur textile, ses points faibles...

    Le contrat entre les autorités publiques marocaines et le cabinet Werner a été scellé en Août 1991. L'étude n'a débuté qu'en Octobre 1991. Il a fallu en premier lieu confectionner un questionnaire qui cerne les structures des entreprises de toute sorte, qui exercent dans les différentes branches de l'industrie du textile/habillement. D'autre part, il a fallu susciter des réponses proches de la réalité.
    Une fois arrêté, ce questionnaire à été adressé à cent entreprises représentant toutes les branches de ce secteur. Cette première phase a duré trois mois et "elle aurait pu durer plus, si l'AMIT n'avait usé de toute sa diplomatie pour demander aux chefs d'entreprises de répondre au questionnaire", souligne M. Chhoul. Par ailleurs le Ministère a dépêché ses agents pour effectuer du porte à porte.
    Or, ces questionnaires devaient parvenir à Bruxelles et conditionnaient la seconde phase qui est l'expertise de chaque branche. Chaque expert dépêché par Bruxelles est spécialisé dans une branche. Avant que celui-ci n'effectue sa mission qui dure entre 10 et 15 jours, il devait disposer d'un minimum d'informations, de supports d'interviews. L'expert effectuait son expertise auprès de sociétés autres que celles qui avaient répondu au questionnaire afin de vérifier l'exactitude des renseignements fournis.

    Copie à revoir

    Le rapport préliminaire a été remis au Ministère fin Mai 1992. Rapport qualifié de consistant quantitativement, puisqu'il comporte six volumes. Le premier volume est consacré à l'analyse économique et commerciale. Le second contient le diagnostic du secteur. Le troisième traite de l'environnement international et de la situation des principaux concurrents. Deux autres volumes comportent différents scénarios. Le sixième volume renferme un cas pratique sur COTEF, société étatique. Sur le contenu exact de ce rapport préliminaire, la discrétion est de règle. Après analyse détaillée de ce rapport préliminaire par la commission composée du Ministère, de l'ODI et de l'AMIT, le constat était décevant. M. Chhoul n'hésite pas à dire que "mis à part le volume contenant la partie diagnostic, tout le reste devrait être revu." Il ajoute "notre souhait était de connaître les forces et les faiblesses de pays comme la Tunisie, la Corée du Sud, de notre propre industrie... des réponses à des cas concrets. Par exemple, pourquoi un pantalon fabriqué au Maroc ne s'exporte pas par rapport à celui confectionné par un pays concurrent? Quels sont ses avantages et ses inconvénients? ". Par conséquent, "la copie" présentée par Werner est à revoir. En effet, le rapport s'est, grosso modo, limité à préciser que, pour moderniser l'industrie textile marocaine, il fallait investir des montants définis. Ce n'est évidemment pas pour cela qu'il a été fait appel à un cabinet qui dispose d'une base de données très étoffée sur les marchés extérieurs.
    Le rapport définitif du cabinet Werner sera remis en Décembre 1992. La Division des Industries du Textile et du Cuir compte organiser une journée ouverte au public afin de présenter ses conclusions sur cette étude qui aura coûté 208.000 Dollars.

    Naïma HADER

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