Enquête

Beaucoup d’accros à la drogue dans le nord

Par L'Economiste | Edition N°:4073 Le 12/07/2013 | Partager
4.000 patients dont 2.800 héroïnomanes au Centre Hasnouna à Tanger
Le traitement à la méthadone connaît un succès

Le nord est la région la plus touchée par la circulation de la drogue. Au Centre médico-psychologique (CMP), Hasnouna à Tanger, les dépendances aux drogues dites dures, comme l’héroïne, la cocaïne sont les plus traitées. A cette liste s’ajoute aussi la consommation du cannabis, de l’alcool et de toute sorte de psychotropes sous forme de comprimés et aussi les volatiles. Sur le terrain, les autorités mais aussi le tissu associatif s’investissent dans la lutte contre la drogue. Sensibilisation et prévention sont les mots d’ordre car ils sont nombreux à être en dehors du dispositif de prise en charge et de traitement

LE nord est la région la plus touchée par la circulation de la drogue. Au Centre médico-psychologique (CMP) Hasnouna à Tanger, les dépendances aux drogues dites dures, comme l’héroïne, la cocaïne sont les plus traitées. A cette liste s’ajoute aussi la consommation du cannabis, de l’alcool et des psychotropes sous forme de comprimés et aussi les volatiles. «Le Centre a reçu depuis 2004 plus de 4.000 malades dont 2.800 héroïnomanes», indique Mohammed Essalhi, directeur du centre.
Les consultations étaient sans rendez-vous, mais avec le nombre croissant des malades il a fallu planifier. Le rendez-vous est pris en une ou deux journées voire une semaine, pour une première consultation.
«Les traitements sont disponibles», assure Essalhi. D’abord il y a des traitements classiques qui consistent en une prise en charge psychothérapique associée à une chimiothérapie, pour traiter des différents symptômes associés à l’addiction (dépression, anxiété, troubles psychotiques, troubles de l’humeur, etc.). Puis, il existe aussi des traitements des symptômes de sevrages qui dépendent de la drogue consommée.
Par ailleurs, il existe un traitement de substitution pour la cigarette et aussi pour l’héroïne via la méthadone ou la bupronerfine. Près de 300 patients sont sous-traitements à la méthadone et ils répondent bien. «Dans la prise en charge classique nous avons une réussite de l’ordre de 20%, selon les usagers pour pouvoir arriver à une abstinence. Par contre, le traitement par la méthadone a montré son efficacité», témoigne le directeur du centre. «Plus de 90% des malades sont stabilisés et sont abstinents par rapport à l’héroïne mais aussi à la cocaïne et ils prennent régulièrement leurs traitements», ajoute-t-il.
Selon le responsable, ils sont nombreux à pouvoir être réinsérés sur le plan professionnel et peu d’entre eux commettent des délits. Depuis 2010, les responsables n’ont déploré qu’une dizaine de patients qui ont fait des courtes durées en détention, alors qu’avant c’était plus de 50% des usagers qui faisaient de la prison. Aujourd’hui, il y a une amélioration notable de la santé des usagers, en témoigne le nombre restreint de personnes décédées  après être mises sous-traitement à la méthadone. «Nous avons déploré la perte de deux patients qui ont souffert d’un cancer et trois patients sont morts d’une overdose. Habituellement en toxicomanie et de par le monde, nombreux sont ceux qui peuvent mourir d’une overdose», explique le directeur du centre.
La psychologie prend place
Le suivi par un psychologue en cas de risque de rechute est nécessaire. Dans le centre il y a un psychiatre fonctionnaire et une psychologue volontaire au niveau de l’association du soutien aux usagers de drogues. «Le suivi psychologique est très important en toxicomanie et il permet une meilleure stabilisation du patient. Mais malheureusement, c’est une partie infime des patients qui peuvent en bénéficier vu leur nombre important», selon Mohammed Essalhi. C’est là où peut intervenir le rôle de la famille. C’est grâce aux efforts de l’association que les familles ont pu être sensibilisées par rapport à la problématique de l’usage des drogues. Elles étaient réticentes au début. «La société qui marginalisait le toxicomane et aujourd’hui de plus en plus sensibilisée à l’usage des drogues», ajoute le spécialiste.

Fiche technique

LE Centre médico-psychologique (CMP) Hasnouna à Tanger est le premier centre ambulatoire au Maroc. Il est composé de deux pôles: le centre de soins est dépendant du ministère de la Santé et dans lequel travaille actuellement  trois médecins et sept infirmiers. Il prend en charge plus de 4.000 malades. Il est appuyé par l’association du soutien aux usagers de drogues, qui en plus des soins au niveau du centre, s’occupe aussi de l’appui psychosociale, du programme de réinsertion professionnelle et surtout  du programme de réduction de risques qui consiste en un programme d’échange de seringues, qui s’effectue par l’intervention d’une équipe de terrain. Le travail de proximité s’effectue via une unité fixe au niveau du centre d’accueil de l’association. Parmi les autres activités: un groupe d’auto support avec son propre outil médiatique et un journal distribué gratuitement (Via Noktat Taaoul journal).

F. Z. T.

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