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    Economie

    Baisse des cours mondiaux du blé tendre : La compétitivité de la production locale s'érode

    Par L'Economiste | Edition N°:253 Le 07/11/1996 | Partager

    Les prix mondiaux du blé baissent sous le poids des récoltes records des principaux producteurs. Le blé local est écrasé par la concurrence étrangère. Les négociants ont du mal à écouler leurs stocks et invitent les autorités de tutelle à réagir.


    Après la flambée de 1995, la décrue des cours persiste depuis juin 1996 sur le marché international du blé. De 200 Dollars/tonne coût et fret (origine Etats-Unis) en juillet, les cours sont actuellement tombés à 166 Dollars/tonne coût et fret (origine France). La chute se poursuivra au cours des prochains mois, prévoient quelques négociants locaux. Ce retournement de tendance est expliqué en partie par les bonnes récoltes de l'Argentine, de la France et de l'Australie, trois des principaux producteurs mondiaux de blé aux côtés des Etats-Unis.
    Résultat de cette évolution imprévisible: le système de protection de la production locale est momentanément perturbé. Les principales sociétés importatrices de céréales regroupées au sein d'Aprocel Centre (Association Professionnelle des Céréales et Légumineuses Centre) tirent la sonnette d'alarme pour activer les mesures de correction.
    Après la libéralisation de la filière du blé tendre, les autorités de tutelle avaient mis en place un système de protection basé sur les équivalents tarifaires. Le prix du blé tendre, comme celui des autres céréales, devait fluctuer à l'intérieur d'une fourchette de manière à ce que le marché soit équilibré. Le principe consiste à rendre la production intérieure compétitive sans que les prix ne soient de prohibitifs. Pour les importations de blé tendre, la taxe est de 50% (droit de douane et PFI) pour la tranche du prix coût et fret inférieure ou égale à 1.300 DH/t. Elle tombe à 16% pour la tranche supérieure à 1.300 DH/t. Le Ministère de l'Agriculture avait alors estimé que ce tarif devait logiquement permettre d'assurer la formation de prix rémunérateurs sur le marché intérieur. Pour soutenir les cours intérieurs, un prix d'intervention de 230DH/q avait été arrêté. Cette disposition transitoire figure dans les mesures d'accompagnement de la libéralisation.
    De l'observation des prix à l'import, il ressort que les cours mondiaux n'ont pas encore crevé le plancher douanier. Le problème est que, sous l'incitation des pouvoirs publics qui ont mis en avant la protection, des agriculteurs, commerçants, coopératives et minotiers ont acheté à des prix tournant autour de 250 DH/q. L'objectif est donc atteint. Mais les pouvoirs publics ne s'attendaient certainement pas à une chute précipitée des prix mondiaux.

