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    Economie

    L'entrepreneur et son banquier ont besoin d'une thérapie de couple

    Par L'Economiste | Edition N°:307 Le 04/12/1997 | Partager

    Toute l'énergie intense a été investie dans le relifting des textes... Mais on a oublié les principaux concernés: les entrepreneurs. Qui mieux que les banquiers pour les sortir de leur léthargie?


    Pourquoi la sensation de panne de la machine économique persiste-t-elle? Les milieux d'affaires donnent l'impression de se complaire dans l'attentisme depuis plusieurs années déjà. Les grandes échéances ont beau se rapprocher, rien n'y fait. Beaucoup de nos entrepreneurs penchent pour la politique de l'autruche et ce ne sont pas les mieux outillés pour affronter le vent de la concurrence.
    Aujourd'hui, le tissu industriel semble être en parfait déphasage par rapport aux mutations de l'environnement économique, juridique et financier. A qui la faute? Aurait-il fallu commencer par une mise à niveau des esprits avant d'entamer celle des bilans? Aurait-il fallu attendre la disparition complète de la première génération des chefs d'entreprise qui a baigné dans la protection, la réglementation à outrance et l'opacité? Aurait-il fallu alors guetter patiemment l'émergence d'une nouvelle race de managers pour relifter l'arsenal juridique et moderniser le marché financier?

    Pour l'heure, l'image véhiculée par l'homme d'affaires marocain n'est pas bien valorisante. Toute occasion est bonne pour monter un orchestre de pleureuses et "gratter" une exonération fiscale. Soit dit en passant, ces pratiques ont l'air d'être plus usitées à Casablanca que dans les provinces... peut-être que le chef d'entreprise casablancais est trop gâté par la proximité des centres de décision: administrations centrales et sièges de banque. A moins qu'il n'ait pas encore compris que l'Etat ne peut plus rien pour lui. L'Etat n'est pas prêt non plus à le récompenser pour les bonnes décisions qu'il aura prises pour survivre.
    Au total, par ce comportement timoré, "l'entrepreneur" passe à côté de vraies opportunités. La bourse lui paraît idyllique, trop belle pour être vraie.

    Manque d'imagination


    En fait, la vraie raison de sa crainte réside dans l'absence d'un projet de croissance et d'une stratégie à moyen terme. En clair, beaucoup de nos chefs d'entreprise manquent d'imagination. Faut-il pour autant croiser les bras et attendre que le vent tourne? La marche forcée de ces dernières années risque de s'arrêter net faute de répondant. On s'est assez occupé des textes, il est temps de s'inquiéter des hommes. D'abord, qui sont ces chefs d'entreprise, leur profil, leur parcours, leur domaine d'activité, leurs attentes et leurs ambitions, voire leurs angoisses? A priori, le banquier du coin est le mieux placé pour en parler. Lui seul peut réussir à établir une relation de confiance durable et solide avec le patron d'entreprise. Il a participé au montage de l'affaire, connaît ses atouts, ses difficultés. Il suffit de le tenir au courant des différentes solutions qui existent aujourd'hui. Lui seul est à même d'accélérer la mise à niveau de l'état d'esprit de l'entrepreneur... pour la simple raison qu'il détient le pouvoir d'ouvrir ou de fermer le robinet. Le déclic peut donc se trouver au niveau de la relation banque/entreprise. Autant dire que le rôle du système bancaire en général et du réseau en particulier pourrait être déterminant. Il faudra pour cela que nos banquiers ne déçoivent pas une fois de plus en brillant par leur indifférence et leur discrétion. A ce stade, l'enjeu n'est plus le taux d'intérêt ou le montant des commissions, mais sauver ce qu'il y a encore à sauver.

    Les "golden-boys" de la finance devront eux aussi être de la partie, pour soutenir le banquier dans son diagnostic le cas échéant.
    Les entreprises ne viendront pas à la bourse simplement parce qu'elle leur aura exposé ses avantages. Si la bourse veut réellement prendre son envol, il faudra que ses principaux acteurs descendent de leur piédestal et mettre la main à la pâte. Le road-show est certes un bon démarrage mais le plus dur reste à faire. Ces jeunes financiers tout frais émoulus n'auront d'autre choix que de passer au crible les entreprises susceptibles d'être cotées et de tisser une relation de confiance avec leurs dirigeants. A défaut, nous aurons gagné une belle bourse moderne, un système de cotation top niveau... et c'est tout.

    Mouna KABLY

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