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Brexit: L’inconnue de la facture économique

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4800 Le 22/06/2016 | Partager
Les réunions au sommet au lendemain du référendum
Répercussions commerciales, changement de politique étrangère
Décryptage des analystes
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Le «Brexit» s’invite à tous les débats. Les plus hauts dirigeants de l'UE ont prévu de se réunir à Bruxelles dans la matinée du 24 juin, au lendemain du référendum qui décidera du maintien ou de la sortie du Royaume-Uni de l'Union. Un sommet européen des chefs d'Etat ou de gouvernement des 28 est déjà programmé les 28 et 29 juin à Bruxelles. Il s’agit de trancher sur les procédures à suivre dans le cas de Brexit.
Il faudrait s’attendre à des répercussions commerciales. Les exportateurs britanniques risquent de supporter 5,6 milliards de livres (7,2 milliards d'euros) par an de droits de douane supplémentaires si le Royaume-Uni quitte l'Union européenne, a prévenu Roberto Azevedo, le DG de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Londres devrait négocier de nouveaux accords commerciaux avec l'UE et avec les 58 pays liés au bloc continental par un accord de libre-échange. L'avertissement de Azevedo fait suite à une série d'alertes envoyées par d'autres responsables d'institutions économiques internationales, comme le FMI et l'OCDE. Ils avaient évoqué un impact négatif d'un éventuel Brexit sur la croissance et les revenus des ménages britanniques.
Une sortie coûterait 2 à 7% du PIB à long terme. L’impact direct pour l’UE serait plus faible, autour de -0,5%, rapporte l’équipe Recherche & Stratégie d’Investissement d’Axa IM dans son bulletin «Brexit, quelles conséquences pour l’Europe». Les économies d’Europe centrale perdraient entre 0,3 et 0,9% de PIB. L’impact immédiat d’un Brexit sur les marchés serait significatif, mais inférieur à celui de la dernière crise financière en 2008. Les experts d’Axa IM s’attendent à ce que la Banque d'Angleterre et la BCE interviennent rapidement, tout comme l'UE et les pays de la zone euro, pour tenter de minimiser les répercussions d'un durcissement des conditions financières et d’un affaiblissement de la confiance (Voir aussi page 16). L'impact économique d’un Brexit sur l'économie de la zone euro est susceptible d'être négatif, avec une réduction du PIB d’environ 0,5% pendant plusieurs années. La nature exacte des accords commerciaux post-Brexit sera essentielle pour le commerce avec le Royaume-Uni, qui représente 5% du PIB. Le ralentissement attendu de la croissance britannique et la forte dépréciation de la livre sterling devraient réduire l'excédent commercial. Toutefois, les échanges de la zone euro pourraient bénéficier d'un rapatriement des services financiers. Ce qui réduirait les importations actuelles en provenance du Royaume-Uni.
Un rééquilibrage des activités comme les services financiers post-Brexit pourrait également détourner l'investissement direct à l’étranger (IDE) au profit de la zone euro. Le Royaume-Uni étant aujourd'hui le premier bénéficiaire au sein de l'UE. Toutefois, les inquiétudes sur la zone euro après un Brexit pourraient, au moins à court terme, mettre à mal les entrées de capitaux. Le référendum lui-même devrait avoir d'importantes répercussions sur la politique de l'UE, avec le risque d’autres référendums européens et une montée de l’euroscepticisme. Ce qui en retour est susceptible d'alimenter les craintes des marchés financiers.
Les partisans d’un Brexit ne voient pas les choses de cette manière. Ils ne cessent de répéter que la City-Uni continuera de commercer librement avec l'UE, se targuant des exemples de la Norvège ou de la Suisse, pays non membres de l'UE mais qui ont accès à la zone européenne de libre circulation des personnes et des biens. «44% de nos exportations se font vers l'UE, donc notre économie sera affaiblie en cas d'accès restreint à ce marché», a réagi le Premier ministre conservateur britannique, David Cameron.
Le Royaume-Uni s’est-il préparé à sortir de l’UE? Patrick Artus, chez économiste de Natixis, pense que «les flux de commerce entre le Royaume-Uni et l’UE seront freinés. L’accord commercial renégocié sera probablement moins favorable que ce qu’apporte l’appartenance au marché unique européen».

                                                                               

Conséquences pour le Maroc: Les droits de douane pour commencer

l faut toujours se préparer à une décision de sortie du Royaume-Uni de l’UE. Londres est le 7e client du Maroc et son 14e fournisseur. Il ne se situe pas parmi les premiers partenaires, mais c’est important», souligne Jawad Kerdoudi, président de l’IMRI qui revient sur les conséquences auxquelles il faut s'attendre. Il pense d’ailleurs qu’il «n’y aura pas de gros impact sur les investissements. Mais, il faut surtout surveiller les échanges commerciaux». «Si le Brexit est effectif, en principe il faut s’attendre à un rétablissement des droits de douane des deux côtés. Une réduction des échanges entre les deux pays est aussi envisageable». Si le Oui, l’emporte, Londres doit être prête à entamer des négociations avec les pays tiers et notamment avec le Maroc à titre bilatéral, donc il faudra signer des accords de libre-échange. Tout ce processus nécessitera du temps!
«A court terme, un Brexit signifierait que le Royaume-Uni devrait renégocier ses relations commerciales avec un certain nombre de pays tels que le Maroc, l'Egypte, l'Algérie, la Tunisie et Israël, tous actuellement couverts par des accords d'association de l'UE», soutient pour sa part Jane Kinninmont, spécialiste de la région Mena, dans un article paru sur le site Chathamhouse.  Londres serait fragilisée économiquement et pourrait redéfinir les priorités de sa politique étrangère.
La spécialiste précise que la politique britannique envers la région Mena est largement indépendante de l'UE, de sorte qu’elle ne serait pas radicalement remodelée par un Brexit. Mais les possibilités de travailler sur la paix, la primauté du droit ou des droits de l'homme diminueraient. Aussi, la Grande-Bretagne mettrait tout son poids dans la région du Golfe (pays riches et bons clients des industries et services britanniques). Ceci signifierait une marginalisation des pays du Maghreb. Lors des votes au Conseil de sécurité de l’ONU, La City se sentirait moins concernée par certaines questions stratégiques en Afrique du Nord, sa présence jusqu’ici dans cette région passait essentiellement à travers les structures de l’UE.
La région Mena demeurera importante pour le commerce et les liens d'investissement (18 milliards dollars des exportations britanniques sont allés à la région Mena en 2014), les communautés de la diaspora sur les deux côtés, la coopération antiterroriste et les priorités de la défense.

 

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