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Les Cahiers de l'Émergence

Les leçons du «modèle» nord-américain

Par L'Economiste | Edition N°:4106 Le 05/09/2013 | Partager
L’accompagnement et le tutorat, essentiels pour développer l’autonomie
L’anglais, incontournable pour une meilleure employabilité
Les universités européennes migrent vers ce type d’enseignement

Ahmed Legrouri, vice-président des Affaires académiques à l’Université Al Akhawayn, insiste sur l’importance de l’autonomie que doivent véhiculer les méthodes pédagogiques. Par ailleurs, dit-il, l’anglais ouvre des opportunités à l’international

- L’Economiste: Quels enseignements peut-on tirer du «modèle» américain?
- Ahmed Legrouri: Le modèle nord-américain est un système de crédit. C'est-à-dire qu’il permet à l’étudiant d’avancer dans ses études tout en retentant sa chance dans les matières qu’il n’a pas réussies. C’est un modèle assez flexible. L’étudiant a même la possibilité d’aller étudier à l’étranger et de valider ses modules dans d’autres établissements, à condition qu’il y ait une certaine compatibilité des modules. Par ailleurs, le modèle US est basé sur le «Liberal art». Un système où tous les étudiants suivent un cours de culture générale et s’engagent dans des activités extrascolaires culturelles et sociales. L’autre élément incontournable de ce modèle, c’est la responsabilité et l’autonomie. L’étudiant doit être en mesure de travailler seul, le professeur n’est qu’un guide qui l’accompagne. L’objectif est de former un citoyen.
- Quels sont ses avantages et quelle est la différence avec le modèle européen?
- La langue est le premier avantage incontournable du modèle nord-américain. Aujourd’hui, nous ne pouvons pas nous ouvrir sur d’autres marchés ou les pénétrer sans maitriser l’anglais. D’ailleurs, même les pays européens ont compris que l’anglais est devenu un sésame pour le monde du business. Plusieurs universités européennes offrent des formations  de bachelor ou master en anglais.
En outre, il s’agit d’un modèle intégré, c'est-à-dire que toutes les disciplines sont enseignées au sein du même campus. Ceci favorise l’interaction entre le corps enseignant des différentes branches, les étudiants et même l’administration. Il permet des synergies en matière de formation et de recherche scientifique. Un contexte qui facilite l’adoption du mode «Liberal art». Les interactions créées entre les différents pôles permettent de former des lauréats polyvalents. D’ailleurs, aux Etats-Unis, un étudiant disposant d’un bachelor (bac+4) en mathématiques peut accéder à un master en philosophie. La seule condition, c’est qu’il accepte de poursuivre des cours de mise à niveau afin d’acquérir les pré-requis nécessaires. Le modèle européen ne prévoit pas un tronc commun permettant une formation générale touchant à toutes les disciplines. Les étudiants se spécialisent et se cantonnent à leur spécialité. Or, dans le modèle nord-américain, tous les étudiants doivent prendre des cours dans des matières qui ne relèvent pas de leur branche.
- Est-il possible de le dupliquer au niveau de l’université marocaine?
- Il est vrai que l’université publique a introduit un élément qui s’approche des composants du modèle nord-américain. Il s’agit notamment des cours de langues, de communication, de math et d’informatique qui sont enseignés à toutes les spécialités. Mais, le fait que la plupart des universités ont des facultés dispersées pose un problème. Un modèle nord-américain repose essentiellement sur la notion du campus intégré.
- Al Akhawayn a-t-elle assimilé ces recettes?
- Oui, Al Akhawayn adopte une pédagogie et un modèle d’enseignement US. Elle suit le mode «Liberal art» où tous les étudiants prennent un tronc commun stimulant leur ouverture d’esprit. Méthodes d’apprentissage, langues, histoire, philosophie, religions comparées, math, informatique… une panoplie de matières qui permettent une diversité de connaissances. Ce système met aussi l’accent sur l’initiative individuelle. D’ailleurs, il n’y a pas de travaux dirigés.
- Quelles sont les difficultés que rencontrent les étudiants en première année ?
- L’autonomie est l’un des premiers soucis que rencontre l’étudiant après le bac. Au lycée, l’élève a pris l’habitude d’un cours où le professeur est le formateur. A l’université, il s’agit beaucoup plus de l’étudiant qui doit prendre l’initiative afin de faire des travaux de recherche ou trouver des exercices, etc. Il n’est pas facile de permuter d’un système marocain à un système américain. S’adapter à un manuel de chimie ou de mathématiques… suivre des cours en anglais n’est pas facile non plus. Il faut dans un premier temps maitriser la langue. C’est la raison pour laquelle les cours de math en anglais contiennent beaucoup de texte, alors que les étudiants ont pris l’habitude de se focaliser sur les chiffres.


Propos recueillis par  Rajaa DRISSI ALAMI

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