×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Lahlimi: «2016 et 2017 seront difficiles»

    Par L'Economiste | Edition N°:4697 Le 29/01/2016 | Partager
    Le HCP prévoit un taux de 1,3% contre 3% pour le gouvernement
    L'investissement poursuit sa tendance baissière
    Faible contribution des activités non agricoles

     

    vide

    La croissance ne dépassera pas le cap de 1,3% cette année et la reprise ne risque pas d'être au rendez-vous en 2017. Le Haut commissariat au plan reste pessimiste pour 2016 et aussi 2017. Ce niveau de croissance reste en dessous des prévisions du gouvernement (3%) et d'autres institutions internationales comme la Banque mondiale (2,7%). De quoi relativiser le bilan gouvernemental à quelques mois des échéances électorales!
    Anticipant les critiques que ses prévisions soulèvent, Ahmed Lahlimi, Haut commissaire au plan souligne que les risques d'erreurs "ne dépassent pas 0,3 point" rappelant aussi au passage que le HCP est chargé d'établir "une radiographie du pays".  
    La faible croissance attendue en 2016 est la conséquence directe du repli de l'activité agricole de 12,7%. La campagne agricole serait en dessous de la moyenne et équivalente celle des années sèches comme 1995 et 2007. Aussi, la valeur ajoutée agricole baisserait à 10,2% et ce, même si l'effet sécheresse devrait être amorti par l'amélioration des cultures irriguées et de la production arboricole.
    Cette faible croissance est également attribuée à la modeste performance des activités non agricoles: celles-ci devraient évoluer de 2,2% seulement. Car malgré les plans sectoriels et les grands projets, l'effet d'entraînement tarde. Les données du HCP rendent compte d'un ralentissement de l'activité non agricole entamé depuis 2012: entre 2004 et 2012, leur évolution est passée de 4,7% par an à 2% entre 2013 et 2015. Cela s'explique par une forte décélération des activités tertiaires qui constituent 66% de la valeur ajoutée non agricole. "Les services financiers, immobiliers et les services rendus aux entreprises, qui renvoient aux branches modernes de l’économie, ont le plus contribué à cette décélération", souligne Lahlimi.  Leur progression est passée de 5,9% en moyenne entre 2004 et 2012 à 1,8% en 2015. Les services non marchands ont également subi "les effets de la rigueur budgétaire" et ont manqué de "vigueur".   "Nous sommes plus dans une gestion comptable du cadre macro-économique pour réduire les déficits. La politique monétaire cible la maîtrise de l'inflation alors que la politique budgétaire vise la réduction du déficit. Où sont les  instruments de la politique monétaire et budgétaire pour dynamiser l'économie", s'interroge Ayache Khellaf, directeur de la Prévision et de la Prospective au HCP.
     Pour le HCP, la demande intérieure continuerait également à ralentir. D'abord en raison du faible rythme d'évolution de la consommation (2,9%), soit le niveau le plus bas enregistré au cours des huit dernières années. Ensuite, l'effort d'investissement reste moins soutenu impactant aussi la consommation des ménages et celle de l'administration.  L’investissement brut s’inscrit sur la même tendance baissière  amorcée en 2012:  29,6% du PIB en 2016 contre 34,7% en 2013. Cette tendance concerne en particulier les investissements des entreprises surtout que les financements sont moins attractifs. Le taux d’accroissement annuel moyen des crédits bancaires a baissé à 3,6% entre 2012-2014 alors qu'il était à 6% en 2009-2011. D’où les inquiétudes des autorités monétaires et du patronat? (Voir L'Economiste du 28 janvier 2016).
    "L’investissement est un facteur stratégique d'amélioration durable de la croissance et de l’emploi. Or  l’atténuation du déficit budgétaire se réalise par un relâchement de l’effort de l’investissement public sans que le capital privé ne prenne significativement le relais", constate Lahlimi. Pour lui, même la politique monétaire, confortée par une situation internationale favorable, ne contribue pas à la redynamisation de l’activité non agricole.  Il appelle ainsi à "dépasser le stand-by puisque 2017 risque d'être difficile".

     

    Les menaces de la conjoncture agricole

    Le secteur agricole continuera à marquer une grande sensibilité aux conditions climatiques et à impacter la croissance. Pour le HCP, les métiers mondiaux du Maroc ne parviennent pas encore à créer un effet d'entraînement sur l'appareil productif et à relever substantiellement la valeur ajoutée du PIB non agricole. Lahlimi met en garde contre les menaces que fait peser la conjoncture agricole sur l’état du cheptel, de l’emploi, du revenu et des conditions de vie des populations rurales ainsi que sur les ressources hydrauliques. Celles-ci pourraient connaître de "réelles tensions".

    Verbatim

     

     Ahmed Lahlimi

    ■ «A ma nomination, le Souverain m'a chargé d'établir la radiographie du pays».  
    ■ «Il faut des inflexions sérieuses de la politique économique, financière, monétaire et de la politique sociale. Et ce, quelle que soit la clémence des conditions climatiques à venir».
    ■ «Le budget de l'Etat peut améliorer la croissance à travers deux leviers, la fiscalité et les dépenses ainsi que la politique d'investissement».  
    ■ «Nous n'alertons pas le gouvernement puisque nous sommes déjà au mois de mars mais les citoyens et les opérateurs pour qu'ils s'organisent».

     

    K. M.
     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc