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    Brexit, le référendum de tous les dangers

    Par Xavier DERRAC | Edition N°:4800 Le 22/06/2016 | Partager
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    Le Royaume-Uni joue une partie importante de son histoire le jeudi 23 juin. Le résultat de ce référendum redessinera une partie de la géopolitique européenne.

    ■ Les acteurs de la campagne
    Alors que la campagne a pris une tournure particulière avec le meurtre de la députée travailliste Jo Cox, les sondages sont désormais au coude à coude. La jeune femme militait pour le maintien dans l’UE. Le mobile politique ne fait désormais plus de doute puisque le meurtrier a revendiqué son acte devant le juge, son identité d’extrême droite a également été confirmée.
    Les principaux protagonistes des deux camps ont suspendus leur campagne.
    Deux principales figures incarnent le out, Nigel Farage le leader du parti UKIP, un parti eurosceptique, anti-immigrés, islamophobe et très libéral économiquement. Ce parti milite pour la sortie du Royaume-Uni de l’UE depuis sa création en 1993. Aux élections européennes de 2014, il est arrivé en tête avec 27% des voix. Et pourtant ce n’est pas Farage qui s’est imposé comme le leader du out mais l’ex-maire de Londres Boris Johnson. A la surprise générale, ce dernier a annoncé qu’il était pour le Brexit en février 2016. Depuis il fait campagne sans relâche pour atteindre cet objectif. Le parti conservateur dont Johnson est membre n’a jamais été très europhile. On se souvient du fameux «I want my money back» de Margaret Thatcher. En 2009, les députés européens du parti ont même quitté le PPE (Parti Populaire européen) qu’ils considéraient comme trop fédéraliste. Ils ont créé le groupe ECR (Conservateurs et réformistes européens) qui rassemblent des partis de droite plus ou moins eurosceptiques.
    Le parti conservateur actuellement au pouvoir est divisé sur la question européenne. Sur les 331 députés du parti, une quarantaine est farouchement eurosceptique. Cette situation est embarrassante pour David Cameron qui perd sa majorité absolue en cas de défection de ces députés qui menacent de le censurer en cas d’échec du Brexit. Mais en cas de sortie de l’UE, il serait fragilisé et devrait sans doute également quitter son poste.
    La position de Jeremy Corbyn, l’actuel leader du parti travailliste, est difficile. En effet, il est issu de la gauche du parti, qui a toujours été hostile à l’intégration européenne. La gauche radicale a partout des positions complexes sur l’UE, elle ne veut pas être assimilée aux partis d’extrême droite anti-européens. Corbyn est accusé de tiédeur dans sa défense du in, «On n'en a pas fait assez. Il faut faire mieux», a admis Ed Miliband (son prédécesseur)  au micro de la BBC. Il estime que les sympathisants ne sont pas assez informés de la position du parti. Des travaillistes ont de leur côté fait appel à Gordon Brown et Tony Blair pour mener campagne pour le in.
    Les dix principaux syndicats britanniques ont publié lundi 6 juin une lettre dans le quotidien The Guardian appelant leurs six millions d’adhérents à voter pour le maintien dans l’Union européenne (UE) lors du référendum du 23 juin. Les campus universitaires sont massivement pour le maintien. Un sondage réalisé avec l'appli «Debut» auprès de 12.000 étudiants indique que pas moins de 81% de la population étudiante du pays compte voter en faveur du maintien. Les agriculteurs britanniques sont également très attachés à l’UE, entre 30 et 40% de leurs revenus annuels sont des subventions de l’UE. Le camp pro-européen espère que les 1,5 million d’agriculteurs se mobiliseront.

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    Angela Merkel et Jean-Claude Juncker (président de la Commission européenne) ont prévenu que les Britanniques ne pourraient plus espérer bénéficier des avantages de l’UE et que le Royaume-Uni serait considéré comme un pays tiers (Ph. AFP)

    ■ La City retient son souffle
    Londres pourrait perdre une centaine de milliers d’emplois dans le secteur de la finance – soit un sur sept – si elle devait prendre ses distances avec Bruxelles, estime la société de lobbying TheCityUK. HSBC, première banque britannique et européenne, a prévenu qu’elle pourrait déplacer plus d’un millier d’emplois de Londres vers Paris.
    Pour calmer les inquiétudes au sujet d’un brutal assèchement du crédit – comparable à celui de la crise financière de 2008-2009 – la Banque d’Angleterre a annoncé des injections de liquidité dans le système financier dans les semaines entourant le référendum. Les banques centrales d'Europe, des Etats-Unis et du Japon discutent d'injections concertées de liquidités en cas de Brexit. La BCE, la Fed et la BoJ pourraient activer un mécanisme d'urgence pour approvisionner le marché en dollars afin d'éviter un assèchement en cas de plongeon de la livre.

    ■ L’avenir de l’Ecosse se joue aussi le 23 juin
    La position de l’Ecosse est également intéressante, dans cette «nation» le SNP (le parti national écossais) est aux commandes depuis 2007. L’Ecosse fait partie intégrante du Royaume-Uni au même titre que le Pays de Galles et l’Irlande du Nord. Depuis 1999, ce qu’on appelle la dévolution (décentralisation) a été introduite par Tony Blair alors Premier ministre. Or le SNP est à contre-courant du RU (Royaume-Uni), en effet c’est un parti pro-européen et plutôt à gauche sur les questions économiques. Alors que les élections générales en mai 2015 au RU ont donné une large majorité conservatrice. De plus le RU pourrait sortir de l’UE. La priorité du parti est d’émanciper l’Ecosse du RU afin de devenir un Etat indépendant, position pour laquelle le SNP milite depuis sa création en 1934. Le parti a obtenu de Westminster un référendum sur sa sortie du RU (le 1er sur l’indépendance de l’Ecosse), ce dernier a eu lieu en septembre 2014. Le résultat est un échec pour le SNP avec plus de 55% pour le Non à l’indépendance. Mais cette défaite n’a pas affaibli le parti, au contraire, en un an, il a triplé son nombre d’adhérents. De plus aux élections générales de mai 2015, le parti a remporté 53 des 56 sièges écossais contre 6 en 2010.
    Le SNP a fait savoir qu’en cas de Brexit, il demanderait un nouveau référendum sur sa sortie du Royaume-Uni. Cela ouvrirait alors un boulevard aux indépendantistes écossais vers leur objectif ultime. Mais dans ce cas la Catalogne, la Flandre et d’autres pourraient être tentés par cette voie. Ce qui déplairait forcément à l’Espagne et à la Belgique. Même en cas de Brexit l’Espagne pourrait ainsi s’opposer à l’entrée d’une Ecosse indépendante dans l’UE.

     

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