×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Les Cahiers de l'Émergence

Formation professionnelle
Le public choyé, le privé écrasé

Par L'Economiste | Edition N°:4106 Le 05/09/2013 | Partager
La conjoncture politique bloque la stratégie 2020
Le privé tourne à 50% de ses capacités
300 établissements ont fermé en raison de difficultés financières

Abdesslam Benahra, président de la Fédération marocaine de l’enseignement professionnel privé (FMEP): «Des investissements colossaux sont consentis par l’Etat pour ouvrir de nouveaux établissements, alors que le secteur privé n’utilise que 50% de sa capacité en places pédagogiques»

Les opérateurs privés de la formation professionnelle sont dans l’impasse. En attendant le lancement de la stratégie 2020, beaucoup ont du mal à maintenir leur activité. Ils dénoncent notamment la «concurrence déloyale» de l’OFPPT, principal opérateur public, ainsi que le manque de coordination sur les formations à lancer. Résultat des courses, une offre en décalage avec les besoins du marché de l’emploi. Abdes-slam Benahra, président de la Fédération marocaine de l’enseignement professionnel privé (FMEP) fait le point sur le secteur. 

- L’Economiste: Comment évolue aujourd’hui le secteur de la formation professionnelle privée?
- Abdesslam Benahra: La demande est forte, puisque beaucoup de jeunes cherchent des formations leur permettant d’intégrer rapidement la vie active. Malheureusement, l’offre de formation ne se fait pas dans le cadre d’une concertation entre les secteurs public et privé. L’OFPPT, dont la vocation première est d’assurer la formation continue des salariés, s’est largement positionné ces dernières années sur la formation initiale, et plus particulièrement sur les métiers du tertiaire, notre spécialité. Nous avions saisi le Conseil de la concurrence à sa création pour concurrence déloyale de l’Office et il nous avait donné raison. Je rappelle que le privé permet à l’Etat de réaliser 1 milliard de DH d’économies par an sur le budget éducation-formation. Il emploie aussi plus de 14.000 salariés. Nous recevons, par ailleurs, chaque année près de 10.000 jeunes bacheliers de l’Afrique de l’Ouest. Mais actuellement, le secteur est en déclin. Quelque 300 établissements ont récemment mis la clé sous la porte, et plus de 600 emplois ont été perdus. Nos effectifs sont passés de 85.000 à près de 65.000 en 2012. Le privé  est en récession de 10%, alors que l’OFPPT est en croissance de 13%. Nous ne sommes pas contre un secteur public fort, mais le fait est que l’on mène une stratégie qui va mettre en échec le secteur privé.
Des investissements colossaux sont consentis par l’Etat pour ouvrir de nouveaux établissements, alors que le secteur privé n’utilise que 50% de sa capacité en places pédagogiques. Nous appelons l’Etat à nous concéder une part de la formation professionnelle par appels d’offres ou par un partenariat public-privé.
 - Qu’est-ce qui a changé depuis la présentation de votre livre blanc en 2011?
- Il ne peut pas y avoir d’avancées tant que le système ne bouge pas.
A titre d’exemple, les entreprises financent la formation professionnelle via la taxe de formation professionnelle (TFP), mais elles se retrouvent à devoir construire et financer leur propre centre de formation, comme ce fut le cas pour Addoha dans le secteur du BTP. La formation professionnelle, publique et privée, n’a pas su répondre à ce besoin, car nous ne savons pas travailler ensemble. L’OFPPT s’apprête aujourd’hui à ouvrir 20 nouveaux établissements et former un million de jeunes d’ici 2017, sans aucune concertation avec le secteur privé.
Par ailleurs, en ce qui concerne l’évaluation de la qualité de formation, l’OFPPT ne subit aucun audit externe, contrairement aux opérateurs privés. Il peut aussi lancer des filières ipso facto reconnues et accréditées la même année, alors que dans le privé le processus d’accréditation prend 3 ans.
 - Qu’en est-il du contrat-programme que vous avez proposé?
 - Nous étions, en fait, sur une dynamique très positive, mais la conjoncture politique actuelle a fait que tout s’est brusquement ralenti. Après le déclenchement du plan d’urgence en 2008, la subvention du tiers de la formation par l’Etat et la présentation de notre livre blanc en 2011, une étude pour la nouvelle stratégie de développement de la formation professionnelle à l’horizon 2020 a été lancée. Le diagnostic recommande des contrats-programmes à réaliser avec l’ensemble des opérateurs, publics et privés. L’étude suggère également la création d’une agence nationale de régulation et de coordination, un observatoire national de l’emploi, ainsi que des structures de formation à capital mixte, public-privé. Le dossier de la stratégie 2020 a été bouclé et présenté aux plus hautes autorités de l’Etat. Nous y fondons d’énormes espoirs.

 Propos recueillis par Ahlam NAZIH

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc