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Facture salée pour l’industrie textile

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:4741 Le 31/03/2016 | Partager
Les hausses successives grèvent la compétitivité
Les doléances des professionnels restent lettre morte
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Déconnexion entre l’évolution des exportations et l’emploi de la branche du textile et du cuir. Selon le HCP, cela est  révélateur d’une forte hétérogénéité de la structure productive de la branche

 

C'est devenu la bête noire des industriels. Les hausses successives du prix de l’électricité font flamber les coûts de production. Des hausses qui ont démarré en 2014 et qui devrait se poursuivre jusqu’en janvier 2017.
Le textile perd quelques points en termes de compétitivité. «Les tarifs de l’électricité ont augmenté que ce soit pour les heures creuses ou pleines. C’est un coût en plus qui affecte notre compétitivité. Nous payons chaque mois une facture de 5 millions de DH», souligne Abdellatif Kabbaj, directeur général de Soft Group. Même son de cloche auprès de nombreux opérateurs. «Cette hausse nous gêne et nous voulons des explications», renchérit Haj Zemzami, directeur administrateur et financier de Marlow, entreprise de textile tournée intégralement vers l’export. Les antennes régionales de l’Association marocaine de l’industrie textile (Amith) reçoivent régulièrement des réclamations de la part de leurs adhérents. «C’est un sujet que nous abordons à chaque réunion. Les coûts ne font qu’augmenter comparativement à la concurrence. Cela a un impact négatif sur le prix de revient alors que les marges sont assez réduites. A ce rythme, nos produits et prestations ne passeront plus», soutient Mohamed Said Zniber, président de l’Amith Nord.
Selon l’Institut français de la mode, en 2015, les importations d’habillement des cinq pays européens, en l’occurrence la France, l’Espagne, l’Italie, le Royaume-Uni et l’Allemagne en provenance du bassin méditerranéen (Maroc, Tunisie, Turquie) ont enregistré, en moyenne, une hausse en valeur de 2,9%.
Les exportations du Maroc vers ces pays ont gagné 2,4% en valeur. Les importations espagnoles ont ainsi totalisé 1,3 milliard d’euros, soit une croissance de 3,3% par rapport à 2014. La France n’a pas augment ses approvisionnements qui se sont élevés à 826 millions d’euros, enregistrant ainsi un léger recul de 0,1%. En revanche, les cinq grands marchés européens ont vu leurs importations depuis la Turquie progresser de 4,7% en 2015. Pour les industriels marocains, ce surcoût intervient au moment où les cours des matières premières ont baissé. «La chute des cours des matières premières est profitable à tous les pays, mais nous sommes les seuls à être pénalisés par la hausse du prix de l’électricité», affirment plusieurs opérateurs.
De l’avis de certains consutants, ce secteur gagnerait à monter en gamme et à améliorer la productivité puisque le coût de l’énergie est une donne avec laquelle il faudrait composer. El Mostafa Sajid, président de l’Amith, confirme les contraintes de ses pairs: «Le secteur du textile est extrêmement pénalisé par le coût de l’énergie, surtout pour les entreprises qui opèrent à l’amont. Par contre, pour les confectionneurs, c’est le salaire qui représente la variable critique. Il faut trouver d’autres moyens pour faire face en améliorant la productivité». Nous avons discuté avec le gouvernement sur un plan global pour l’industrie et nous ne pouvons isoler l’énergie».
Dans ce secteur, certaines entreprises ont entamé un programme d’efficacité énergétique. Cela permet d’optimiser la consommation de l’électricité, mais elles restent sceptiques. «Nous avons entamé un programme d’optimisation énergétique depuis quelques années. Nous essayons de baisser notre consommation en optimisant notre circuit industriel, mais même avec cela, le coût de l’électricité reste important», poursuit Kabbaj.
L’option d’un recours aux énergies renouvelables est également posée, mais rares sont les entreprises décidées à s’y mettre. «C’est très capitalistique comme investissement. Aujourd’hui, les technologies sont amortissables plus rapidement, mais il n’y a pas encore de batteries avec des capacités de stockage suffisantes». Cela suppose des changements importants au niveau de l’outil industriel.

Le poids du secteur à l’export

Avec 33 milliards de DH de chiffre d’affaires à l’export en 2015, le secteur  textile et cuir contribue en moyenne pour 20% à la valeur ajoutée des industries de transformation. Selon le Haut-commissariat au Plan, il occupe 42% de l’emploi industriel. En 2014, la valeur ajoutée des industries du textile et cuir se serait améliorée de 1,2% après avoir marqué une baisse de 2,7% l’année précédente. Cette reprise est attribuée au redressement de la production des unités de l’habillement et du textile, notamment les vêtements, les tapis, les articles à maille et de voyage. Les autres industries auraient réalisé des évolutions modestes ou en baisse.

 

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