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    Economie

    Aviculture: Une réorganisation coûte que coûte

    Par L'Economiste | Edition N°:307 Le 04/12/1997 | Partager

    Infrastructures, commercialisation, abattages, taxation... En dépit de ses potentialités, le secteur avicole connaît de nombreuses difficultés. Les professionnels jugent urgente une réorganisation de la filière.


    Bien que le terme puisse paraître à la mode, la mise à niveau est entièrement justifiée pour le secteur avicole. Tout en affichant de bonnes performances, il reste miné par de nombreuses contraintes.
    Ce paradoxe a été d'ailleurs relevé lors des Vèmes journées avicoles de l'Association Nationale pour la Production Animale (ANPA)(1).
    Selon les données de la Direction de l'Elevage, la production de viandes de volailles est passée de 29.000 tonnes en 1970 à 230.000 en 1996, enregistrant un taux de progression moyen annuel de 8,3%. De son côté, la production des oeufs de consommation s'est accrue de 400 millions à près de 2 milliards d'unités, soit une augmentation moyenne annuelle de 6,4%. La consommation de viande de volailles par habitant et par an a évolué de 2,3 kg en 1970 à 8,3 en 1996, celle des oeufs a progressé de 21 à 72 unités durant la même période. Aussi la production de viande blanche contribue-t-elle actuellement à plus de 40% dans la consommation totale des viandes. Cette progression, expliquent les experts, s'est réalisée essentiellement par le développement du secteur "industriel" privé dont la part de sa participation dans l'approvisionnement du pays a évolué au cours de la période 1970-1996 de 23 à 78% pour la viande blanche et 0,3 à 60% pour les oeufs.

    Variations dans la qualité


    Les investissements consentis dans le secteur avicole privé sont évalués à 3 milliards de DH et le chiffre d'affaires réalisé en 1996 est de l'ordre de 5,5 milliards de DH. De plus, ce secteur a permis la création de près de 20.000 emplois directs dans les unités de production et plus de 30.000 emplois indirects dans les circuits de distribution et de commercialisation.
    Ces chiffres mettent ainsi en exergue les potentialités de ce secteur. Reste que des problèmes profonds subsistent. En amont, la filière se caractérise par sa forte dépendance vis-à-vis du marché extérieur en matières premières (maïs, soja, premix...) "induisant de fréquentes variations dans la qualité et les prix des aliments de volailles". Le secteur de la provende a en effet connu un renchérissement des aliments composés (libéralisation du prix du son, prélèvement sur le maïs importé et instauration de la TVA à 14%, ramenée par la suite à 7% sur les aliments composés) entraînant une augmentation significative des prix de revient des produits avicoles n'ayant pas pu être répercutés sur les prix à la consommation. "L'évolution discordante des coûts de production et des prix à la consommation était à l'origine d'une perturbation totale de tous les maillons de la chaîne de production avicole, entraînant l'arrêt ou le ralentissement de plusieurs ateliers de production".

    Les infrastructures de production et de commercialisation constituent également une pierre d'achop-pement. En effet, la multiplication d'élevage de poulets de chair et d'oeufs de consommation, de faible taille, installés anarchiquement et fonctionnant d'une manière intermittente, empêchent le développement du secteur avicole. Ces installation sont souvent sources d'épidémies spécifiques aux élevages avicoles.
    Côté commercialisation, les marchés de gros des produits avicoles ne disposent pas d'infrastructures nécessaires à la commercialisation dans de bonnes conditions. Les entreprises d'abattage structurées ont du mal à s'imposer, en raison notamment des coûts d'abattage élevés, de la concurrence des tueries archaïques et de la non-application de la réglementation en matière d'inspection sanitaire. Sur le plan de la réglementation toujours, la qualité des produits avicoles mis sur le marché ne répond pas toujours aux attentes du consommateur: poulets malades, utilisation abusive des médicaments, oeufs non calibrés et sales, abattages du poulet dans des tueries ne répondant pas aux conditions hygiéniques requises. Ce qui limite la consommation des produits avicoles. Parmi les autres difficultés signalées par la profession, certaines sont d'ordre fiscale: à l'instar des agriculteurs, les aviculteurs souhaitent bénéficier de la charte des investissements.


    (1) Les 5èmes journées ont été organisées les 27 et 28 novembre derniers par l'Association Nationale pour la Production Animale en collaboration avec la Fédération Interprofessionnelle du secteur Avicole.


    Deux milliards d'oeufs en 1996


    EN 1996, la situation du secteur avicole s'est caractérisée par une forte augmentation de la production totale des viandes de volaille (+27% par rapport à 1995). Le tonnage produit s'est élevé à 230.000 dont 180.000 provenant du secteur industriel.
    Concernant la production des oeufs de consommation, elle enregistre un accroissement. En 1996, la production nationale a été évaluée à 2 milliards d'unités et la part du secteur industriel a été de 1,2 milliard d'unités. Pour les autres productions, le poulet de chair et la poule de réforme constituent l'essentiel de la production de viandes blanches. Les volailles dites "secondaires" (dindes, palmipèdes, pintades...) et le lapin ont une contribution négligeable.
    Par ailleurs, la production des poussins de type chair a atteint 160 millions en 1996. Cette production est assurée par 34 couvoirs totalisant une capacité annuelle de près de 200 millions de poussins, soit un taux d'utilisation de 80% de la capacité potentielle. De son côté, la production des poulettes, toujours en 1996, est de 6 millions et provient de 5 couvoirs d'une capacité totale annuelle de 7 millions de poussins, soit un taux d'utilisation de 85%.

    Actuellement, le nombre d'unités d'élevage de poulets de chair et de poules pondeuses est estimé à respectivement environ 5.000 et 500. Concernant les poulets de chair, 57% des élevages ont une capacité inférieure à 3.000 places, 40% des élevages disposent d'un nombre de places compris entre 3.000 et 12.000 et 3% ont une capacité supérieure à 12.000 places. La structure des élevages des poules pondeuses, quant à elle, révèle une nette prédominance d'unités de production ayant une capacité supérieure à 5.000 places, représentant 47% et regroupant plus de 80% des effectifs de pondeuses. Plus de la moitié des unités existantes sont équipées de cages.
    La production d'aliments composés pour volailles est assurée par 37 usines dont 7 sont intégrées aux élevages, principalement ceux des poules pondeuses. La capacité totale de la production de provende est évaluée à environ 1,5 million de tonnes en 1996, dont 45% est détenue par 4 usines. Le tonnage produit est estimé à 1,2 million.
    Enfin, les abattoirs avicoles industriels demeurent le maillon le moins développé de la chaîne de production. En effet, sur les cinq unités existantes actuellement, seules deux fonctionnent d'une manière intermittente et à très faible taux d'utilisation. La capacité de traitement de ces abattoirs est de l'ordre de 68.000 poulets/jour (avec seulement 8 heures de travail par jour).

    Mohamed BENABID & Meriem OODGHIRI

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