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    Spécial SIAM 2016

    Un gros producteur d’oranges qui a soif

    Par Fatiha NAKHLI | Edition N°:4759 Le 26/04/2016 | Partager
    Compétition entre le dessert et le jus
    Les agrumiculteurs s’orientent vers le fruit de bouche, plus rémunérateur
    Le Maroc risque de ne plus produire de concentré d’orange
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     Le  Maroc est un grand producteur d’agrumes. Or, depuis quelques années il est devenu importateur net de concentré et jus. Pas moins de 80.000 tonnes d’agrumes sont ainsi importées sous forme de ces préparations (Ph. L’Economiste)

    Un autre paradoxe. Le  Maroc est un grand producteur d’agrumes mais l’industrie du  jus fait appel à l’import. Bien évidemment sous forme de concentré et de jus prêt à la consommation. Comment en est-on arrivé là? Les prix très compétitifs des dérivés d’agrumes car, ils sont issus d’un système de production dédié spécialement à l’industrie du jus. C’est le  cas du Brésil qui domine le marché mondial du concentré de jus grâce notamment à ses forêts d’oranges. Et pour lesquelles la principale dépense reste le transport ou encore le coût de la main-d’œuvre pour la cueillette.
    L’Egypte aussi produit beaucoup de concentré de jus, avec l’avantage de puiser l’eau d’irrigation du Nil, d’où l’absence de  stress hydrique. D’ailleurs, ce pays est passé d’une production de 500.000 tonnes à 3 millions de tonnes en quelques décennies. Et il continue à planter pour développer plus le marché des agrumes, et au lieu de la Russie, il se tourne vers les marchés traditionnels du Maroc. Ce changement a complètement modifié la donne. «Le Maroc exporte 100.000 tonnes d’oranges fraîches et il importe entre 70.000 à 80.000 tonnes de ces fruits sous forme de concentré d’oranges. Le prix de ces importations étant à 50% moins cher que celui proposé sur le marché local», explique Faudel Cherif, président de l’Association marocaine de l’industrie de transformation des agrumes (Amitag).
    «La situation est due au fait que le Maroc a démantelé les droits de douane sur le concentré en provenance d’Egypte où les usines de jus présentent un prix variant entre 60 à 75 centimes le kilo de concentré alors que les

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    cours actuels au niveau national sont de 1,7 DH le kilo d’oranges, ce qui met cette industrie en péril», a-t-il ajouté. Un prix local élevé qui s’explique par le fait que, contrairement à d’autres pays, les producteurs doivent  tout payer au niveau de toutes les étapes de la chaîne de production. C’est ainsi que le Maroc risque de ne plus produire de concentré d’oranges puisque c’est moins cher d’importer. Il faut par ailleurs rappeler qu’avant, le verger marocain était équilibré entre petits fruits et oranges. Toutefois, comme ces dernières sont devenues très concurrencées sur les marchés traditionnels, il y a eu un certain arrêt d’extension  des oranges. Le fait étant que dans le cadre du plan Maroc Vert, le pays a planté beaucoup plus de petits fruits que d’oranges. «Le développement des plantations a connu une croissance rapide. A tel point que les objectifs du premier contrat programme ont été dépassés avant terme mais le rythme n’a pas suivi pour les oranges», explique Abdallah Jrid, président de l’Association des producteurs d’agrumes au Maroc (Aspam). «Cela s’est accentué par le fait que les oranges mettent plus de temps que les petits fruits pour entrer pleinement en production. Ce qui a aggravé davantage le déséquilibre du verger», a-t-il ajouté. Il faut rappeler aussi que le marché local est très demandeur d’oranges.
    L’enjeu aujourd’hui est donc de mettre en place une politique et un système de régulation du marché local pour organiser la partition de la production agrumes au niveau national pour que chaque marché prenne les quantités dont il a besoin, à des prix rentables et bénéfiques et pour les producteurs et pour les consommateurs, conclut Mohamed Sabir, l’ancien directeur de l’usine Frumat. Et ce, d’autant plus que le marché local des jus de fruit est de 200 millions de litres, dont 155 millions sont produits de façon artisanale chez les ménages ou dans des  laiteries et cafés. Seuls, 45 millions de litres de jus proviennent de l’industrie.

    Jus, une affaire de prix

    L’attrait du marché local a eu pour effet le déclin de l’export des oranges. Les prix fort rémunérateurs conjugués au paiement cash ont incité les producteurs à écouler jusqu’à 80% de leur production d’oranges sur le marché local. La production nationale est donc quasiment orientée vers le marché frais. Cette configuration ne laisse pas de place pour l’industrie des jus. Pour tourner, cette dernière a besoin de prix très «compétitifs» de l’ordre de 1 DH/kg, voire moins. La solution idéale pourrait être trouvée dans le lancement de plantations orientées exclusivement vers la transformation industrielle. A charge aussi pour les industriels de payer le prix équitable.

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