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    Enquête

    Crise du sport: Pourquoi le Maroc a perdu la raquette

    Par L'Economiste | Edition N°:3959 Le 01/02/2013 | Partager
    Aucune relève n’est assurée depuis le trio Aynaoui, Alami, Arazi
    Pour Mohamed Mjid, la solution réside dans la gouvernance

    Karim Alami, nommé à la direction de l’Open de Doha en 2008 et consultant pour la chaîne qatarie Al Jazeera, est une fierté du tennis marocain. En 1993, il bat le numéro 1 mondial Pete Sampras en 3 sets (6-3, 2-6, 4-6). Hicham Arazi a vécu en France dès l’âge de 2 ans. Coaché par son papa, il y a commencé sa formation tennistique. L’une des plus belles réalisations d’Arazi a été de battre André Agassi, alors numéro 1 mondial, au Masters D’Indian Wells

    Il faut 80.000 joueurs pour en avoir un au top 100. Le Maroc dispose de 7.000 licenciés. Au niveau des tournois tennistiques, le Grand Prix Hassan II est le seul rescapé de la belle époque. La décadence de ce sport au Maroc est un fait. Mais qu’en est-il aujourd’hui? La Fédération (FRMT) se fixe comme objectif d’ élargir la base pour se rapprocher des standards internationaux. Mais pour Mohamed M’jid, président d’honneur de la fédération, la solution radicale serait la mise en place d’un Haut commissariat au sport.

    IL fut un temps où un Marocain, Younes El Aynaoui en l’occurrence, infligeait des 6-0 au numéro 1 espagnol (Ferrero) en coupe Davis. Il fut un temps où perdre en quart de la coupe Davis s’expliquait par la blessure d’un membre de l’équipe nationale, à savoir Karim Alami.
    Dans cette même ère ô combien historique, qui s’est achevée au début des années 2000, El Aynaoui détenait le record du monde du set le plus long, contre Andy Rodick. Il fut un temps!
    Aujourd’hui, le tennis marocain ne parvient pas à briller au-delà des frontières, ni à retenir le souffle de milliers de spectateurs. Le numéro 1 national, Mehdi Zyadi, est à la 762e place au classement ATP.
    L’époque des trois mousquetaires serait-elle révolue? Une chose est sûre, le Maroc peine à retrouver ses marques, comme par le passé.
    Avant de parler de joueurs, il y a un indicateur de la décadence tennistique du pays qui ne trompe pas, à savoir les tournois internationaux qui se jouent au Maroc. Ayant été une destination  tennistique quasi incontournable, et notamment avec l’ATP d’Agadir dont la dotation atteignait les 200.000 dollars à l’époque, force est de constater que nous ne jouons plus dans la même catégorie que dans les années 1980 et 1990. En 2012, le Prix Hassan II, grand rescapé de la belle époque, est doté de 450.000 euros. Mais le Morocco Tennis Tour vient de réduire sa dotation pour Marrakech, passant à 100.000 dollars, et plus encore pour Meknès, Rabat et Casablanca, où elle est descendue jusqu’à 35.000 dollars.
    Pour en revenir à la qualité des joueurs, il faut savoir se rendre à l’évidence, rétrospectivement. Le fait est que les trois tennismen qui ont fait rêver les Marocains sont sortis du lot malgré, et non pas grâce au système. Et pendant que l’on savourait leurs victoires, scotchés derrières nos écrans, aucune relève ne se préparait à reprendre le flambeau.
    Aujourd’hui, la Fédération royale marocaine de tennis (FRMT) veut tout reprendre à zéro pour retrouver la gloire d’antan. Depuis qu’elle a changé de main fin 2009, et que la présidence en a été confiée à Fayçal Laraïchi, la politique de la fédération a été revue de fond en comble. «On ne peut pas se permettre d’attendre et espérer un nouveau miracle», martèle Laraïchi. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. «Il faut au minimum 10 ans pour former un professionnel du tennis. Cela doit correspondre à 10.000 heures d’entraînement et 1.000 matchs disputés», explique Khalid Afif, directeur technique de la FRMT. Les statistiques internationales confirment le caractère inédit du parcours des trois mousquetaires. La norme voudrait qu’un pays dispose de «15.000 participants pour mener un seul joueur à la professionnalisation, et de 80.000 pour en avoir un au top 100». C’est sur cette base que la toute jeune FRMT élabore sa nouvelle vision. Le management est unanime: «Il faut commencer par élargir la base». Actuellement, le Maroc dispose de 7.000 licenciés, toutes catégories confondues. Le but que s’est fixé Laraïchi, c’est de doubler la donne à horizon 2017, même s’il avoue lui-même que c’est un objectif très difficile à atteindre étant donné la conjoncture. Mais l’élargissement de la base ne doit pas se faire au détriment  de la formation. La réforme de celle-ci est d’ailleurs l’un des chantiers les plus importants de la FRMT. Khalid Afif explique que l’équipe nationale aurait pu évoluer différemment dans un autre contexte. «Mehdi Zyadi était déjà champion d’Afrique à l’âge de 17 ans, j’aurais aimé que nous puissions l’encadrer à cet âge-là. Aujourd’hui, il en a 23, les choses sont plus compliquées». Des reproches à demi voilés aux anciens cadres de la FRMT?
    Toujours est-il que la malchance a aussi sa part de responsabilité dans l’affaire. Le grand espoir marocain, Reda El Amrani, était classé 160e en 2010. Mais une blessure l’a empêché de poursuivre son ascension vers le top 100. Actuellement, il est dans l’équipe nationale, mais il a reculé de quelque 500 places au classement ATP.
    Mohamed M’jid, président d’honneur de la FRMT, a sa propre vision des choses. Pour lui, former un athlète de la dimension des trois mousquetaires du tennis national demande du temps. «Et quelle que soit la durée, il faut une bonne gouvernance. Et c’est cette dernière qui fait défaut malheureusement». M’jid précise que ce n’est pas seulement le tennis mais tout le sport marocain qui en souffre. Pour lui, «c’est une question de gestion, de programmation, mais surtout une question d’hommes». Il préconise la mise en place d’un Haut commissariat au sport et à la jeunesse. «Cela permettra au sport d’échapper aux fluctuations politiques, et d’instaurer ses politiques dans la continuité».

    Rime AIT EL HAJ

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