×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Spécial SIAM 2016

    Pesticides agricoles
    Le marché en forte hausse, mais…

    Par Abashi SHAMAMBA | Edition N°:4759 Le 26/04/2016 | Partager
    Des trous béants sur la chaîne de contrôle à l’importation
    On a frôlé la catastrophe: près de 700 tonnes de produits périmés à détruire!
    La demande portée par Maroc Vert: 1,4 milliard de DH par an
    pesticide_agricole_059.jpg

    La demande des produits phytosanitaires est corrélée à l’état de la campagne agricole, plutôt céréalière. Les volumes augmentent avec le développement des branches stratégiques du plan Maroc Vert

    C’est le match dans le match. Les majors mondiales de la chimie se livrent une bataille acharnée au Maroc sur le marché des produits phytosanitaires. A ce cercle, il faut compter une myriade de PME formelles et de plus en plus informelles qui veulent aussi leur part du gâteau. La profession estime le marché des pesticides à usage agricole à près de 1,4 milliard de dirhams. Bien loin des 13 milliards que pèse le marché privé du médicament. Pour le segment des pesticides destinés à la santé humaine et animale (c’est le jargon professionnel), le potentiel est estimé à 400 millions de dirhams. Le reste, c’est la niche des pesticides à usage industriel.

    Portée par le plan Maroc Vert, la demande des pesticides à usage agricole a fortement augmenté dans la céréaliculture, la filière des fruits et légumes. Ces deux débouchés pèsent chacune 1/3 du chiffre d’affaires sectoriel. Le commerce des pesticides agricoles est encadré par une réglementation aussi stricte que celle qui régit les produits pharmaceutiques. Le distributeur doit être homologué, et avant le lancement d’un produit sur le marché, il faut obtenir une «AMM» (autorisation de mise sur le marché) délivrée par l’Onssa au terme d’une procédure marathonienne qui dure jusqu’à 3 ans! Tous ces verrous n’empêchent pas la présence visible des produits de contrefaçon et de contrebande sur le marché. Des petites usines locales alimentent ce marché parallèle, accusent les professionnels, qui s’étonnent de la mansuétude des autorités vis-à-vis de ces réseaux. La contrebande et la contrefaçon représenteraient au moins 10% du marché. Chez CropLife Maroc, l’association qui regroupe une vingtaine de sociétés structurées, les opérateurs n’ont pas de mots assez durs pour dénoncer aussi les failles de la chaîne de contrôle à l’importation.

    Les «dégâts» de la lutte anti-acridienne

    L’unique laboratoire habilité à assurer le contrôle aux frontières est dépassé car il n’a pas assez de ressources pour remplir efficacement cette mission, accusent-ils. Résultat, n’importe qui peut faire entrer n’importe quoi. La distribution des produits phytosanitaires doit être effectuée par des entités ayant prouvé leur capacité professionnelle. Il faut donc une homologation délivrée par l’Onssa avant d’exercer. En pratique, estiment les professionnels, il y aurait pas plus de 300 revendeurs qualifiés sur 1.500 qui disposent des capacités professionnelles au regard du cahier des charges draconien à remplir. C’est un vrai danger car il faut assurer la sécurité au stockage des produits. La plus grande équation pour le secteur aujourd’hui est le chantier titanesque de destruction des stocks de pesticides périmés, estimés à 720 tonnes (vous avez bien lu sept cent vingt tonnes) ! Pour 80%, il s’agit de vieux stocks publics destinés à la lutte contre l’invasion acridienne (criquets pèlerins). Les 20% se trouvent chez les distributeurs et seraient très difficiles à identifier. Ce programme soutenu par la FAO et CropLife International (une association de grandes multinationales de la chimie) est lancé depuis l’année dernière. La mise à jour des stocks de pesticides obsolètes (sondage réalisé au deuxième semestre 2015) a été capitale pour faire concorder les spécifications de l'appel d’offres et la situation réelle des pesticides périmés sur le terrain. La réussite de l'opération de sécurisation/élimination des pesticides obsolètes et l'optimisation de son coût en dépendent, assure le Comité de pilotage. Une campagne de vérification a concerné un échantillon de 85 dépôts (sur 345) parmi les plus importants et a permis de vérifier les quantités en stocks et d'identifier le maximum possible de pesticides inconnus. Deux consultants préparent actuellement une étude environnementale et un plan de gestion environnemental en vue de permettre la préparation des opérations de sécurisation et d'élimination des pesticides obsolètes dans des fours spécialisés en Europe. L'appel d'offres devrait être lancé au premier trimestre 2016 et le début des opérations précitées lors du second semestre.

    Le stock de pesticides obsolètes actuel est estimé à 635 tonnes au lieu de 773,5 tonnes inventoriés en 2010. L’écart est dû à plusieurs facteurs: estimation mieux affinée, élimination dans des fours spécialisés (environ 85 tonnes éliminés par le ministère de la Santé et des établissements publics), dégâts de pluie et d'inondation, fuite du contenu de certains emballages, etc.

    Les matières actives non identifiées sont estimées aujourd'hui à 136 tonnes, soit 21,5% du total au lieu de 50% dans l'inventaire de 2010.

    Les nouvelles déclarations de pesticides obsolètes enregistrées dans le cadre du programme "CleanFARMS Morocco" s’élèvent à 60 tonnes réparties sur 51 sites. Ces quantités pourraient donc s'ajouter aux quantités à éliminer.

    Télécharger l'intégral du dossier spécial SIAM 2016 sous format Pdf

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc