×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Culture

    Musiques sacrées de Fès
    Histoire, philosophie, spiritualité autour «d’elles»

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:4746 Le 07/04/2016 | Partager
    La 22e édition du Festival donnera la parole aux «Femmes». Le rendez-vous est ainsi pris du 6 au 14 mai
    christian_cambon_046.jpg

     

    ■ Christian Cambon: «Relier les cultures»

    Pour Christian Cambon, président du Groupe interparlementaire d’amitié (GIA) France-Maroc du Sénat, le 2e plus grand groupe de sénateurs (80) après celui de France-Chine, «il faut mettre en avant le festival des musiques sacrées de Fès». Cet événement diffuse un message de paix, et venant de la part du Maroc, ce symbole est encore plus fort parce que ce pays appartient géographiquement à une zone qui connaît beaucoup de turbulences et de violences. C’est un signe de sérénité non seulement pour le Maghreb, mais aussi pour toute l’Europe qui connaît de graves difficultés avec les flux des réfugiés et au monde entier. «Ce genre d’événements contrebalance aussi le terrorisme et la violence que nous connaissons.  Je pense que cette manifestation est une bonne manière de relier les cultures, les peuples et les croyances dans un climat de tolérance et d’amitié, et ceci est tout le sens de ce festival magnifique auquel j’invite tous vos lecteurs à venir y découvrir paix, bonheur et sérénité», déclare Cambon à L’Economiste. Et d’ajouter: «la musique adoucit les mœurs. Actuellement, et plus que jamais, nous avons besoin de vivre des événements aussi importants sur le plan culturel que ce festival». D’abord, parce qu’il est empreint de spiritualité et de tolérance. Il invite tous les chants du monde à une confrontation pacifique pour le plus grand bonheur de ses spectateurs. De plus, la France est un ami de ce festival. Le fait que sa conférence d’annonce se tient au Sénat est un signal fort pour soutenir l’événement et le diffuser davantage. «En tout cas, cette manifestation est en train de conquérir ses galons de festival international», estime le président du GIA.

                                                                

    abderrafie_zouitene_046.jpg

    ■ Abderrafie Zouitene: «L’Inde à l’honneur»

    Le festival des musiques sacrées de Fès une grande notoriété au niveau international. Les propos sont de Abderrafie Zouitene, président de la Fondation esprit de Fès, initiatrice de l’événement, à l’occasion de la présentation de la manifestation au Sénat français, lundi dernier, à Paris. Selon lui, «à partir de cette 22e édition, chaque année, un pays sera à l’honneur». Pour commencer, les organisateurs ont choisi pour cette première un pays qui a une riche histoire et une grande culture, l’Inde. D’ailleurs, la soirée du samedi 7 mai sera dédiée à ce pays. Mais tout le festival sera consacré aux «femmes fondatrices».
    Des femmes qui ont toujours marqué de leur empreinte l’histoire du Maroc, dont Kenza El Aourabiya, l’épouse de Moulay Idriss, à l’origine de l’unification de la base amazighe et arabo-musulmane qui a constitué le socle de l’identité marocaine, ou encore Fatéma El Fihria qui a construit la première université du monde arabe, Al Quaraouiyine, seront ressuscitées durant les spectacles et réflexions. Autre nouveauté: de jeunes talents auront l’occasion de s’exprimer durant ce festival. Sans oublier le forum qui sera initié cette année avec la participation de médias très réputés, l’Obs et Le Monde. «Les débats se focaliseront sur la place que devrait occuper la femme», explique Zouitene. Selon lui, «le Maroc, connu pour sa stabilité politique et sa sécurité, constitue une plateforme d’accueil pour ce genre d’événement». Grâce à un Islam très tolérant et très ouvert, le pays favorise le débat et le partage. «Les chantiers économiques, religieux et culturels menés ainsi que les réformes politiques entamées nous ont permis de contrer le radicalisme et l’obscurantisme», souligne le patron de la Fondation, devant ses hôtes au Sénat, et en présence notamment de plusieurs membres du CA de l’Esprit de Fès et l’Association Fès-Saïss. Y figurent Driss Faceh, président en charge de la commercialisation du festival, Hassan Slighoua, directeur des relations publiques, Mohamed Ammouri, trésorier de la Fondation, et Youness Alami, président du comité communication. En clair, la Fondation fait du forcing pour réussir son événement prévu du 6 au 14 mai 2016.

