×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

CDT-UGTM-UMT: Escalade et surenchère

Par L'Economiste | Edition N°:439 Le 09/02/1999 | Partager

La multiplication des mouvements sociaux a eu des répercussions sur les rapports entre les trois centrales. Concurrence, surenchère, froideur... Diagnostic d'une relation qui n'est pas claire.

Depuis que la Koutla est au pouvoir, les centrales syndicales cherchent-elles à jouer leur carte politique?
Les faits en témoignent. Les trois formations les plus représentatives dans les secteurs économiques sont en train de nourrir des rivalités pour décrocher des acquis. Il n'y a pas longtemps pourtant, leurs noms ont figuré côte à côte dans des actions sociales de grande envergure (accord CDT-UGTM, dialogue social). Aujourd'hui, le ton monte entre elles et les escalades verbales se font de plus en plus nombreuses.
Ainsi, le débat a été houleux dans le secteur bancaire. Le 26 janvier, L'USIB (Union Syndicale Interbancaire) affiliée à l'UMT a déclaré avoir arraché un accord avec le GPBM. Le même jour, et après une série de contacts, un responsable du Groupement bancaire n'a pas confirmé l'information. Le 4 février, un communiqué du Syndicat informe que la déclaration s'est concrétisée par la signature du protocole d'accord en présence de cinq employeurs bancaires (BMCE-Bank, BCM, Crédit du Maroc, Wafabank et Société Générale).
La CDT, qualifiant cet accord de "bavure", a aussitôt demandé justice. Selon elle, sa filiale, le SNB (Syndicat National des Banques), a été dépossédée de ses droits. L'organisation cédétiste détient la majorité des suffrages exprimés dans les élections des délégués du personnel. "On ne comprend pas comment le GPBM a négocié avec l'UMT classée derrière nous. Il aurait dû au moins réunir toutes les centrales représentées dans ce secteur. Nous n'avons même pas eu droit à des explications de la part du Groupement", s'exclame M. Bouzoubaâ.
La critique a porté sur l'objet de la convention. Pour le responsable cédétiste, le dossier revendicatif a été "mal négocié" par l'UMT et les augmentations sont "dérisoires". "Après 15 ans de gel des salaires, l'UMT n'a pu obtenir que 450 DH en brut, soit 280 en net, alors que nous demandons 1.000 DH d'augmentation", avance le syndicaliste.
La riposte de l'USIB a été violente. M. Farouk, secrétaire général de l'USIB-UMT, a qualifié la réaction de la CDT "d'aberrante". "Nous représentons le secteur à 100%. Une poignée de syndicalistes à forte inspiration politique ne peuvent pas amener le changement", dit-il. Comme preuve à ses dires, le syndicaliste révèle que l'accord n'a pas été contesté publiquement par le SNB-CDT et que ce dernier a essuyé une défaite monumentale dans son appel à la grève dans la Banque Populaire.
Début janvier 1999, un autre incident intervient. Le vote défavorable de la CDT sur la loi sur les privatisations a été interprété comme une atteinte directe au ministre istiqlalien. M. Bouzoubaâ dément cette interprétation et fait remonter le litige au principe lui-même. Selon lui, la contestation est due au fait que les entreprises étatiques n'ont pas encore acquis l'expérience nécessaire pour passer à la privatisation. La version de l'UGTM n'a pas confirmé les interprétations. "Le vote de la CDT est inexplicable. Ils est évident qu'ils ont des problèmes internes, sinon pourquoi n'ont-ils pas voté avec la majorité?", déclare M. Kebbaj, membre du Bureau exécutif de l'UGTM.


Historique


La polémique monte dans le secteur de la Santé qui, à quelques détails près, s'est empêtré dans la même situation que celle de la loi sur la privatisation. Aux dires de la CDT, cette dernière a été vivement critiquée par l'UGTM qui avait interprété sa protestation comme une position politique contre leur ministre. "Ceci est tout à fait erroné, répond M. Cherrat, membre du Bureau exécutif de l'UGTM. Nous n'avons pas donné d'interprétation politique au vote de la CDT". Pour le responsable, "La grève était inutile. Des avancées satisfaisantes ont été faites dans ce secteur depuis l'avènement de M. Fassi, notamment en ce qui concerne le statut particulier du personnel et l'octroi des augmentations". En vertu de ces accords, les infirmiers se sont vus accordés 1.000 DH échelonnées sur quatre ans. Pour étayer sa thèse, M. Cherrat s'interroge sur la cause du report in extremis de la dernière grève de la CDT. La CDT, fière de "sa victoire" dans ce secteur, s'inscrit en faux contre toute référence politique. "Nous ne nous attaquons pas à des ministres nominativement, mais nous servons l'intérêt de nos bases". Ces escalades entre les trois formations se sont répercutées sur leur relation. M. Bouzoubaâ parle de "concurrence" et de "surenchère", M. Cherrat de "froideur" et de "moment de réflexion", tandis que M. Farouk ne reconnaît même pas la légitimité des deux centrales. La symbiose UGTM-CDT de la fin des années 80 fait désormais partie de l'histoire. Les actions communes menées par les deux centrales depuis cette date avaient préparé l'avènement de la Koutla. En témoignent les grèves nationales du 14 décembre 1990 et celle du 6 juin 1996 massivement suivies. Plus, les manifestations du 1er Mai se déroulaient avant sous le signe de la solidarité entre les deux formations. Dans ces actions communes, l'UGTM et la CDT affirment que l'UMT a toujours été la grande absente. Le courant ne semble pas passer, en effet, entre les deux centrales et la formation de Mahjoub Ben Seddik.
La position de cette dernière est radicale. "Nous ne reconnaissons pas ces centrales. Ce sont des officines politiques qui n'expriment pas la volonté de la classe ouvrière", affirme M. Farouk, membre du Bureau exécutif de l'UMT.

Nadia LAMLILI

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc