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    Spécial SIAM 2016

    La lente modernisation de la minoterie industrielle

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:4759 Le 26/04/2016 | Partager
    La compensation du blé tendre plombe la filière
    La surcapacité à l’origine de l’avilissement des prix
    Certains opérateurs s’orientent vers plus d’intégration
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    Crée en 2002, le groupe Matahine Al Hamd, dont relève la minoterie Dalia, est l’un des rares opérateurs à avoir investi plusieurs dizaine de millions de dirhams pour se moderniser (Ph. Jarfi)

    Est-ce le début d’une montée en gamme? En tout cas, l’acquisition du producteur de farines et de pâtes Tria par Forafric il y a quelques semaines constitue, un important pas dans la restructuration du secteur. C’est la première fois qu’un fonds d’investissement, avec des capitaux gabonais, intègre le tour de table d’une minoterie industrielle au Maroc. Ce qui marque un tournant qualitatif dans l’activité.
    L’industrie de l’écrasement de blé remonte à plusieurs décennies. Pourtant, elle tarde à se diversifier et à se mettre aux standards internationaux. De plus, le secteur est dominé par la présence d’une multitude de petits opérateurs, dont la plupart se positionnent sur le blé tendre subventionné. Qu’est-ce qui bloque la mise à niveau du secteur et l’émergence de groupes intégrés? «La tendance à la concentration a en fait commencé au début des années 90 avec la création du Gromic, ou Groupement marocain des importateurs de céréales, qui regroupe cinq minoteries», explique-t-on auprès du secteur. Cette intégration était motivée par le fait que les industriels voulaient avoir leur autonomie par rapport aux importateurs, qui ne leur fournissaient pas toujours les intrants en quantité et en qualité suffisantes. Plusieurs moulins n’ont pas tardé à suivre la tendance en créant leur propre structure dédiée à l’importation pour maîtriser leur approvisionnement. C’était le début d’une intégration en amont. D’autres moulins feront preuve de plus d’audace et sont allés plus loin en intégrant également l’aval. Après avoir été longtemps concentrés sur l’écrasement du blé tendre, des industriels se sont specialisés dans le blé dur. C’est le groupe Tria qui avait le premier opté pour l’intégration en amont et en aval poussée au milieu des années 90. Un choix stratégique qui lui avait permis de maîtriser, non seulement ses achats en intrants, mais également ses débouchés en se diversifiant.
    A la faveur de la concurrence et l’arrivée de nouveaux opérateurs, le secteur des farines connaîtra une nouvelle mutation. Un groupement de cinq minoteries crée sa propre boulangerie il y a trois décennies: Amoud, qui ouvrira par la suite un réseau de points de vente dans plusieurs villes du Royaume.
    La minoterie industrielle enregistrera également de nouveaux investissements par des groupes tels que Fandy ou encore Zine, qui disposent chacun de trois moulins.
    La nouvelle tendance en matière de concentration consiste en le rachat de moulins déjà opérationnels. Cela a commencé dans une première phase par Maymouna puis le groupe Tria, qui ont été rachetés par des investisseurs étrangers. C’est la première expérience dans les annales de la minoterie industrielle. D’autres acquisitions similaires pourraient intervenir à l’avenir.
    En attendant, l’on se demande comment s’explique la répartition de l’activité entre, d’un côté, de rares groupes intégrés et, de l’autre, une multiplicité de petits opérateurs. Pour la profession, la réponse tient en un seul mot: la subvention. «C’est le plus grand obstacle qui se dresse devant le développement de notre secteur. Certains minotiers se positionnent uniquement sur la fabrication de la farine nationale. Ce qui les met dans une situation de rente. Il y a une cinquantaine de moulins qui ne vivent que de la subvention», affirme-t-on auprès de l’industrie. Mais ce n’est pas le seul boulet qui plombe le secteur. Il faut également citer le problème de la surcapacité au niveau de la première transformation. Conséquence: l’écrasante majorité des unités industrielles n’utilisent même pas 50%, voire moins, de leurs capacités de production. Une situation qui s’explique, non seulement par l’étroitesse du marché local, mais également par l’arrêt des exportations depuis le milieu des années 2000.
    En effet, les marchés traditionnels du Maroc se sont dotés de leur outil de production et de transformation. Sans oublier la concurrence turque, dont les prix demeurent imbattables à cause de la subvention de l’export. D’où l’éviction des opérateurs nationaux. La profession mise sur sa représentativité, avec la Comader et les filières interprofessionnelles, ainsi que le plan Maroc Vert pour avoir droit de chapitre et réaliser un saut qualitatif dans son développement.

    Une distribution non structurée

    Au niveau local, la surcapacité se traduit par une surproduction qui contribue à l’avilissement des tarifs. Certains produits sont parfois vendus à des prix frisant le dumping. La multiplicité des intervenants, entre les grossistes et les points de vente, contribue à neutraliser l’effet de la guerre des prix. La distribution constitue également un obstacle au développement de l’activité. A l’image d’autres secteurs, les canaux de distribution ne sont pas structurés. Des unités industrielles ont même tenté de lancer leur propre filiale de transport et de distribution, sans grand succès. «Mais comme la logistique constitue un métier à part entière, plusieurs minotiers souffrent des problèmes de distribution, y compris au niveau de leur propre filiale».

     

    Le poids économique de l'activité

    ■ Un chiffre d’affaires global de 20 milliards de DH

    ■ 10.000 emplois directs

    ■ 167 unités: 130 moulins à blé tendre, 30 semouleries, 7 orgeries

    ■ Une capacité de production de 114 millions de quintaux

    ■ Production annuelle: 53 millions de quintaux

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