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    Cantines scolaires: La concession au privé à l'étude

    Par L'Economiste | Edition N°:295 Le 11/09/1997 | Partager

    Le MEN veut sous-traiter la gestion des cantines scolaires. Il fait un clin d'oeil aux micro-entreprises. Pour l'heure, le MEN continue à s'en occuper en coopération avec le PAM. Celui-ci se désenga-gera des cantines dans deux ans.


    Les cantines peuvent être un nouveau créneau pour les micro-entreprises ou les sociétés de distribution. En tout cas, ce sont là les formules auxquelles pensent les responsables du Ministère de l'Education Nationale pour une gestion privée des cantines. «Ces solutions seront examinées au cas par cas», indique M. Ahmed Lamrini, secrétaire général par intérim du Ministère de l'Education Nationale.
    Pour l'heure, aucune formule n'a été définitivement retenue. Ce qui est sûr, c'est que le MEN ne veut plus s'occuper directement des cantines. «Notre travail n'est pas de faire de la restauration». De même, la réduction des aides du Programme Alimentaire Mondiale (PAM) précipite les choses. Le dernier budget accordé en mars par l'organisation mondiale n'alloue qu'une petite part aux cantines scolaires. Sur 16 millions de Dollars, 2 millions (sur deux ans) seulement sont accordés aux cantines scolaires. Les 14 millions de Dollars restant iront sur trois ans à la distribution de denrées sèches.
    En fait, les dernières négociations avec le PAM n'ont pas été faciles. Et pour cause, un scandale de détournement de fonds et de mauvaise gestion des aides avait secoué le MEN (voir encadré). Cependant, ce scandale n'est pas derrière le désengagement du PAM. Dès le démarrage du programme en 1978, il était prévu qu'il prenne fin en 2001. Le dernier projet de 19 millions de DH devait courir entre 1996-2001. Le processus a été par contre arrêté pendant deux ans. Le MEN devait donner des garanties pour pouvoir renégocier les aides. Les opérations de nettoyage, l'introduction de contrôle et le changement des personnes chargées de ce dossier au Ministère réactivent le processus. La contribution du PAM pour les cantines court sur deux ans. L'Etat devra alors les prendre intégralement en charge. «Nous voulons également faire participer les collectivités locales», indique M. Lamrini.

    La nouvelle formule destinée à encourager la scolarisation de la petite fille en milieu rural a particulièrement séduit les donateurs.
    Désormais, les parents dont une fille est à l'école reçoivent un bidon de cinq litres d'huile et un sac de blé de 50 kg pour trois mois. 17.000 familles en ont bénéficié dans les régions de Chefchaouen, Sidi Kacem, Tiznit et Taroudant lors d'une action-pilote. Le démarrage du projet est prévu dès cette rentrée. Cela consiste à les compenser du manque à gagner contre le possible travail de leurs filles. «Mais il ne s'agit pas pour le Ministère d'acheter la scolarisation», affirme M. Lamrini. En contrepartie de ces denrées, les parents devront en fait participer à l'entretien et la maintenance des équipements de l'école.
    L'expérimentation dans quatre provines a eu des résultats encourageants, selon M. Lamrini. Les familles préfèrent de loin ce système à celui des cantines.

    Procès le 26 septembre



    «L'affaire du PAM» ou plus exactement du détournement de fonds destinés aux cantines scolaires a éclaté en septembre dernier. La découverte de bidons d'huile à Meknès avait révélé une vente illégale des aides destinées aux enfants nécessiteux des campagnes. Après trois reports, le procès est prévu au 26 de ce mois.
    Entre-temps, M. Rachid Benmokhtar est nommé à la tête du MEN en 1995. Il ordonne une enquête administrative. Celle-ci révèle un détournement de fonds minutieux: transactions douteuses, irrégularités, ouverture de comptes bancaires en violation des lois...
    Le détournement s'opérait en surévaluant les effectifs. Les aides accordées en conséquence sont stockées puis cédées ou échangées car périmées. Les recettes réalisées grâce à ce commerce n'ont pu être évaluées. Dans tous les cas, 40 millions de Dollars ont été perdus par les enfants.
    Dans les deux affaires, le principal inculpé est le directeur des cantines scolaires au Ministère de l'Education Nationale. Y sont impliqués aussi des fonctionnaires du MEN et des hommes d'affaires.

    Malika EL JOUHARI

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