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    Economie

    Au "12-13" de la RTM Chaîne Inter et de L'Economiste : La qualité dans l'attente de la normalisation

    Par L'Economiste | Edition N°:55 Le 26/11/1992 | Partager

    La libération des échanges commerciaux incite les entreprises, qui se veulent compétitives au niveau du marché, à centrer leur intérêt sur la qualité du produit.
    La "Qualité industrielle" a été le thème du "12-13" de la R.T.M. du 19 Novembre, autour duquel ont débattu M. Amador, Directeur au Département qualité du Ministère de l'Industrie, du Commerce et de la Privatisation, et M. Lasry, Responsable du programme Total Quality Management de SGS-Thomson.
    La concurrence étrangère aux entreprises marocaines est très vive, les produits importés ou destinés à l'export sont prétendus être de meilleure qualité que les produits locaux.
    Dans ces conditions, M. Amador précise qu'aucune activité économique ne pourrait négliger "la recherche de l'excellence et la réalisation des performances".
    Il considère que la qualité, en tant que facteur de succès, est un "processus continu d'amélioration du produit".
    Cette qualité se mesure par le prix généré par la non-qualité. Ceci a poussé l'administration à mener une enquête relative au coût de non-qualité. Cette enquête permettra de déterminer le niveau de qualité dans les entreprises marocaines. Celles-ci, soucieuses d'augmenter leur profitabilité, doivent intégrer dans leur stratégie la notion de qualité. Il faut se garder de confondre luxe et qualité qui serait plutôt définie comme "la satisfaction des exigences du client avec précision et en minimisant les coûts de production". Il faut éviter la sur-qualité qui revient trop cher, et la sous-qualité qui s'avère inadmissible par le client. M. Lasry, attribuant le même sens à la qualité, estime que le consommateur en est le seul juge.
    Il refuse de considérer le problème de qualité comme un simple "snobisme de Manager". Mais il l'insère dans les problèmes quotidiens de toutes les sociétés, notamment exportatrices.
    Thomson, exportateur de produits électroniques, fait de la qualité "made in morocco" qui doit se conformer aux exigences des consommateurs étrangers. Le contrôle de la qualité s'avère parfois difficile. Cette difficulté incombe à la nature de l'activité (L'electronique fait appel à la haute technologie), à la taille de l'entreprise, à la nature "méditerranéenne (tendance de nonchalance) de l'environnement marocain", explique M. Lasry.
    Le Ministère établit une approche pour promouvoir la qualité à l'échelle nationale qui consiste à placer l'homme comme étant l'axe moteur. Il lance les techniques de "cercle de qualité". M. Amador précise que c'est ici le passage de l'ancien "système taylorien", où la main-d'oeuvre était contrainte à fournir sa force physique à un système où l'on fait plutôt appel à ses idées, à sa créativité et à son expérience.
    Il justifie ce choix par la réussite de cette méthode dans les pays asiatiques et trouve à cet effet des similitudes entre le "social marocain" et le "social japonais": il relève "l'esprit de groupe" et le "non individualisme" des Marocains. Cette méthode a pu réaliser une réduction du coût de non-qualité dans 30 à 40% des entreprises qui l'ont adoptée. Son succès serait imputé à l'engagement des chefs d'entreprise, la reconnaissance de l'apport des cadres et des ouvriers, l'évolution vers "le management participatif". La politique de l'entreprise émanant d'une société multinationale mère en Europe, peut constituer une contrainte aux techniques du cercle de qualité.
    En revanche, M. Lasry est sceptique à l'adoption de cercles de qualité dans l'environnement marocain. Il affirme qu'elle va être vouée à l'échec comme ce fut le cas en Europe, et que son succès au Japon serait plutôt lié à la culture japonaise. Dans ce sens où les entrepreneurs marocains n'intégreraient pas les ouvriers dans la prise de décision.
    Il préconise d'engager d'abord la direction, les cadres et les techniciens dans des "programmes d'amélioration continue" et d'intégrer progressivement les opérateurs ayant intervenu dans la production. Il évoque à ce niveau "le programme d'excellence" dont la méthodologie est développée par Juran, expert japonais de la qualité, mondialement connu.
    M. Amador défend davantage le principe du cercle de qualité, il cherche à ce que la qualité soit l'affaire de tous et non seulement d'un département qualité dans la société. Mais l'élément essentiel reste la formation. "Il faut faire une formation étendue pour que l'entreprise fasse de la qualité".
    Afin de pallier aux problèmes de mévente dûs à la non-qualité, le Ministère de l'Industrie lance la normalisation des produits. Celle-ci, comme son nom l'indique, consiste en l'élaboration d'un certain nombre de normes (documents techniques sur lesquels il y a consensus entre utilisateurs, producteurs et administration). Ces normes sont destinées à inciter les producteurs à s'y conformer pour mieux répondre aux exigences du consommateur. A la normalisation peut succéder la certification (une tierce personne peut certifier la conformité du produit à sa norme moyennant une marque apposée dessus).
    Au Maroc, nous sommes en présence de 600 produits normalisés. Mais ni les normes ni leur certification ne sont obligatoires sauf s'il s'agit de produits dangereux.

    F. K.

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