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    Enquête

    Les dépendances varient selon les drogues

    Par L'Economiste | Edition N°:4073 Le 12/07/2013 | Partager
    La méthadone donnée gratuitement aux dépendants à l’héroïne
    Stigmatisé, le toxicomane est tout simplement un malade

    Dr Jallal Toufiq: «Il faut que la société change de regard sur les addictions pour que les malades viennent se soigner»

    Le phénomène de la dépendance est devenu  un véritable problème de santé publique. S’il y a une conscience politique au plus haut niveau de l’Etat pour prendre en charge les patients addictifs en créant des centres à travers le Royaume, il faut aussi s’engager dans une démarche de prévention. Entretien avec le Dr Jallal Toufiq, directeur du Centre national de traitement, de prévention et de recherche en addictions et directeur de l’hôpital Ar-Razi de Salé

    - L’Economiste: Quels sont les signes d’alerte d’une addiction?
    - Dr Jallal Toufiq: Ce ne sont pas des signes d’alerte. Les tableaux cliniques des dépendances varient selon les drogues. Vous avez des drogues qui entraînent des troubles comportementaux, certaines des signes physiques et d’autres des répercussions psychologiques et des symptômes psychiatriques. Il y a dépendance lorsque toute la vie tourne autour de la consommation de la drogue. Deux profils se dégagent. Le premier va prendre plus de stupéfiants pour avoir les mêmes effets, le second  va en consommer en sachant qu’ils vont avoir un impact négatif sur sa santé psychique et physique, sur son travail, ses études, sa vie professionnelle et sociale.

    - Les troubles addictifs font-ils partie des maladies mentales?
    - L’addiction est une authentique maladie du cerveau. Il s’agit d’un dysfonctionnement cérébral qui fait qu’il va sécréter un certain nombre de neurotransmetteurs de façon très importante dans certaines aires du cerveau. Il y a aussi des facteurs de dysfonctionnements neurobiologiques et d’autres héréditaires qui rentrent dans la genèse des troubles addictifs.

    - Quelles sont les possibilités de traitement chez vous? Les familles sont souvent désemparées.
    - Le Maroc est à la pointe de ce qui se fait en matière du traitement dans le monde. Nous avons des standards et des protocoles internationaux qui sont donnés ici au centre pour la désintoxication et la post-désintoxication. Plusieurs programmes sont mis en place notamment ceux liés à la réduction des risques de rechute et de réinsertion. Ce dernier programme s’adresse aux personnes qui ne peuvent pas s’empêcher de prendre la drogue. Ils reçoivent des conseils, un suivi médical et peuvent prendre un produit qui va se substituer à la drogue. L’objectif est de leur éviter d’aller voler ou de se prostituer. Le programme spécifique aux héroïnomanes se base sur la méthadone distribuée gratuitement aux dépendants à l’héroïne.

    - Comment se comportent les familles et l’entourage des personnes dépendantes et quel regard la société porte-t-elle sur cette pathologie?
    - Les Marocains continuent à penser que l’addiction est un problème de comportement déviant, d’interdit et de honte. Nous continuons à stigmatiser le toxicomane et nous pensons que c’est un criminel. Or, le toxicomane est tout simplement un malade. Je ne parle pas de trafiquants de drogue ni de dealers qui, très souvent, ne sont pas des toxicomanes. Il faut que notre société change sa perception pour que les malades viennent se soigner et seront plus visibles. Car la plupart d’entre eux se cachent et ont peur du regard de la société.


    Propos recueillis par Fatim-Zahra TOHRY

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