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    Economie

    Ordre des médecins: La course aux réformes

    Par L'Economiste | Edition N°:4589 Le 17/08/2015 | Partager
    Couverture sociale, formation continue, nouveau code déontologique,…
    40 millions de DH pour accompagner la restructuration de l’instance

    Pour valoriser le médecin généraliste, le schéma que défend l’institution est de rendre obligatoire le passage chez le généraliste, qui lui, orientera le patient vers le spécialiste
     

    «Ce sont toutes les fondations du temple qu’il a fallu reconstruire». Porté à la tête de l’Ordre des médecins en septembre 2014 au terme de la première élection démocratique de l’institution (NDLR: Avant, le président de l’Ordre des médecins était nommé par dahir), Dr El Houssain Maaouni, s’est engagé dans une rafale de chantiers: mise à niveau des Conseils régionaux, dépoussiérage de l’administration, inventaire des actifs, mobilisation des ressources financières, repositionnement de l’Ordre auprès des institutionnels, nouveau règlement intérieur, assurance maladie, etc.
    De son bureau à Rabat dans un bâtiment jouxtant le CHU, le toubib justifie le choix de cette stratégie du canon: «Pour que la profession se mobilise, il faut qu’elle touche rapidement les dividendes des changements que nous menons».
    L’homme a la baraka. Après plusieurs semaines de négociations avec le gouvernement, l’Ordre a décroché une subvention d’investissement de 40 millions de dirhams décaissable en deux tranches. La première interviendra dès cette année, et la seconde en 2016. Cet argent sera prioritairement affecté à la «mise à niveau» des huit Conseils régionaux. Chacun sera enfin installé dans un local «digne de la profession» et doté du matériel et d’un personnel permanent pour assurer le suivi de l’activité au niveau régional. Les appels d’offres sont en cours de préparation et devraient être lancés incessamment. Même le siège du Conseil national de l’Ordre doit être assaini juridiquement. Le foncier sur lequel se trouvent ses locaux à Rabat n’est pas encore immatriculé. S’il y réside depuis des années, l’Ordre ne dispose pas de titre de propriété de son siège. Des négociations sont engagées avec la direction des Domaines pour régulariser la situation.
    Malgré le soutien du Chef du Gouvernement, les tractations ont été difficiles. En échange de l’effort fait par la collectivité, le ministère du Budget et la Direction Générale des Impôts (DGI) ont exigé plus de transparence des revenus de la profession, notamment les praticiens du secteur libéral. L’Ordre ne peut pas faire plus que sensibiliser ses membres sur le civisme fiscal et insister sur la nécessité de la traçabilité de revenus. Mais le fisc lui, ne s’en accommodera pas. Il devrait intensifier la chasse à l’assiette qui lui échappe encore dans le secteur médical privé. Le Conseil national de l’Ordre a donné l’exemple. Pour la première fois, il vient d’obtenir un identifiant fiscal auprès de l’administration des impôts. Mais l’IR sur les salaires du personnel permanent (17,13 millions de DH  en 2015) est régulièrement payé.

    Des chantiers en rafale
    ■ Couverture sociale: L’assurance-maladie des médecins du secteur libéral est un des chantiers stratégiques aujourd’hui ouvert «et de la plus haute importance», complète le président de l’Ordre. L’instance participe activement aux travaux du montage de l’assurance maladie des indépendants. Elle tient d’autant plus à l’accélération de cette réforme que des cas de praticiens atteints de pathologies graves se sont retrouvés en insécurité. Après instruction, le Secrétariat Général du Gouvernement (SGG) a demandé au gouvernement de dissocier le texte de l’assurance maladie de celui de la retraite. Par ailleurs, il reste à définir les critères d’éligibilité et les professions qui seront prioritaires.
    ■ Révision de la nomenclature des actes médicaux : L’Ordre est en première ligne dans ce chantier structurant et multiplie des réunions avec l’Agence nationale de l’assurance maladie (Anam). Reste à obtenir de nombreux syndicaux de la profession d’harmoniser leur position sur un dossier ultra sensible. Car la mise à jour de la nomenclature impliquera des incidences sur la tarification. Dans cette réforme, toute la science sera de trouver une mouture où tout le monde sera gagnant. Pas sûr.
    ■ Convention avec la CNOPS: Les relations entre le gestionnaire de l’assurance maladie des fonctionnaires et les prestataires privés des soins (surtout les cliniques) sont bien plus apaisées aujourd’hui qu’il y a quelques années. La dernière convention conclue avec les syndicats des cliniques privées devrait encore détendre l’atmosphère entre les deux parties. La CNOPS s’engage à délivrer la prise en charge des assurés dans un délai maximum de 48 heures. L’Ordre a joué les intermédiaires.  
    ■ Déontologie et éthique: L’Ordre accélère les travaux de préparation et d’élaboration d’un nouveau code de déontologie de la profession médicale. Un document qui intègrera les évolutions les plus récentes au niveau international.
    ■ Parcours des soins: S’il arrive à revaloriser le médecin généraliste comme il le prévoit dans son plan stratégique, l’Ordre des médecins aura alors réussi l’une des réformes les plus importantes de ces dernières années. Le schéma que défend l’institution est de placer le généraliste au cœur de la chaîne. Il s’agit de rendre obligatoire le passage chez le généraliste, qui lui, orientera le patient vers le spécialiste. C’est toute une révolution culturelle qu’il faudra réussir.
    A. S.

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