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    Economie

    L’Ordre des médecins se remet en ordre

    Par L'Economiste | Edition N°:4589 Le 17/08/2015 | Partager
    Sur la déontologie et l’éthique, il faut être sans concession, assure le président
    Contre les déserts médicaux, activons des mécanismes d’incitations
    «On doit réussir la revalorisation du médecin généraliste»

    Dr El Houssain Maaouni est le premier président de l’Ordre des médecins élu depuis la création de cette institution.  Il est en poste depuis septembre 2014

    - L’Economiste: L’opinion a parfois le sentiment qu’il règne une certaine auto-protection, voire de l’impunité au sein de votre profession…
    - El Houssain Maaouni:
    La population peut avoir son avis, mais je peux vous assurer qu’il n’y a pas d’esprit de corps ou une quelconque volonté de couvrir des fautes professionnelles des médecins lorsqu’elles sont avérées. C’est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît. Les instances ordinales font leur travail avec éthique et responsabilité. Bien sûr que les choses sont perfectibles. Pour les fautes médicales, que je préfère qualifier d’aléas médicaux, la victime peut saisir la justice ou s’adresser à l’Ordre. C’est vrai que j’ai trouvé des dossiers en souffrance pour lesquels peut-être, le traitement n’a pas été aussi diligent qu’il n’aurait été. D’où cette idée d’auto-protection. Il ne doit pas y avoir de faiblesse, ni de complaisance sur des questions d’éthique et de déontologie. C’est une priorité absolue du Conseil national. Nous disposons de commissions régionales qui constituent une première instance dans le domaine d’éthique et de déontologie. L’appel se fait au niveau national. Il y a aussi des dossiers qui sont traités par le ministère de tutelle dans le cadre de prérogatives spécifiques, et transférés à l’Ordre. A mon arrivée en septembre 2014, j’ai trouvé 70 plaintes en instance.
    - Que font les instances ordinales face à la prolifération des certificats médicaux de complaisance? Le ministre de l’Education s’en était plaint à cause de l’absentéisme des enseignants.
    - Nous menons des actions de sensibilisation dans ce sens. Nous avons proposé de mettre en place une commission pour authentifier les pathologies lorsque les certificats dépassent 21 jours. C’est l’un des problèmes dont nous avons hérité et nous sommes déterminés à nous y attaquer. Mais il ne faut pas non plus généraliser. Le phénomène de certificats de complaisance existe, mais la majorité des milliers de ceux qui sont délivrés chaque année, sont justifiés. Ceci étant, il y a un travail à faire pour revaloriser ce document.
    - La revalorisation du médecin généraliste est une de vos priorités. Mais comment motiver les praticiens du public avec moins de 7.000 DH bruts par mois?
    - Ces questions salariales relèvent plutôt du ministère de la Santé. Et c’est aux syndicats de défendre les professionnels sur ce dossier. En revanche, en tant qu’Ordre, nous pouvons pousser au respect du parcours des soins de manière à remettre le médecin généraliste au cœur du système des soins. Pour l’assurance-maladie par exemple, l’on devrait exiger que le patient passe d’abord chez un généraliste qui lui, l’orientera ensuite chez un spécialiste. Cela revaloriserait le rôle du médecin généraliste.
    - L’Ordre a-t-il une vision pour lutter contre les déserts médicaux en milieu rural?
    - Là aussi, cela ne relève pas des prérogatives de l’Ordre, mais de la politique de santé du gouvernement. Si on nous demande notre avis, nous pourrions avancer des propositions. Parmi les solutions, le gouvernement peut par exemple ouvrir des postes par région, sans possibilité de mobilité. C’est un avis personnel qui n’engage pas l’Ordre. Le ministère de tutelle peut également imposer aux investisseurs qui veulent ouvrir des cliniques privées dans les grandes villes de mettre en place des petites unités dans le monde rural. Il peut être aussi envisagé un système d’incitations au profit des médecins, notamment en termes de logement, de scolarisation des enfants…
    - Avec quelles ressources fonctionne votre institution?
    - L’Ordre des médecins dispose d’un budget ordinaire alimenté par les cotisations des 22.399 membres (NDRL: nombre de médecins inscrits à l’Ordre), en plus d’une subvention publique de 2 millions de dirhams que nous avons réussi à porter cette année à 5 millions. Par ailleurs, nous avons déclenché le recouvrement des arriérés de cotisations. Tous les confrères qui ne sont pas à jour de cotisations ont été relancés afin de régulariser leur situation. Les premiers résultats sont encourageants.
    - Plusieurs sondages d’opinion ont relevé que la Santé était l’un des services publics les plus corrompus. Qu’est-ce que cela vous inspire?
    - Si une instance nationale de lutte contre la corruption a été mise en place, c’est qu’il y a effectivement un problème. Dans le secteur de la santé ou ailleurs, je suis partisan de la tolérance zéro pour mener ce combat. Mais dans un acte de corruption, il y a un corrompu et un corrupteur. C’est un problème qu’il faut traiter par la  sensibilisation, pour que les citoyens soient au fait de leurs droits et obligations.
    Propos recueillis par
    Mohamed Ali MRABI

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