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Bac: L’enseignement public sur la sellette

Par L'Economiste | Edition N°:1796 Le 23/06/2004 | Partager

. Le taux de réussite passe du simple au double du secteur public au privé. Plusieurs facteurs seraient à l’origine de cette situationC’est ce matin, mercredi 23 juin,à Rabat, que les responsables du Centre national des examens doivent tenir une conférence de presse sur les résultats du baccalauréat. Avant même d’attendre les résultats définitifs qui devront, avec ceux de la session de rattrapage, déterminer le taux définitif, ils jugent opportun d’apporter des éclairages à l’opinion publique. Celle-ci n’en peut plus de constater, chaque année, que le niveau de ses jeunes lycéens a baissé et que beaucoup d’entre eux n’arrivent plus à passer le cap du baccalauréat. En effet, cette année encore (c’était le cas en 2003 déjà!), les résultats sont considérés catastrophiques, en raison du faible taux de réussite obtenu, soit 33, 62%. Toutefois, ces résultats appellent à une analyse plus poussée. On ne peut admettre que les lycéens aient tous, une année à peine après l’entrée en vigueur de la réforme, vu leur niveau baisser d’un ou de deux crans.Ce serait une insulte à l’intelligence collective.Alors, de quoi souffrent-ils? Les méthodes d’enseignement sont-elles adéquates? Les a-t-on trop habitués à apprendre par coeur leurs leçons pour les voir désarçonnés de cette façon au moindre examen? Le niveau des épreuves était-il conforme aux programmes dispensés?Il est temps de repenser les méthodes d’enseignement dans le secteur public. Les écarts des taux de réussite entre le public et le privé sont énormes. Environ 35% pour le secteur public contre 65% pour le privé. Les chiffres sont loin de laisser indifférent. L’enseignement public est malade et les tentatives successives de réformes ne semblent pas avoir donné les résultats escomptés.C’est durant 2002/2003, qu’est entrée en vigueur la nouvelle réforme. Pas en ce qui concerne les programmes. Ces derniers ont été modifiés d’abord dans l’enseignement fondamental puis au Collège. Ce n’est qu’à partir de 2005 que les programmes du baccalauréat devront subir des changements. Au ministère de l’Enseignement, on explique que “la construction de ces programmes se basera sur le développement d’un esprit de synthèse et la réduction progressive des exercices de mémoire pure”. “L’entrée se fera selon les compétences des étudiants”, ajoute Abderrahmane Rami, directeur des programmes et manuels scolaires ,“et davantage d’attention sera accordée aux compétences transversales”.On ne répond toutefois pas au problème des programmes actuels et de leur éventuelle inadéquation avec les examens du baccalauréat. C’est le directeur du Centre national des examens qui est censé y répondre. Il n’a pas désiré le faire avant la conférence de presse. Du côté du secteur privé, les professionnels de l’enseignement nuancent leurs propos. Certes, le taux de réussite au sein des établissements où ils enseignent est beaucoup plus élevé que dans le public. Cela ne signifie pas pour autant que les lycéens du secteur public aient, dans leur majorité, un niveau moins élevé. Pour analyser plus objectivement les résultats, il faudrait également disposer des données relatives aux milieux socio-économiques des étudiants dans l’un et l’autre des systèmes.Dans le secteur privé, la catégorie sociale des lycéens est nettement plus aisée que celle du public. Les incidences sur la scolarité sont grandes. “La responsabilité de tels résultats n’incombe à personne en particulier”, affirme M’hamed Bennis, directeur du groupe Scolaire Anfa. Dans l’établissement qu’il dirige, les taux de réussite sont réputés être élevés, depuis de nombreuses années. Pour cette session, ils ont avoisiné 89%, un pourcentage similaire à celui de l’an dernier. “Les lycéens et leurs familles ont aussi une part de responsabilité importante. Les étudiants ne se comportent plus de la même façon: ils lisent moins, regardent la télévision et s’intéressent à des activités qui ne contribuent pas toujours à améliorer leurs connaissances”, ajoute-t-il.Nos lycéens ne seraient donc plus ces élèves d’antan qui faisaient des cours scolaires et de la lecture leur passe-temps favori. Cela expliquerait en partie les résultats médiocres des branches littéraires. A peine 25,29% ont “décroché le bac”. Mais cela n’expliquerait pas pour autant les résultats globaux. Ce serait donc aussi une question de motivation et d’intérêt porté aux études de façon globale. “On a noté un relâchement des lycéens quant à l’intérêt qu’ils peuvent porter aux études en général”, explique ce professionnel de l’enseignement. Pour lui, “le problème est encore plus profond. Il y a un véritable malaise social. Lorsque des jeunes de 17 ou 18 ans déclarent ne pas croire en l’avenir et donc aux études, les questionnements doivent être sérieux”.Les programmes conçus par le ministère ont certainement contribué à cet état d’esprit. C’est compter sans la démotivation des enseignants et des “dramatiques” conditions de travail. Amale DAOUD

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