                                                                

    alain_weber_046.jpg

    ■ Alain Weber: «Un voyage dans le temps»

    Côté programme, Alain Weber, directeur artistique du festival, promet un spectacle-création pour l’ouverture, et ce, comme le veut la tradition. Baptisé «ciel plein d’étoiles», celui-ci est prévu pour la soirée du 6 mai. Ainsi, la place Bab El Makina retrouvera la technique luminaire du mapping. Axé cette année sur une création esthétique qui devrait exprimer les différentes sensibilités de femmes fondatrices ou de femmes poètes à travers le monde. «Les étoiles seront toutes ces personnalités féminines qui illuminent ce ciel de l’histoire qui a traversé les âges et qui sont des femmes fondatrices dans le sens du sacré, mais aussi dans le sens artistique et politique». Pour les présenter, la création d’Alain Weber fera appel à «Sherhazade qui descendra du ciel pour franchir la porte de Bab El Makina comme une étoile».
    Et ce, afin de présenter les différentes chanteuses qui vont incarner chacune une figure emblématique. Le directeur artistique s’est basé dans ce spectacle d’ouverture sur de jeunes artistes qui représentent l’héritage traditionnel de plusieurs pays. Sherhazade racontera durant ces mille et une nuits le parcours de ces femmes lumières à Douniayazade, sa petite sœur. Le tout se fera dans un stratagème de contes nocturnes qui assurera le voyage dans les temps de personnages mythiques, comme la reine de Saba, les femmes fondatrices de toute la poésie de la culture arabe comme «Khanssae», la poétesse de l’époque du prophète, ou encore des religieuses comme Rabiaa El Adaouiya qui a sublimé la pensée soufie. «Les contes se raconteront aussi en présence de marionnettes géantes d’Afrique», décrit Weber.
    Et de poursuivre: «une autre création dédiée à l’Inde, avec des danses classiques de la musique indienne incarnant de grandes écoles des Khalifs indiens est prévue le lendemain». Les fastes des cours des palais des maharajahs et nababs d’antan auront permis l’émergence et la continuation d’une tradition et d’un savoir uniques. Ils seront donnés à découvrir aux festivaliers lors d’une joute musicale, Durbar, présentée sur la majestueuse scène de Bab Makina (samedi 7 mai).

                                                                

    yves_michaud_046.jpg

    ■ Le forum confié à Yves Michaud

    Après Ali Benmakhlouf en 2015, le «Forum de Fès: Une âme pour la mondialisation» sera confié cette année à un autre philosophe en la personne de Yves Michaud. Avec Mohamed Metalesi, professeur à l’Université Euromed de Fès, et Aude Lancelin, directrice adjointe de la rédaction de l’Obs, ce dernier donnera, au Jardin Jnane Sbille, la parole à des femmes, pour une fois sans respect excessif de la “parité”, en privilégiant aussi la diversité des expériences, des disciplines et des pratiques.
    Historiennes, philosophes, théologiennes, auteures, sociologues, psychanalystes apporteront leurs connaissances et leurs expériences sur le droit à la liberté d’expression, l’innovation, la création, le droit à la différence et à la diffusion des idées,… autant de chantiers qui pourront faire des pas de géants grâce aux femmes. «La programmation des huit débats privilégiera la confrontation des points de vue, sans imposer de vision mais en faisant prendre conscience de la diversité des usages, des approches et des conceptions», explique Yves Michaud.

    DNES à Paris, Youness SAAD ALAMI (Photos YSA)

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc