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Economie

Maâzouz veut profiter du savoir-faire de la diaspora

Par L'Economiste | Edition N°:3959 Le 01/02/2013 | Partager
Toutes les spécialités les bienvenues pour la réussite des stratégies sectorielles
Un support d’investissement pour les MRE
25 millions de DH pour les associations

Abdellatif Mâazouz, ministre chargé des MRE, entend renforcer ses liens avec les associations de la diaspora marocaine, en les soutenant financièrement avec 25 millions de DH

- L’Economiste: «Maghribcom», n’est pas la première tentative de ce genre. Il y a déjà eu le site web «Fincome» en 2007. Qu’avez-vous apporté de nouveau?
- Abdellatif Maâzouz: Malheureusement, «Fincome» n’a pas été suivi avec toute la rigueur qu’il fallait. Il n’a pas été bien vulgarisé. Le public avait cru que le site était destiné seulement aux salariés expatriés à l’étranger. Or, c’est un portail qui concerne aussi bien les demandeurs d’emplois que les MRE porteurs de projets. Notre rôle aujourd’hui est de renforcer la communication autour de la nouvelle interface web.

- Pourquoi faire appel aux compétences MRE?
- Maghribcom vient répondre aux stratégies de développement sectorielles mises en place par le Maroc il y a quelques années. L’un des obstacles de ces stratégies est lié notamment au manque de compétences dans les différents secteurs. C’est donc pour pallier cette carence que nous avons pensé mobiliser ces compétences de l’extérieur. Les compétences  en tuyauterie industrielle que l’OCP est en train de mettre en place pour conduire les phosphates par pipeline sont attendues. Ce chantier implique la présence de soudeurs, un profil que nous ne trouvons pas au Maroc.

- En parlant de stratégies sectorielles, avez-vous identifié les besoins en compétences?
- C’est une gageure de dire que nous l’avons fait. C’est pourquoi, il faut que les porteurs de ces stratégies comme les administrations, les entreprises, les laboratoires de recherche et les universités se manifestent pour préciser leurs besoins en ressources humaines. Le site leur donne cette occasion puisqu’ils peuvent publier des annonces. Honnêtement, la clé de réussite de ces stratégies et du portail est dans l’implication de toutes ces parties. Cela ne se fera que par la communication que nous allons faire autour de ce portail. 

- Vos cibles que sont les MRE sont dans plusieurs pays. Parvenez-vous à avoir des interlocuteurs représentatifs?
- Oui, mais cela n’est pas difficile. La tâche est d’autant plus simplifiée avec la présence des associations de MRE dans les différents pays. D’ailleurs, dans notre stratégie 2013, nous avons prévu d’appuyer financièrement ces ONG avec 25 millions de DH. Aussi, les discussions sont possibles car il y a une forte concentration de la diaspora marocaine dans six pays. 85% des Marocains sont installés en France, en Italie, en  Espagne, en Belgique, en Hollande et en Allemagne. Le reste est réparti entre l’Europe du Nord, l’Amérique du Nord et le Moyen Orient.

- Certains de ces pays sont fortement affectés par la crise. Que faites-vous pour nos MRE dont les transferts baissent de plus en plus?
- La crise qu’ils traversent a conduit à une concurrence entre ces pays et le Maroc. Il faut que nous soyons plus attractifs vis-à-vis de l’épargne notamment. Dans ce sens, nous travaillons actuellement avec le secteur bancaire pour identifier les produits qui pourront intéresser nos compatriotes établis à l’étranger. Ces produits doivent être innovants, ce dont manque cruellement le secteur. Les discussions ont déjà abouti à la nécessité de lancer un portail informatif sur tous les produits que nos organismes de crédit offrent à cette communauté. L’idée est de permettre aux MRE de faire des simulations et des comparaisons. Nous sommes aussi en train de travailler avec le ministère des Finances sur la nécessité de créer un support d’investissement pour les MRE.  Car le problème que présente cette diaspora est qu’elle est élargie. Tous les MRE ne maîtrisent pas l’acte d’entreprendre. Ce support consiste à mettre en place un instrument leur permettant de constituer une épargne investissement qu’ils pourront utiliser une fois que leurs projets auront mûri.

- On vous reproche une réaction tardive à la décision des responsables néerlandais de baisser de 40% les allocations familiales destinées aux enfants et veuves des retraités MRE. Qu’en dites vous?
- Nous avons suivi de près ce dossier. Les Néerlandais étaient prêts à négocier sous condition de revoir la convention de main d’œuvre signée avec le Maroc en 1962. Chose que le ministère de l’Emploi marocain a refusé partant du principe que la pension de retraite est une cotisation salariale, un droit acquis. 
De notre part, nous avons organisé une journée de communication sur les conventions de sécurité sociale relatives aux Marocains installés aux Pays-Bas. La rencontre qui a eu lieu à Al Hoceima était l’occasion de les orienter vers les dispositions nécessaires leur permettant de préserver leurs droits.

- Dernièrement, vous avez effectué une visite de travail en Arabie Saoudite. Qu’est ce qui a été négocié avec les responsables de ce pays?
- Cette visite qui s’inscrit dans le cadre du partenariat stratégique liant le Maroc aux pays du Conseil de Coopération du Golfe a ouvert des perspectives pour les Marocains et même pour les MRE. Les responsables de ce pays ont fait savoir qu’ils ont besoin de 1,5 million de main d’œuvre. Nous avons même convenu que la priorité sera donnée aux Marocains.

Enseignement en arabe

LE ministre plaide pour l’enseignement de la langue arabe dans les pays d’accueil. Est-il entendu? «Les politiques sont très diplomates. Du coup, il est difficile de dire s’ils sont pour ou contre l’idée. Une chose est sûre : dans certains pays comme la France, l’Espagne et la Belgique, les responsables sont plutôt favorables», dit-il. Pour lui, la réticence venait du fait qu’ils croyaient que l’enseignement de cette langue pourrait alimenter le communautarisme. «A mon sens, si l’enseignement de l’arabe se fait ailleurs qu’à l’école, le risque de déboucher sur du communautarisme serait plus important. De plus, il y a un réel intérêt de le faire puisque les arabes sont actuellement au nombre de 600 millions, sans parler de l’enjeu économique que ça peut induire», souligne t-il.

Propos recueillis par Hajar BENEZHA et Mohamed CHAOUI

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