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    Economie

    Agriculture/Avocat
    Structurer la filière pour mieux exporter

    Par L'Economiste | Edition N°:3502 Le 06/04/2011 | Partager
    Le foncier, un frein au développement de l’activité
    De grandes opportunités à saisir à l’export

    A la lumière de l’évolution qu’a connue la filière de l’avocat ces dernières années et de la demande à l’international, il y a de véritables opportunités à saisir

    La culture de l’avocat suscite de plus en plus d’intérêt dans le milieu des agriculteurs. Dans la région du Gharb, les producteurs s’y intéressent véritablement de plus près. Normal, la culture est une belle alternative de diversification dans le secteur. La mise en place d’un programme de développement de la filière est incontournable. La question est justement au cœur de la journée de réflexion qui s’est tenue, hier 5 avril, à Rabat. «L’idée d’organiser cette journée de réflexion, soutenue par la dynamique favorable générée par le plan Maroc Vert, découle de la forte volonté des professionnels de hisser la filière de l’avocatier au rang des opérateurs mondiaux», indique Adil Abdou Simo, producteur exportateur de l’avocat au Maroc et organisateur de la rencontre. Il s’agit avant tout de créer une organisation professionnelle des producteurs exportateurs d’avocat au Maroc, à l’issue de cette manifestation, de mesurer les réelles potentialités qui s’offrent sur le plan économique et social par une telle filière.
    Au vu de l’évolution qu’a connue l’activité ces dernières années et de la demande à l’international, il y a de véritables opportunités à saisir. Historiquement, c’est dans les années 80 qu’ont été réalisées les premières plantations d’avocatiers dans la région de Rabat-Temara. «Ce sont des plantations de variétés à majorité lisse telles les catégories fuerté, zutano, bacon. A partir de là, se sont développées plusieurs plantations dans les régions d’Azemmour, Rabat, Temara et le Gharb entre Kénitra et Larache», indique Adil Abdou Simo. Selon lui, la plupart des producteurs avaient une vision de commercialisation au niveau local. Ce n’est qu’en 2003 que les premières exportations à usage industriel ont été réalisées par le groupe Abdou, l’entreprise familiale de Adil Abdou Simo. «Nous avons commencé par exporter quelque 600 tonnes vers des acteurs espagnols qui ont réemballé les avocats marocains et revendu notre produit sur le marché européen», explique l’opérateur. Ce n’est qu’en 2007/2008, et après avoir acquis le matériel adéquat à l’emballage des avocats, que son entreprise a pu réellement commencer l’export en direct sur toute l’Europe. Parallèlement, les superficies se sont bien développées. Selon les acteurs du domaine, elles seraient aujourd’hui entre 1.800 et 2.000 ha dont une proportion de 70% en variété lisse et 30% en variété Hass, générant près de 10.000 tonnes dont 20% sont exportés. De l’avis de Adil Abdou Simo, la filière pourrait produire bien plus si on lui en donne les moyens. Ce qui manque aux professionnels pour mieux se positionner à l’international, c’est le foncier. Un élément indispensable pour réaliser les ambitions des professionnels qui sont de 30.000 à 50.000 tonnes en termes de production dans 10 ans. «Le Maroc de par sa situation géographique exceptionnelle est au plus près des marchés cibles de l’avocat, en moins de 48 h en camion de l’Europe et de 10 jours de la côte-est américaine et canadienne», poursuit Abdou Simo. C’est dire les opportunités à saisir. Mais pour ce faire, il est important également que la filière se structure en vue de l’homogénéisation de la production en quantitatif et surtout en qualitatif pour de meilleurs résultats à l’export. «Plus de 70% de la production ne sont pas adaptés aux besoins des marchés à l’export», précise l’exportateur. Les raisons, selon lui, toutes les variétés cultivées ne sont pas adéquates pour le marché nord-américain et le marché européen. Sur cette dernière place, les principaux concurrents du Maroc qui fait partie des pays producteurs d’avocat de l’hémisphère Nord, sont l’Espagne (8.000 ha) et Israël (6.400 ha), avec respectivement une production de 55.000 et 85.000 tonnes. Le Mexique qui se trouve entre les deux hémisphères est le plus grand producteur d’avocat au monde avec plus d’un million de tonnes.


    Forte valeur ajoutée


    Facilité de conduite et d’entretien, limitation, voire absence d’attaques parasitaires permettant une réduction des charges (main-d'oeuvre, produits phytosanitaires, etc), sont les principaux critères de la culture d’avocat. En terme de production, les coûts sont estimés à 120.000 DH à l’hectare hors foncier. Selon les professionnels du secteur, la qualité marocaine devient de plus en plus appréciée et préférée par les importateurs européens qu’ils soient français, belges, allemands, italiens ou encore scandinaves. De leur avis, c’est une culture à forte valeur ajoutée. La demande croissante à l’échelle mondiale génère des cours élevés à l’export. Le prix du colis de 4 kg oscille entre 3 et 8 euros suivant la variété et la période. Au marché de gros local, les cours sont entre 6 et 17 DH le kg.


    Malika ALAMI

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