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Analyse

Industrie automobile
Filières: Ces petits détails à fignoler

Par Amin RBOUB - Amine ATER - | Edition N°:4729 Le 15/03/2016
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Les atouts de la plateforme Maroc et les défis techniques
Le tir groupé des écosystèmes et les impératifs de convergence
Zoom sur les industries matures au cas par cas
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Au-delà de la capacité installée de 600.000 véhicules, le Maroc se doit de capter au moins deux autres constructeurs pour des considérations de taille critique (1 million de véhicules dès 2020)

Comment produire 1 million de véhicules à l’horizon 2020? C’est l’objectif que s’est fixé le département de l’Industrie pour «relever le défi d’enraciner durablement l’activité automobile au Maroc». En plus des acquis (400.000 véhicules chez Renault avec 42% d’intégration actuellement et 200.000 chez PSA avec 80% d’intégration locale  à terme), la plateforme de production Maroc devra s’assurer la production de 400.000 autres voitures supplémentaires. Tout le défi est là! Il en va de  la durabilité des filières et des emplois! Pour y arriver, il va falloir accélérer le déploiement des écosystèmes en place, les performances de productivité et surtout attirer un 3e voire un 4e constructeur. Des négociations avancées sont enclenchées avec plusieurs opérateurs, mais dans la plus grande discrétion. Aujourd’hui, le défi est de capter d’autres références solides  pour faire du site Maroc une base arrière de sourcing pour l’Europe. Sur ce registre, PSA a déjà chiffré la compétitivité du sourcing à partir du Royaume. L’on parle d’un potentiel et d’un objectif de performance de produits de 20% moins chers que ceux en provenance de l’Europe de l’Ouest. Sur les composants, «l’objectif est d’arriver à 120 milliards de DH à l’export d’ici 2021», tient à préciser Hakim Abdelmoumen, président de l’Association marocaine de l’industrie automobile. C’est dire que le made in Maroc séduit déjà. Non seulement l’offre exportable n’a plus rien à envier au made in Europe en termes de qualité, mais elle peut aussi être plus compétitive en termes de coûts. De l’avis même de constructeurs de renom, les atouts de la plateforme industrielle sont multiples au Maroc. La compétitivité du bassin de sourcing local, la qualité de la main-d’œuvre, la stabilité des conditions macro-économiques, le potentiel sur l’optimisation logistique, la qualité des mécanismes et dispositifs mis en place par l’Etat, les ambitions de la filière…

Tout plaide en faveur de l’émergence d’une industrie automobile locale qui n’a rien à envier aux modèles espagnol, turc, polonais, hongrois, roumain… D’ailleurs, l’opérationnalisation des écosystèmes devrait permettre la création de plus de 90.000 emplois d’ici 2020.
Mais il y a aussi le prisme du verre à moitié vide. Sur ce registre, des experts relèvent l’impératif d’une ascension accélérée dans la chaîne de valeur, une montée en gamme et une orientation vers des métiers encore plus pointus ainsi que la diversification des produits. Pour optimiser le process industriel, il va falloir développer l’électronique embarquée, les châssis, les moteurs… C’est là vraiment la partie «noble» qui représente plus de 60% dans le coût de fabrication d’un véhicule. L’autre défi consiste à aller vers une intégration en profondeur, de manière à ratisser plus large jusqu’aux matières premières (acier, plastique, tissus techniques, matériaux composites…). Plus important encore, le Maroc devra opérer des gisements d’amélioration dans la logistique. L’intérêt étant d’améliorer l’efficience de la chaîne et la connectivité des sites de production, de réduire davantage les coûts de fret ou encore pouvoir livrer dans des délais courts un peu partout en Europe, voire ailleurs dans le monde! Le schéma d’une zone logistique à TangerMed pour la livraison just in time sera d’ailleurs dupliqué à Kénitra. «Nous sommes appelés à développer une offre importante pour fluidifier les livraisons aux constructeurs», relève un professionnel.  Sur la logistique, le défi est aussi d’alléger le coût du foncier locatif.

L’Etat et la filière sont également très attendus sur la qualité des ressources humaines. Autant la main-d’œuvre bon marché est disponible, autant le middle management se fait  rare. Les cadres moyens ne courent pas les rues. Ce qui implique la mise en place de modules de formation intermédiaires, la montée rapide de process et des capacités de production pour plus de taille critique et d’économies d’échelle induites par l’effet volume. Il y a aussi l’urgence de développer l’expertise au niveau local via la conception, tests et validation de produits. Un centre dédié est en cours de création avec les industriels. In fine, le secteur sera jaugé à l’aune de la qualité des emplois créés et de transfert de savoir-faire. L’objectif est d’arriver à 165.00 postes d’ici 2020 dans l’ensemble du secteur.  Malgré ces quelques réserves et les défis à surmonter, l’optimisme reste de mise. Le site Maroc a mis toutes les chances de son côté via le lancement effectif des premiers écosystèmes. Une politique qui vise à faire jouer le maximum de synergies entre plusieurs activités et autour de gros donneurs d’ordre, une sorte de locomotive. «Notre démarche consiste à installer une logique de vases communicants, pour plus de synergies, les impératifs de taille critique et surtout optimiser au maximum le croisement pour des considérations de volume», explique  Abdelouahed Rahal, chef de la division industrie automobile au ministère de tutelle. Sur la vision des écosystèmes, il y a deux périmètres: L’un tiré par des constructeurs implantés au Maroc (Renault-Dacia et PSA Peugeot Citroën). L’autre est porté par des constructeurs basés en Europe et qui optent pour le sourcing de composants à partir du Maroc.  Le chantier des écosystèmes est stratégique pour l’avenir industriel du Maroc. C’est une vision montée de toutes pièces et déployée avec les opérateurs, les industriels, les fédérations, l’Amica...  Le tout sous l’œil vigilant d’un comité de pilotage et un groupe de travail avec les industriels. Pour consolider les acquis, des experts recommandent des diagnostics périodiques et des bilans d’étape afin d’évaluer les niveaux de maturité, identifier des besoins spécifiques, voire opérer des réajustements.

Volkswagen, Ford, Seat…

«Avec 1 milliard d’euros de sourcing, la conception, l’intégration locale PSA va générer 35 milliards de DH d’exportations pour le Maroc», confie Hakim Abdelmoumen, président de l’Amica, à L’Economiste. Au-délà des constructeurs (Renault-Dacia   et PSA Peugeot Citroën) avec une capacité de 600.000 véhicules à terme, le secteur devra capter d’autres constructeurs opérant au sud de la Méditerranée. Un gros marché qui représente 2,3 millions de véhicules par an! Des négociations avancées ont été menées avec des constructeurs de renom pour l’approvisionnement en composants à partir du Maroc. Il s’agit   notamment de Ford, Seat, Volkswagen… C’est presque acquis. S’y ajoute Nissan, qui devra  un jour opter pour le Maroc compte tenu de l’alliance avec le constructeur au losange.

 

 

 

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