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    Economie

    Agrumes: Deux scénarios pour éviter la crise

    Par L'Economiste | Edition N°:307 Le 04/12/1997 | Partager

    Résolument tourné vers l'export, le secteur agrumicole veut entamer sa mise à niveau. Ce sont près de 34.000 ha qui devront être plantés sur huit ans. Des projections par régions et par variétés ont été réalisées. Sur la liste noire, le Gharb dont la situation est aujourd'hui dramatique.


    LA mise à niveau du secteur agrumicole est en marche(1). L'objectif du plan d'action qui vient d'être élaboré et qui s'étend sur la période 1998-2010 est d'atteindre une production de 1,8 million de tonnes qui générerait 850.000 tonnes pour l'export et 980.000 tonnes pour le marché intérieur (de bouche et de transformation). Celui-ci, rappelle M. Ahmed Lekchiri, directeur général de la SASMA, consomme actuellement près de 700.000 tonnes.
    Pour les professionnels, l'urgence est aujourd'hui aux portes. Au vieillissement du verger s'ajoutent les maladies virales et un profil variétal ne répondant "pas tellement" aux exigences des marchés extérieurs. "Si rien n'est fait d'ici l'an 2005", des déséquilibres importants sont attendus.
    Aussi, afin d'y remédier, le plan d'action vise le renouvellement de 34.240 ha sur huit ans, soit des besoins annuels s'élevant à 4.274 ha. Ceux-ci sont répartis entre 1.204 ha pour le Souss, 1.184 pour le Gharb, 883 pour l'Oriental, 524 pour le Tadla et 479 pour le Haouz. Concernant les plants, sur la base de 500 plants/ha pour les petits fruits et 400 plants/ha pour les orangers, les besoins totaux seraient de 15 millions de plants, soit 1,9 million par an.

    Urgence


    Actuellement, la superficie totale du verger est de 74.480 ha (valeur 1995/96), correspondant à un ESPP (équivalent en surface en pleine production) de 46.994 ha. Si aucune plantation n'est réalisée, c'est une stagnation de la superficie qui est attendue en 2010 avec près de 45.350 ha de superficie productive, soit un recul de 3,5% et ce, face à l'augmentation de la demande.
    C'est par régions que la régression de la superficie apparaît le mieux, dont la gravité est plus inquiétante dans le Gharb, berceau de l'agrumiculture moderne, où un recul "dramatique" des superficies est prévu. "Le Souss et l'Oriental sont des vergers jeunes où l'effort d'extension a déjà été entrepris. Ces régions disposent donc d'un bon potentiel et le garderont pendant au moins une dizaine d'années", souligne M. Lekchiri. Cependant, ajoute-t-il, pour éviter "les chutes libres", un programme de reprise et d'intensification de plantation s'impose d'urgence également pour ces régions.
    Au niveau de la production totale, la moyenne sur les cinq dernières campagnes s'élève à 1,22 million de tonnes. A l'horizon 2000, c'est une stabilité qui sera enregistrée à 1,3 million de tonnes. Cependant, une tendance à la baisse démarrera en 2005 pour atteindre 1,2 million en 2010 (-3%). Dans tous les cas, si rien n'est réalisé, les prévisions laissent apparaître un déficit global en production de l'ordre de 770.000 tonnes en 2010 par rapport aux besoins. Par régions, dans le Grand Gharb, la moyenne annuelle sur les cinq dernières années de 331.100 tonnes passera à 266.000 en l'an 2000 (-19,6%) et à 245.000 en 2005 (-26%). Avec des vergers jeunes et une production moyenne actuelle de 560.000 tonnes, le Souss connaîtra de son côté des hausses jusqu'en 2005 pour enregistrer un début de baisse à partir de 2010.

    Par variétés, la tendance est encore plus prononcée, notamment au niveau de la clémentine dont la production passerait de 303.800 tonnes actuellement à 204.000 en 2010 (-33%). Il en est ainsi de la Navel avec un net recul de 26% en 2010. Afin de mieux cerner la situation, les professionnels ont établi deux scénarios.
    Le premier concerne la priorité donnée à l'export. A ce niveau, les prévisions en 2010 tablent sur des besoins de 850.000 tonnes. Dans cette hypothèse, il ne resterait que 335.000 tonnes pour le marché intérieur qui consomme déjà une moyenne de 700.000. Le second scénario privilégie le marché intérieur. Avec la consommation actuelle, seules 300.000 tonnes resteront pour l'export, soit "à peine la moitié de ce que nous réalisons déjà, alors que les besoins atteindraient 850.000 tonnes. Avec ces données, nous serons automatiquement balayés des marchés extérieurs", conclut M. Lekchiri.


    (1) Cf L'Economiste du 27 novembre 1997. Les calculs de ce plan d'action ont été confectionnés par la SASMA pour le compte de la commission chargée d'élaborer ce plan.


    21 millions de journées de travail/an


    Initié vers les années 30, le secteur agrumicole a été orienté dès le départ vers l'exportation. Générateur d'emplois et de revenus pour environ 10.000 familles (21 millions de journées de travail par an), il est aujourd'hui une source de devises variant entre 2,5 et 3 milliards de DH par an. Ce secteur approvisionne et maintient en activité près de 70 stations de conditionnement, quatre usines de transformation et de nombreuses autres structures. Les plantations d'agrumes couvrent actuellement une superficie brute de 74.480 ha, concentrée essentiellement dans les régions de Souss-Massa, du grand Gharb, de l'Oriental, de Béni-Mellal et du Haouz. La production d'agrumes varie entre 1,2 et 1,4 million de tonnes, et près de la moitié de cette production est exportée. A eux seul, les agrumes représentent 25% des tonnages produits en fruits et légumes et 70% des exportations. Les petits fruits, la Navel et la Maroc Late constituent les principales variétés commercialisées à l'extérieur. L'Union Europénne demeure le principal débouché et concentre plus de 70% des exportations marocaines. Toutefois, sur les marchés de l'UE, les expéditions marocaines se heurtent de plus en plus à une concurrence acharnée, notamment celle de l'Espagne, mais aussi à la réglementation venue renforcer les barrières protectionnistes à l'égard des pays tiers. S'ajoutent une dépression économique en Europe qui s'est traduite par une baisse de la demande et une chute des prix qui concerne non seulement les agrumes mais aussi les autres fruits et légumes. Depuis quelques années, les professionnels donnent de plus en plus la priorité aux marchés hors UE, marchés dits à contrat plus rémunérateurs. Il s'agit particu-lièrement du Canada, du Moyen-Orient et des pays de l'Est (Pologne et Russie). Pour les professionnels, ces marchés sont des destinations sur lesquelles ils réalisent un important effort de pénétration et veulent y maintenir une certaine priorité et surtout une image de marque du produit Maroc. De son côté, le marché intérieur, qui consomme actuellement près de 700.000 tonnes par an, se révèle peu rémunérateur et mal organisé.

    Meriem OUDGHIRI

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