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    Competences & rh

    Entrepreneuriat social
    L’OCP et Enactus en business angels des jeunes

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4754 Le 19/04/2016 | Partager

    Faire émerger une nouvelle génération d’entrepreneurs sociaux. C’est l’ambition du programme «Empact», lancé par l’ONG Enactus, en partenariat avec le programme OCP Entrepreneurship Network (Fondation OCP). Empact aide les jeunes étudiants à concrétiser leurs projets d’entreprises sociales, grâce à des formations et un financement de départ.
    Pour développer leurs prototypes, les graines d’entrepreneurs reçoivent une somme de 3.000 DH. Ils ont ensuite droit à un fonds d’accélération de 20.000 DH. Près de 60 entités sont ciblées d’ici fin 2017. Les premiers résultats sont impressionnants. De jeunes étudiants, en majorité des filles, ont développé des projets innovants et à fort impact social.

    Un réfrigérateur sans électricité

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    Zéro énergie, zéro pollution et une forte capacité à conserver des aliments (entre 15 et 21 jours) et des médicaments. Ce sont les principales qualités du réfrigérateur naturel conçu par Raowia Lamhar, étudiante en 5e année du cycle ingénieur, génie de l’eau et de l’environnement à la FST de Mohammedia, avec deux associés, également étudiants. A base d’argile, ce réfrigérateur sous forme cylindrique, de 40 cm de diamètre et de 40 cm de hauteur, avec un support de 20 cm et du sable au milieu (à irriguer une à deux fois par jour, selon le climat), a été inspiré par les jarres d’eau africaines.
    C’est en rencontrant début 2015 des populations n’ayant pas accès à l’électricité dans les environs de Béni Mellal et de Oued Zem que les jeunes entrepreneurs ont eu leur premier déclic. Les familles étaient obligées de jeter la moitié des aliments qu’elles achetaient. Cela représentait une perte de 25% de leur revenu mensuel. Leurs médicaments, ils devaient les enterrer dans le sol et humidifier par la suite pour les refroidir.
    Après avoir bénéficié du programme Empact, les trois jeunes fondent Go Energyless. La société produit actuellement 50 unités par mois (220 DH l’unité), en partenariat avec deux potiers de Tameslouht (Marrakech). Elle compte monter à 200 dès l’année prochaine. Une deuxième gamme, un peu plus esthétique, à l’intention des consommateurs du bio, a également été mise au point (350 DH l’unité).
    Go Energyless participe aussi à améliorer le revenu des potiers qui ne dépasse pas 3.000 DH par mois en période estivale, et presque 1.500 DH en période hivernale.

    Du quinoa made in Chichaoua

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    Les producteurs de Quinoa au Maroc se comptent sur les doigts de la main (environ 3). Manal Mhada, doctorante à l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II (IAV) de Rabat, en fait désormais partie, avec ses deux associés (un doctorant de l’IAV et un technicien agricole). Son objectif, produire des graines 100% bio et des produits agricoles à forte valeur ajoutée, à la portée de tous. Elle fonde son entreprise, Amendy Foods en 2015, après avoir adhéré au programme Empact.
    Son premier produit: le quinoa, cette graine originaire d’Amérique latine ultra nutritive et sans gluten qu’elle a adaptée à la région de Chichaoua. Une région connue pour la culture de la pastèque, mais en manque de ressources hydriques. Le quinoa, dont la consommation en eau est 85% moindre, pourrait être une bonne alternative. Rare sur le marché, et surtout trop coûteux, Manal le propose 50% moins cher.
    Amendy Foods emploie essentiellement des ouvrières agricoles en situation précaire. D’ici la fin de la campagne agricole en juin, elle aura produit près de 6 tonnes, à travers ses propres terrains, ainsi que ceux des agriculteurs partenaires du projet (13 ha). La société produit également des graines d’avoine et de soja. Dès juin, l’entreprise se lancera dans la production de farine et de couscous de quinoa.

    Un fourrage 80% plus nutritif et 3 fois moins cher

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    Dans la région où résident ses parents (Mly Driss Aghbal, à 60 km de Rabat), les enfants sont souvent utilisés pour aller chercher des pâturages, au lieu de partir à l’école. Hanane Rifaï, physicienne doctorante à l’université Mohammed V de Rabat, a très vite pris le pari de remédier à cela. Inspirée par un technicien horticole, elle décide avec son associé (un biologiste) de cultiver du fourrage via l’hydroponie. Une technique de culture hors sol, sur des étagères. Grâce à Empact, Hanane fonde sa société Hydrobarley. Elle produit aujourd’hui du fourrage frais 80% plus nutritif et 3 fois moins cher. Une chambre de 50 m² lui permet de produire une tonne par jour, soit 365 tonnes par an, l’équivalent d’une exploitation de 20 ha. Outre la région de Rabat, elle cible celle d’Azrou et de Doukkala. 

    Le gluten & lactose free démocratisé

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    Du pain (rond et mou) et des cakes salés et sucrés (gaufres, brownies, biscuits sablés marocains,…), sans gluten et même sans lactose (90% des produits), vendus en ligne et livrés dans tout le Maroc. C’est ce que propose La Glutenerie, une entreprise bénéficiaire du programme Empact, fondée par Ouijdane Sabri, une étudiante en 4e année à l’ENCG de Kénitra, option marketing. Cerise sur le gâteau, les prix sont 30 à 50% moins cher que les produits disponibles sur le marché, en majorité importés. Bref, une offre inespérée pour les celiacs (intolérants au gluten), dont le nombre ne cesse de grimper. Depuis son lancement en 2015, La Glutenerie est passée de 5 à 20 produits. A long terme, la société souhaite ouvrir des points de vente physiques dans les grandes villes.

    Des plats traditionnels en sandwichs

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    C’est en se rendant sur le terrain et en relevant les besoins réels des communautés que les lauréats du programme Empact puisent leurs idées. Ce fut aussi le cas de Youssra Essabani, étudiante en 4e année du cycle ingénieur mécatronique à la FST de Fès. Avec un deuxième associé, un étudiant en master de mécanique, elle tente de répondre à la fois au besoin de restauration des étudiants et employés en horaire continu, et celui des mères célibataires marginalisées de la région de Fès. Comment?
    En préparant des plats traditionnels, présentés sous forme de sandwichs, par les soins des mères célibataires. Youssra fonde ainsi DélicesExpress en 2015. Elle livre aujourd’hui 70 repas par jour aux cantines de la FST et de l’ENSA de Fès. Des négociations sont également en cours avec une agence de la Banque populaire. La société, qui emploie 4 mamans célibataires, compte bientôt s’attaquer à d’autres marchés.

     

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