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Centre marocain de conjoncture: Une croissance toujours insuffisante

Par L'Economiste | Edition N°:1817 Le 22/07/2004 | Partager

. Même si elle a gagné 2 points, l’évolution n’a pas généré d’emplois. Les experts misent sur le dynamisme du secondaire et du tertiaire. Il faudrait aussi combiner démographie et évolution de l’activité«La croissance n’a pas été suffisante pour résorber le chômage». Les conclusions que tire le Centre marocain de conjoncture de l’économie nationale ne diffèrent pas de celles développées par d’autres institutions telles que la Banque Centrale ou encore le FMI (cf www.leconomiste.com). Même si la croissance a gagné deux points, le produit intérieur brut est passé de 3,2% en 2002 à 5,2%, le nombre de la population au chômage a lui continué à augmenter. Amer constat effectué par le CMC, le 20 juillet 2004 à Casablanca, en présence d’opérateurs économiques, pouvoirs publics, analystes et autres universitaires. Pour planter le décor, Ahmed Laaboudi, membre du Comité scientifique revient sur les faits marquants: En dépit des acquis importants réalisés, le nouvel élan de croissance souffre de quelques insuffisances, est-il noté. Ce qui limite les effets multiplicateurs sur l’amélioration du niveau de vie.Les chiffres relatifs à la contribution de chaque secteur à la création d’emplois font état d’un secteur primaire qui contribue à environ 40%. Quant au secteur secondaire, il ne crée que 2,2%, ce qui est en deçà des attentes. Le secteur tertiaire, pour sa part, contribue à raison de 3,7%.Pour les activités secondaires, 2004 se caractérise par une reprise de trois importants secteurs (mines, énergie et eau) par rapport à 2003. Quant aux activités tertiaires, elles ont évolué en moyenne de 3,5%. Sur cette base, les experts du CMC estiment que les prévisions qui situent le taux de croissance aux alentours de 4,2% en 2004, devraient se traduire par un raffermissement en 2005, et une amorce de redémarrage de l’économie. L’inadéquation entre la croissance et la création d’emplois est expliquée en partie par les aléas climatiques. Ainsi conditionnée, l’activité économique reste tout de même vulnérable. «En témoigne la forte variabilité de la croissance d’année en année», est-il ajouté. De plus, seuls l’agriculture et quelques secteurs ont vraiment avancé, est-il ajouté. Conséquence, les bonnes années ne se traduisent pas forcément par une résorption du chômage. C’est ce qui a conduit les analystes à qualifier la croissance de «stérile». Alors comment faire pour rendre la croissance féconde? s’interroge-on auprès du CMC. Selon le dernier bulletin du centre, l’inélasticité de l’emploi par rapport à la croissance tient en premier lieu aux faibles capacités de génération de nouveaux emplois du secteur primaire et à l’irrégularité de ses résultats. La conjoncture agricole reste déterminante et la population exerçant dans ce secteur est pratiquement la même depuis des années. Or, ce sont des emplois précaires, saisonniers et vulnérables, précise Abdelali Doumou membre du CMC, car ils ne se traduisent pas par des effets multiplicateurs. Autre facteur invoqué, les performances modestes des secteurs secondaire et tertiaire, dont le rythme de croissance s’est rarement écarté du taux moyen de 3%. Et ce, depuis de longues années, ajoute-t-on, alors qu’ensemble les trois secteurs recèlent un gisement à fort potentiel de génération d’emplois. La logique, selon le CMC, veut qu’une restructuration soit établie pour accélérer davantage la croissance des secteurs secondaire et tertiaire. Cela devrait constituer «l’une des priorités de la stratégie à mettre en œuvre», préconisent les experts. D’après leurs prévisions, sur le plan industriel, des pertes d’emplois résultant de l’effet mise à niveau devront avoir lieu. «C’est une donne économique universelle à laquelle il faudra se préparer», ajoute Doumou. D’où des efforts à entreprendre en termes de mesures d’accompagnement et création d’emplois dans l’industrie et le secteur tertiaire, préconisent les experts. Mais aussi des instruments parallèles à l’incitation de l’investissement. Car si l’investissement progresse, la pauvreté et la fracture sociale progressent également. D’où une stratégie afin de multiplier la génération de revenus auprès des couches défavorisées. Le CMC ne s’est pas limité aux constats, mais a esquissé des simulations dans une perspective de 10 ans (voir encadré). L’intérêt est de s’inscrire dans une dynamique démographique et relier l’ensemble à l’évolution de l’activité, car d’après les estimations du CMC, la population active serait de 14 millions en 2014. L’objectif est de parvenir à assurer une grande régularité à un processus de croissance plus soutenu et important et, partant, créer une dynamique favorable à l’emploi. Pour y arriver, il faut plutôt une révision majeure du mode de gouvernance politique et économique, souligne Adnane Debbagh, opérateur économique. «Nous ne pouvons conquérir une croissance sérieuse sans une politique de régionalisation».


Scénarii

Trois scénarios de simulation qui permettent de tirer la croissance dans une perspective de 10 ans ont été retenus. Il s’agit de projections qui interpellent une implication assez forte des pouvoirs publics dans la dynamique de croissance. Parmi elles, figure l’hypothèse optimiste qui consiste à créer 5 millions d’emplois supplémentaires avec une croissance de 6,6%. Ce qui sous-entend un potentiel de création de 400.000 emplois par an. Le second scénario est dit faible, mais réaliste, car il suppose la création de 250.000 emplois par an. «C’est ce que nous réalisons actuellement avec un déficit de près de 60.000 emplois par an. Ce qui nécessite une croissance de 4,2% par an», précise le comité scientifique du CMC. Le dernier scénario, intermédiaire mais réalisable, car il prévoit une croissance de 5% avec un taux de chômage de 8%. Amin RBOUB

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