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Les Cahiers de l'Émergence

Entretien exclusif
Daoudi trace les lignes de la réforme de la réforme

Par L'Economiste | Edition N°:4106 Le 05/09/2013 | Partager

«L’université doit être correctement servie en foncier par les villes, sinon elle n’ira pas s’y installer», prévient Lahcen Daoudi

La loi 01-00, revue et corrigée, sera livrée d’ici le printemps prochain (mars), pour entrer en vigueur à la rentrée 2014-2015. De nombreux changements se préparent: Le système LMD en médecine, l’allègement des cours pour les étudiants, l’activation de l’Agence d’évaluation de l’enseignement supérieur,… Le ministre de l’Enseignement supérieur, Lahcen Daoudi, livre les grands axes de la réforme de la réforme.

 

- L’Economiste: Vous attendez-vous cette année encore à des marées humaines dans les universités?
- Lahcen Daoudi: Je pense que cette année sera moins difficile, parce que nous nous y sommes préparés. Il y a eu des constructions là où il le fallait. A Agadir, par exemple, nous avons près de 9.000 places nouvelles. Nous aurons aussi en cours d’année les 25 amphis développés avec la CGI. Cependant, à Marrakech, nous avons encore des problèmes, car il n’y a  pas un seul m² pour construire. C’est la raison pour laquelle nous avons acquis 165 ha à Tamansourt, dans l’objectif de construire un grand campus. Même problème à Rabat, nous essayons de prendre 100 ha à Tamesna, en plus de 100 ha à Fès.
Nous avons besoin de grands campus, avec des restaurants, des hôtels, des laboratoires, des théâtres,… bref, de véritables villes.

- Au total, combien de nouvelles places seront disponibles à la rentrée?
- Nous aurons quelque 35.000 palces. Notre grande difficulté reste le foncier. Prenez l’exemple de Témara où il n’y a pas un m² de disponible. Il faut savoir que près de 43% des étudiants de la Faculté de droit de Rabat-Souissi viennent de Témara.
J’en appelle aussi aux élus locaux, car souvent les universités sont les dernières à être servies en foncier. Je donne toujours l’exemple de Taza. La polydisciplinaire de la ville a eu droit à environ 4,5 ha à côté d’un fleuve qui expose la faculté à des risques d’inondation, alors que les spéculateurs ont hérité des meilleurs terrains. Maintenant c’est fini! L’université doit être correctement servie, sinon elle ne s’installera pas dans la ville concernée. A El Kelaâ des Sraghna, nous nous sommes mis d’accord sur 40 ha.
A Agadir, nous avons négocié 39 ha pour la Faculté de médecine. Pour celle de Tanger, nous avons eu droit à 30 ha.  Nous ciblerons dorénavant au moins une centaine d’hectares dans les grandes villes et autour de 50 ha dans les villes moyennes.

- Comment comptez-vous faire face à la vague de départs des enseignants à la retraite? Certains l’estiment à plus de 60% en 2015...
- Pas du tout, ce chiffre est exagéré. Nous aurons au maximum 20% de départs à la retraite. C’est la génération des années 70 et début 80 qui part. Et ça reste maîtrisable, nous pourrons assurer la relève. Figurez-vous que nous avons plus de 3.000 docteurs dans l’administration. Pour quelle raison y ont-ils été insérés alors que l’université en a besoin?! Nous avons par exemple retrouvé un docteur en nanotechnologie dans l’administration pénitentiaire. Que fait-il là-bas?! Nous avons accordé des postes budgétaires aux universités afin qu’elles puissent les recruter. 

- Mais comment retenir à la base les doctorants dans l’université?
-  C’est possible grâce à la réintroduction de l’assistanat. Les doctorants et les étudiants en master doivent bénéficier d’un statut, devenir titulaire au sein de l’université, tout en y préparant leur diplôme. Cela fait partie des chantiers de la réforme de la loi 01-00 relative à l’enseignement supérieur.

- Justement, où en êtes-vous concernant cette réforme?
- Cette réforme pédagogique, qui découle d’une approche participative, aurait pu rentrer en vigueur cette année en octobre. Mais comme la réflexion n’était pas assez mûre, nous avons préféré la reporter à l’année prochaine. Même chose pour la réforme de la formation en médecine qui est dans les tiroirs depuis 2001. Concernant la réforme pédagogique, nous étudions plusieurs pistes. Pour la recherche scientifique, par exemple, inexistante dans l’ancienne mouture, nous prévoyons quelque 14 chapitres. Nous veillerons aussi à introduire la notion de partenariats public-public, qui n’était pas non plus mentionnée, de même que l’assistanat pour les doctorants et les étudiants en master. Nous essaierons également de voir comment alléger les cours pour les étudiants, afin de leur permettre de mieux assimiler les informations reçues et d’avoir du temps pour faire autre chose en parallèle. L’université ne doit pas être un lieu de bourrage! Il ne s’agit pas de procéder à des chamboulements mais d’apporter des améliorations.
La réforme doit être ficelée d’ici mars prochain afin de donner aux enseignants suffisamment de temps pour préparer leurs cours pour la rentrée.
- Qu’en est-il pour la formation en médecine?
- Il s’agit tout d’abord d’introduire le système LMD, c’est la moindre des choses. Plusieurs questions se posent et la réflexion est toujours en cours.
Au niveau des stages par exemple, faut-il les effectuer uniquement dans les CHU sachant que dans certaines villes comme Fès et Oujda les places sont très limitées? Par ailleurs, est-il nécessaire que les spécialités s’opèrent sur 13 ans, alors que dans d’autres pays comme le Canada c’est sur 8 ans? Cela engendre des coûts de formation considérables… Ce sont des questions qui sont sur la table. 

- Vous comptez, par ailleurs, supprimer les examens oraux pour les masters?
- En effet, ce sera fait avec la réforme pédagogique à partir de l’année prochaine. C’est déjà fait pour l’Ecole nationale de commerce et de gestion (ENCG).
L’image de l’université est en train d’être ternie par quelques cas isolés. A chaque fois q’un étudiant échoue à l’oral, c’est la faute d’un professeur. Certains parlent même de corruption… L’université n’a pas besoin de cela. Par ailleurs, c’est aux professeurs d’apprendre aux étudiants de communiquer durant la formation. Pour les ENCG par exemple, quelqu’un qui veut faire comptabilité n’a pas besoin de savoir communiquer. Il peut même être muet!
Il faut, toutefois, garder la sélection sur dossier. L’anonymat doit aussi être garanti, de même que la double correction. En revanche, en doctorat l’oral reste nécessaire, car il s’agit de profils destinés à devenir des orateurs. Je ne dis pas qu’il n’y a pas d’avantages à l’oral, mais ses effets pervers sont plus importants. 

- Du nouveau pour les accréditations et les équivalences?
- C’est d’abord la rapidité. Pour les équivalences, si un dossier est complet, il ne peut plus dépasser 2 à 3 mois dans l’administration. Nous aurons aussi l’Agence nationale pour l’évaluation de l’enseignement supérieur qui se chargera à la fois des accréditations et des équivalences. Nous avons déjà soumis le texte de loi au circuit d’adoption. Il doit être voté cette année pour permettre à l’Agence de démarrer l’année prochaine. En outre, auparavant, tous les dossiers étaient envoyés au ministère qui devait engager des experts. Aujourd’hui, il existe un filtre au niveau des universités.

«Fini les diplômes bidons!»

Ceux qui rêvent de faire médecine ou de devenir ingénieurs feraient mieux de se retrousser les manches afin d’obtenir de bonnes moyennes, car Lahcen Daoudi compte resserrer les vis. Selon le ministre, il n’est plus question de reconnaître les diplômes en médecine et en ingénierie des  titulaires de baccalauréat en lettres ou en économie, acquis dans les pays de l’Est. Même traitement pour ceux ayant réussi leur bac avec des moyennes de 10 ou de 11. Un minimum de 13 est requis, sinon, pas d’équivalence de retour au Maroc.

Propos recueillis par Ahlam NAZIH et Rajaa Drissi Alami

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