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    Régions

    Tensions sociales: Rien ne va plus à Taza

    Par Ali KHARROUBI | Edition N°:4743 Le 04/04/2016 | Partager
    Un marchand ambulant s’immole par le feu car empêché «de travailler»
    Le comble, il est sauvé par des enseignants stagiaires en pleine manifestation
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    Sans alternative de travail, Said a commis un acte désespéré qui a failli causer sa mort (Ph. Taza City)

    Ça va de mal en pis à Taza, ville connue pour ses «montées» d’adrénaline et qui assiste aujourd’hui à un regain de tensions sociales. Jeudi dernier, un jeune marchand ambulant a cherché à s’immoler par le feu suite à la saisie de sa marchandise par les services de lutte contre le commerce illégal. Un acte  à travers lequel il voulait dénoncer ses conditions de vie et les assauts des forces auxiliaires et du Caïd, dont il se dit victime.  
    Said K, la vingtaine à peine, vendait des fruits de saison à proximité de la mosquée Hassan II lorsque les services de lutte contre la prolifération des marchands ambulants lui ont confisqué sa marchandise constituée essentiellement de fraises. Protestant, il est entré en altercation avec ces services avant de se faire brûler à proximité du siège de l’UMT. Il ne doit son salut qu’à l’intervention des professeurs stagiaires, en sit-in sur le trottoir de ce syndicat. Selon ces mêmes professeurs, la victime s’est aspergée d’une matière inflammable avant d’allumer son briquet. Un acte qui lui a causé de graves brûlures et provoqué la panique au sein des professeurs stagiaires et des passants.
    Sur le champ, une protestation collective a failli dégénérer car les protestataires ont pris d’assaut les représentants des autorités locales et ont même cassé les vitres de la voiture du caid du deuxième arrondissement. Une seconde manifestation a eu lieu devant l’Hôpital Ibn Bajja, où Said a été transporté,dans un premier temps, avant d’être acheminé à Fès. La gravité de son cas (brûlures au 3ème degré) nécessitait son transfert au Centre hospitalier et universitaire Hassan II. Ceci dit, le problème des marchands ambulants pose problème à Taza, une ville qui enregistre l’un des plus hauts taux de chômage au Maroc et qui n’arrive pas à solutionner leurs revendications. Tolérés pour une longue période mais pourchassés de temps à autre par les forces de l’ordre, leur nombre ne cesse de s’accroitre. Ce qui porte préjudice à la fluidité de la circulation au centre ville et aux commerçants légaux qui dénoncent une concurrence déloyale. Tout le quartier El Gaâda et les rues avoisinantes sont squattés par ces marchands.
    Il y a quelques jours, un autre marchand avait exposé ses deux filles à la vente. Une manière singulière pour protester contre le phénomène de chômage qui sévit dans la ville et le désintérêt des responsables locaux. Dans ces deux cas, le parquet a demandé l’ouverture d’une enquête pour mettre la lumière sur ces incidents qui commencent à nuire à l’image de Taza. Une ville qui cherche à se positionner comme carrefour entre la région de l’Oriental et celle de Fès-Meknès.

    De notre correspondant,
    Ali KHARROUBI  

     

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