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Analyse

Industrie automobile
«Nous sommes en train de gagner en maturité»

Par Amin RBOUB - Amine ATER - | Edition N°:4729 Le 15/03/2016
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Le secteur est à la fois fort et fragile, nuance le patron de l’Amica
Constructeurs et équipementiers, les locomotives
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Pour Hakim Abdelmoumen, président de l’Amica, «le secteur est actuellement à la fois fort et fragile. Il ne peut pas se permettre de faux pas!» (Ph. L'Economiste)

- L’Economiste:   Que vous inspirent les marchés annoncés par PSA dans les périmètres des composants et construction de l’usine?
- Hakim Abdelmoumen:
Nous sommes en train de travailler en fonction des attentes des constructeurs. Nous avons des filières mûres comme le câblage, les sièges, les batteries, le métal, qu’il fallait structurer, consolider et rendre plus compétitives. Il y a aussi des filières à créer et d’autres en développement. Nous avons aussi conclu des partenariats avec des constructeurs, parce qu’il ne faut pas se contenter de ceux implantés au Maroc, mais cibler également ceux présents dans la région. D’où les contrats de sourcing enregistrés. A terme, nous serons les plus compétitifs dans le bassin méditerranéen avec cette vision. C’est d’ailleurs ce qui a attiré PSA vers le Maroc. Aujourd’hui, PSA s’est engagé en tant que partenaire de la filière automobile, voire même de la filière industrielle. Ce qui s’explique par leur vision en Afrique à travers le Maroc. D’ailleurs,  le Maroc sera l’une des grandes plateformes industrielles de la stratégie PSA de 1 million de voitures vendues en Afrique et au Moyen-Orient. Nous sommes en train de gagner en maturité.

- Est-ce que la filière des équipementiers est prête à relever le défi des standards PSA, le cahier des charges, la taille critique…?
- Les écosystèmes qui marchent sont conçus comme une culture bactérienne.  Nous avons commencé par s’attaquer au secteur des faisceaux de câbles après l’avoir structuré. Nous avons identifié tous les prérequis et nous l’avons cadré avec les besoins des clients. Nous avons également mené l’identification en termes de métiers, de sous-traitants existants, les métiers manquants… A partir de là, nous avons développé une stratégie 2020. Aujourd’hui, la quasi-totalité de cette stratégie est là. Il nous manque les connecteurs que nous achetons pour 3 millions d’euros/an. Nous avons décidé d’intégrer ce métier et toute la filière a pesé sur le sous-traitant pour venir s’implanter au Maroc. Ce fournisseur américain a décidé de s’implanter au Maroc et a lancé sa 1re usine. Il avait planifié une 2e usine dans 2 ans dont les travaux ont été avancés compte tenu de la demande. Pour le cuivre, nous avons fait intervenir un concurrent qui est en train de construire son usine. Nous avons également identifié 2 câbleurs allemands qui n’étaient pas présents au Maroc. L’un des deux construit actuellement son usine à Kénitra. Il compte créer 2.500 emplois.  Parallèlement, nous sommes en plein développement de la filière powertrain (bloc moteur). La différence avec Renault est que nous ne sommes pas dans la simple intégration, nous avons aujourd’hui un marché régional. L’Amica a  négocié les coûts logistiques depuis la sortie de l’usine au Maroc jusqu’aux livraisons en Europe. Des discussions qui ont intégré le port TangerMed, les transporteurs, les armateurs. Ce qui nous a permis de détailler les coûts un par un et réduire les frais logistiques d’à peu près 40%.

- L’objectif de 1 million de véhicules implique un 3e, voire un 4e constructeur. A-t-on les moyens de nos ambitions?
- Nous avons aujourd’hui deux constructeurs partenaires qui auront une capacité installée de 600.000. A l’avenir, il n’est pas impossible qu’il y ait un 3e constructeur. Mais nous ne voulons pas en rester là. Nous ambitionnons d’attirer un 4e, voire un 5e constructeur. Actuellement, le secteur enregistre 50 milliards de DH avec le constructeur installé (Ndlr. Renault) et les équipementiers. Nous avons un potentiel de croissance phénoménal. Avoir 2 constructeurs n’est qu’un début. Nous avons de quoi atteindre entre 100 et 120 milliards de DH de chiffre d’affaires à l’export à l’horizon 2020-2021. C’est déjà énorme lorsque l’on sait que c’est presque l’équivalent du déficit de la balance commerciale. C’est ce qui fait que l’automobile est érigée en secteur stratégique et structurant.

- Après le câblage, tissage, powertrain, sièges, batterie… Quels sont les prochains écosystèmes en préparation pour aller vers une intégration en profondeur  et consolider les acquis?
- Nous avons commencé volontairement par mettre en place 4 écosystèmes pilotes sur les lesquels nous avons construit la maturité pour mieux se développer ensuite. Après les écosystèmes matures, nous sommes passés aux écosystèmes naissants comme le powertrain. Il y a des écosystèmes inexistants que nous avons déjà dans le viseur et qui sont en train de monter progressivement. S’ensuivent les écosystèmes acteurs, qui se constitueront autour de multinationales implantées au Maroc dont certaines fabriquent le tiers d’une voiture et se retrouvent à cheval entre plusieurs écosystèmes. L’objectif est que ces entreprises se déploient au Maroc avec tous leurs métiers et qu’elles se développent dans des écosystèmes multi-métiers dédiés.
Propos recueillis par
Amin RBOUB & Amine ATER

 

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