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    Spécial SIAM 2016

    La filière d’olive de table prise en sandwich par l’informel et le vrac

    Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:4759 Le 26/04/2016 | Partager
    L’impact de Maroc Vert se fait toujours attendre
    Paradoxe: Gros producteur d’intrants, mais petit transformateur
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    En 2015, les exports d’olives de table ont subit un sérieux revers en raison d’un repli sur le marché américain

    C’est un paradoxe. Alors que la superficie oléicole est en constante augmentation et la production d’olive dépasse actuellement le million de tonnes, la branche des conserves (destinée à 90% à l’export) peine elle à atteindre les 80.000 tonnes. En 2015, les exportations de la conserve ont même subi un sérieux revers en décrochant de près 10%. Pour les industriels, il ne faut pas chercher l’explication loin: la faible structuration de la filière. Le plan Maroc Vert a certes relancé la production, mais c’est le «vrac» qui en a le plus tiré profit. L’impact sur la production destinée à la transformation est quasiment nul, constatent les opérateurs. «Notre production d’abricots, d’olives de table ou de tomates d’industrie a même stagné, voire régressé ces dernières années», relève Abdelhak Bennani, directeur de la Fédération des industries de conserve des produits agricoles (Ficopam).

    La concurrence méditerranéenne loin devant Selon ce spécialiste, bien que la production d’olives ait doublé en 4 ans, elle est destinée essentiellement à la trituration. «L’olive de table est plus valorisante que l’huile d’olive, pourtant rien n’a été fait pour encourager sa production. Tout l’effort est concentré sur l’huile d’olive», poursuit Bennani. C’est ainsi que la filière des conserves d’olive qui reçoit près de 25% de la production nationale d’olives continue de connaître les mêmes dysfonctionnements. Autre frein, la concentration sur un nombre limité de débouchés dont le marché de l’UE qui absorbe annuellement 2/3 des quantités exportées, suivi par les USA (25%). Une baisse sur un de ces deux débouchés peut être fatale comme ce fut le cas pour 2015. Face à cette absence de diversification de marchés, il y a aussi les importants efforts des pays concurrents. Si, jadis, le Maroc se plaçait au deuxième rang mondial pour l’exportation d’olives de table, aujourd’hui, il est dépassé par l’Italie, l’Espagne, la Grèce, la Syrie et la Turquie. Car, même si au cours des 25 dernières années, la consommation mondiale d’olives de table a triplé, les industriels marocains ont très peu profité de ce boom. De fait, nos exportations ont évolué en moyenne annuelle à peine de près de 2,4% contre une évolution de près de 12% pour la Turquie par exemple, sans parler de l’Espagne devenue premier exportateur mondial qui concentre plus de 42% des exportations mondiales. «Normal, nous ne bénéficions d’aucun soutien, la subvention accordée à l’huile d’olive fausse le marché de la matière première», explique cet industriel. Car si les exportations de l’olive de table ne progressent pas, c’est la tendance inverse de celles de l’huile d’olive, stimulées par la subvention accordée par l’Etat.

    La concurrence méditerranéenne loin devant

    De facto, ces subventions favorisent les exportations d’huile au détriment de la conserve. L’essentiel de l’export de l’huile d’olive se fait en vrac, déplore cet industriel. Tant pis pour la valeur ajoutée. Pour les industriels, il faut faire aussi un effort sur les modes de consommation. Car les pays qui ont vu leurs exportations en hausse ont aussi augmenté leur consommation alors qu’au Maroc, la consommation reste assez faible: 1 kg par habitant par an alors qu’en Syrie ou au Liban, la consommation per capita se situe entre 4,7 et 4,4 kg d’olives de table par an. L’Égypte en est à 3,8 kg/habitant. De plus, le marché domestique est quasiment dominé par l’olive en vrac régentée par l’informel. «Comment voulez-vous que les industriels assujettis à une TVA de 20% aillent vers un marché approvisionné essentiellement par l’informel alors qu’ailleurs les produits alimentaires sont assujettis à une TVA de 5%? », s’interroge cet industriel. L’emballé vient de bénéficier d’une déduction de TVA théorique sur la matière première. Les industriels attendent de voir l’évolution du marché en fonction de cette nouvelle donne.

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