    Mesures de sauvegarde


    Les stocks de blé tendre marocain issus de la présente campagne de commercialisation sont actuellement estimés par les négociants à 1,2 million de quintaux. S'y ajoutent 150.000t importées et toujours stockées dans les ports faute d'acheteurs. Une cargaison de 100.000t est en cours d'importation. Si l'on estime les besoins à environ 200.000t/mois, ce volume permettrait d'approvisionner largement les minoteries jusqu'à la prochaine campagne, estime l'Aprocel. Vu l'évolution actuelle des cours mondiaux, le blé local, dont les prix au producteur fluctuent entre 200 et 215 DH/q pour la qualité Gharb et de 230 à 235 DH/q pour la Chaouia, ne peut être compétitif. Forafric a d'ailleurs déjà écoulé du blé français à 225 DH/q et propose une livraison pour la mi-novembre à un prix inférieur.
    Les données sont claires. Ou les stocks resteront encore dans les silos, ou les négociants vendront à perte pour suivre la logique du marché. Pour l'instant, ils bénéficient encore, autant que les coopératives et les minotiers, de la prime de 2DH/q par quinzaine. Cette disposition arrive cependant à terme à la fin du mois de décembre. Si elle perdure, la présente situation risquerait de se retourner contre les producteurs pour la prochaine campagne. Echaudés par le problème en cours, les intervenants, en particulier les négociants, pourraient faire jouer à fond la concurrence lors de la prochaine campagne. Ce qui, à l'évidence, nuirait à la promotion de la production locale. Deux principales solutions (mesures de sauvegarde) s'offrent aux autorités de tutelle pour amortir le choc.
    La première serait de soumettre les importations de blé à des autorisations préalables, le temps de permettre la vente des stocks de blé local. Cette mesure est prévue par la loi sur le commerce extérieur. Elle a été appliquée il y a quelques semaines pour contingenter les importations de riz. Une telle disposition est moins aisée pour le blé en raison des lourdeurs administratives et du retour au régime de tutelle qu'elle peut engendrer.
    La seconde solution consisterait à relever les équivalents tarifaires. Selon l'Aprocel, les dispositions du Gatt concèdent encore une large marge de manoeuvre au Maroc. Il semblerait que l'ONICL est favorable à cette seconde solution. Son application relève toutefois d'une décision conjointe MAMVA-Ministère des Finances-Ministère de l'Intérieur. Autre solution possible: repousser au-delà de décembre le versement de la prime de magasinage.

    Alié Dior NDOUR

    Des moulins créent une société d'approvisionnement


    Pour prendre en charge leur approvisionnement, 57 moulins de blé tendre et semouliers viennent de créer une société d'approvisionnement dénommée Cerelex. Cette nouvelle société, dotée d'un capital de 50 millions de Dirhams, est en cours de constitution. Elle devrait être opérationnelle d'ici fin décembre, indique M. Kamal Aït Bouabid, son directeur général. Il est rappeler qu'avant la libéralisation, l'approvi-sionnement total du pays était assuré par l'ONICL. De fait, «les moulins n'avaient aucune maîtrise de la qualité», souligne M. Aït Bouabid. Maintenant, les données du marché ont évolué. En l'absence de Bourse des grains où les moulins iraient librement négocier leur contrat avec la possibilité de se couvrir contre les fluctuations des prix, les actionnaires de Cerelex ont opté pour les achats corporatifs. Objectif: s'assurer un produit de meilleur qualité à un prix compétitif. Il s'agit aussi d'éviter que chacun s'approvisionne pour son propre compte, un choix qui pourrait engendrer une guerre des prix «préjudiciable au secteur, à l'Etat et aux consommateurs» , avance M. Aït Bouabid. Il explique: «Tout en gardant les principes de l'économie libérale, cette politique permet de garantir l'équilibre du marché» . Et d'ajouter: «Nous nous donnons un moyen de compétitivité».
    Des responsables de la société ont déjà effectué une tournée aux Etats-Unis et en France pour nouer des contacts avec les producteurs, les chargeurs et visiter les bourses de grains et des agences d'information.
    Cerelex se garde toutefois de jouer des coudes avec les négociants déjà installés. «Nous allons travailler en partenariat» , précise le directeur général. Les importateurs de la place seront mis en concurrence par le biais d'appels d'offres. Entre autres raisons à la base de cette politique: outre l'étroitesse des marges qui limite l'intérêt d'un achat direct, les produits de couverture contre les risques de changes ne sont toujours pas dispo-nibles. Il est ainsi impossible d'acheter à terme pour se prémunir contre la volatilité des prix. Les activités de Cerelex ne sont pas seulement circonscrites à l'achat de céréales. La société se fixe pour autre objectif la recherche de marchés extérieurs pour la farine marocaine. Il s'agit en fait d'exploiter les surcapacités et par delà augmenter la rentabilité des moulins. Les 57 moulins actionnaires de Cerelex représentent une capacité d'environ 22 millions de quintaux et écrase à peu près la moitié.

    A.D.N.

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