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    Economie

    Alphabétiser 200000 personnes par an

    Par L'Economiste | Edition N°:308 Le 11/12/1997 | Partager

    La lutte contre l'analphabétisme devient une priorité. Une stratégie ciblée est à l'étude. L'objectif est de faire baisser le taux d'analphabétisme à -25% à l'horizon 2010.


    Peril en la demeure, le Maroc compte 11,3 millions d'analphabètes sur un peu plus de 26 millions d'habitants. Cela veut dire que près de 55% de la population âgés de 10 ans et plus ne sait ni lire, ni écrire, ni compter. Pour les femmes, ce taux atteint 67,5% contre 41,7% pour les hommes. Ce sont les zones rurales qui sont les plus touchées, où près de 8 personnes sur 10 sont analphabètes. Ces taux sont alarmants. Conséquence, la mise en place d'une nouvelle stratégie de lutte contre l'analphabétisme est urgente. Les grandes lignes de celles-ci sont déjà mises en place dans le cadre du BAJ, reste l'action sur le terrain. Un partage est effectué entre le Ministère de l'Education Nationale et le Ministère de l'Emploi et de la Formation Professionnelle.
    Le premier s'occupe des jeunes âgés entre 8 et 15 ans, «ceux qui auraient dû être à l'école», indique M. Mourad Cherif, ministre de l'Habitat, de l'Emploi et de la Formation Professionnelle. Son département aura ainsi en charge les adultes analphabètes. Son organigramme a été revu en conséquence. Une nouvelle Direction, assurée par M. Abdelhak Moutawakkil, un ancien de l'Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du Travail (OFPPT), a été créée. Elle est chargée d'établir une stratégie globale pour alphabétiser en masse. Le temps presse en effet, surtout à l'heure où la mise à niveau de l'économie devient la seule préoccupation, révèle M. Moutawakkil. La PME/PMI, moteur principale de l'économie, se trouve en effet confrontée à la mise à niveau de ses ressources humaines.

    Une réflexion est en cours. «Le problème de l'analphabétisme est complexe, compte tenu de la diversité des populations cibles», renchérit-il. L'analphabétisme ne peut pas être traité de la même manière. Le cas de l'ouvrier en entreprise diffère du chômeur ou de celui de la femme au foyer.... Ainsi c'est d'une stratégie ciblée dont il est nécessaire. Pour les adultes, l'alphabétisation doit être fonctionnelle. Les personnes sans travail sont prises en charge par plusieurs opérateurs, notamment les ONG soutenues par le Ministère. Quant à l'alphabétisation des salariés, «sur ce point les mécanismes mis en place dans le cadre des contrats spéciaux de formation à l'OFPPT peuvent prendre en charge ce type d'opérations», souligne le directeur de l'alphabétisation.
    L'objectif de cette nouvelle Direction est d'alphabétiser dans un premier temps plus de 200.000 personnes par an, puis d'augmenter la cadence à 500.000. Le taux doit baisser à -25% à l'horizon 2010.
    La campagne d'alphabétisation se déroule actuellement sur deux années. La première est destinée à l'acquisition des connaissances de base. La seconde vise à délivrer des compléments de formation.
    La nouvelle stratégie devrait fixer les modes opérationnels les mieux adaptés pour un maximum d'efficacité.

    Explosion démographique


    Les connaissances acquises sont contrôlées par un examen du centre certificateur relevant de la Direction de Lutte contre l'Analphabétisme. Mais avant, des cours seront délivrés à travers tous le territoire par les 2.000 centres opérant dans le domaine de l'alphabétisation.
    Outre l'effort de ces centres, cette campagne nécessite la contribution la plus large possible. Il est fait appel aux ONG, collectivités locales, à l'Entraide Nationale, la Jeunesse et Sport, l'armée, l'Education Nationale, les centres agricoles...
    Les conséquences de l'analpha-bétisme sont lourdes. Elles sont tant sociales qu'économiques. Généralement même les deux sont étroitement liées.
    L'analphabétisme est une des causes de l'explosion démographique. Le nombre d'enfants par femme dépend de son niveau d'instruction. En moyenne, celles qui n'ont aucun niveau scolaire ont 6,7 enfants. Ce chiffre tombe à 4,9 lorsqu'elles ont le niveau du cycle fondamental, puis à 3,4 pour le niveau secondaire et enfin à 2,5 pour le niveau supérieur.
    La démographie a des conséquences sociales importantes tant au niveau de l'éducation, de la santé, du logement, que de l'infrastructure.
    Les conséquences économiques sont également lourdes. La population active passe de 8,3 à 10,8 millions d'actifs, soit 2,68% par an.

    Fatima MOSSADEQ

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