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Enquête

Marchés de rue
Les régions laissent faire

Par L'Economiste | Edition N°:3831 Le 20/07/2012 | Partager

Les marchés de rue pullulent. Chaque région dispose de ses souks de référence, où l’on peut trouver toutes sortes de produits de contrebande et de contrefaçon. La clientèle, affriolée par des prix 30% moins chers, voire plus pour certaines marchandises, y afflue sans se poser trop de questions. Ce qui compte au final, c’est de remplir son panier, et peu importe les risques encourus. Faute de sensibilisation et de moyens de contrôle adéquats, les marchés de rue, fréquentés par toutes les classes sociales, se banalisent.

Salé: L’argument prix a le dernier mot
Au niveau de la région de Rabat, la ville de Salé abrite les grands points de commercialisation des produits de contrebande destinés à la consommation. Ils sont situés dans les zones avoisinantes à Bab Lakhmiss. Il ne s’agit pas de marchants ambulants, mais des commerçants sédentaires qui exercent leur activité dans des locaux  pleins de divers  produits de consommation. Les fromages, les jus, la mortadelle, les différentes boîtes de conserve et le chocolat constituent le gros des produits exposés dont presque la majorité est d’origine espagnole. Pour les formages, l’on trouve même des marques algériennes et françaises.
La majorité des locaux ne sont pas dotés des équipements nécessaires pour assurer la conservation des aliments périssables. Mais ces produits restent prisés par les clients qui fréquentent ces zones. Ces derniers  ne sont pas trop exigeants sur la qualité, mais plutôt intéressés par l’argument prix, moins chers de près de 30% par rapport au marché. Pour certains produits, la date de péremption est illisible ou non indiquée, alors que pour les  formages en boîte, l’échéance prendra fin en octobre prochain. Le même constat est relevé chez les quelques vendeurs installés à Bab Al Had au centre de Rabat. Même des personnes aisées sont à la recherche des produits de contrebande. Ils s’approvisionnent chez des commerçants installés au sein du marché Akkari où ils achètent des produits étrangers rares sur le marché local. A Rabat, on peut aussi trouver les produits de contrebande dans d’autres quartiers comme celui de Hay Annahda et G5 à Yakoub Al Mansour. Les réseaux de distribution diffèrent selon l’origine du produit. Pour ceux en provenance d’Algérie, l’approvisionnement se fait à partir de Casablanca via des distributeurs. Alors que pour les produits d’origine espagnole, ils sont acheminés des villes du nord (Tanger, Tétouan, Nador et Ksar El Kebir) par différents moyens de transport: car, voiture, train…
N. E. A.

Fès: «Amnistie» pour la contrebande!
A Fès, les commerçants des produits alimentaires émanant de la contrebande font de bonnes affaires, surtout à la veille et pendant le mois sacré. Dattes, laits, jus, fromages… tous genres de produits sont exposés en vrac et les consommateurs achètent en quantités importantes. Ils ne font même pas attention aux dates de péremption. Installés dont des quartiers populaires comme Assaada, Montfleuri, Narjiss, ou encore Bab Ftouh, ces commerçants ont parfois une clientèle peu instruite dont le seul souci est celui du prix. «Ainsi, en cette période, ce sont les dattes d’Algérie qui sont les plus prisées, mais l’on demande aussi le jus de tomate, la confiserie, le lait, l’huile… bref, tout ce que consomment les gens durant le Ramadan. Et la différence des prix avec les grandes surfaces peut atteindre jusqu’à 40 DH pour certains produits comme les détergents», témoigne l’un des commerçants du quartier Assaada. Ici, l’affluence pour tout ce qui est produit de la contrebande dépasse toute imagination. Et c’est ce qui a poussé plusieurs commerçants à changer d’activité, d’autant plus qu’il n’y a eu presque jamais de descente des services de la douane. Seuls quelques agents de l’autorité locale chassent de temps à autre les marchands ambulants.
Y. S. A.

Agadir/Inezgane: Une économie informelle florissante
Des prix bas! C’est la stratégie marketing des produits issus de la contrebande dont la clientèle fidèle est plus importante de jour en jour. L’un des points noirs dans le Souss est la province d’Inezgane. Chaque jour, des milliers de clients y défilent devant les étalages des «ferrachas» qui proposent toutes sortes de marchandises. Vêtements, cosmétique, détergents, couches, denrées alimentaires… Entre savon, parfum, fromage, chocolat… et  charcuterie, le client n’a que l’embarras du choix. D’ailleurs, il trouve sa quête à des prix plus qu’abordables et souvent il a deux produits au lieu d’un. «Je fais de bonnes affaires en m’approvisionnant ici», témoigne cette jeune femme. «Je ne peux pas me permettre d’acheter un écran total à 200 DH. Ici, j’en ai déjà trouvé à 20 DH!». Comment une équation pareille est-elle possible? Tout devient clair quand on sait que les produits en question sont issus de la contrebande en provenance de Turquie, de Chine ou même de pays voisins. Importés légalement dans des conteneurs, ils sont ensuite injectés dans le marché. Toutefois, si ces produits ne sont pas déjà périmés, ils posent souvent des problèmes au niveau de la date limite de consommation autorisée. Autrement dit, des invendus qui trouvent preneur localement. La clientèle, à faible revenu, n’est souvent pas très regardante sur les dates de validation. Or, les risques sont bien réels. C’est le cas notamment de cette femme qui a fait une allergie dermatologique à des produits de cosmétique périmés. Des fois, l’étiquetage est revu pour rassurer les clients les plus pointilleux.
Les services de contrôle conjuguent leurs efforts afin d’enrayer ce commerce informel. Au niveau de la province d’Agadir Ida Outanane, les commissions de contrôle ont visité 262 locaux et enregistré 79 infractions entre juin et juillet. La quantité des produits saisis et détruits s’élève à 1,6 tonne dont plus d’une tonne de poulpe insalubre.
F. N.

Marrakech: Les vrais-faux de la maroquinerie
A l’instar des autres villes du Maroc, Marrakech n’échappe pas au phénomène de la contrebande. Les marchands ambulants de Daoudiat, Massira ou encore l’avenue des Princes sont les plus visibles. La contrebande «s’organise», indique Kamel Faher, président de la Chambre de commerce et de services de Marrakech. Des magasins qui ont pignon sur rue commercialisent  des pièces de rechange automobile de contrebande. Le marché des chauffe-eau lui aussi est infesté de produits chinois à l’origine d’un grand nombre d’accidents. Mais les produits contrefaits les plus fréquents sont évidemment du côté de la maroquinerie. Dans les souks El Bahja et de Semmarine dans la médina, mais aussi dans le quartier chic du Guéliz, l’on retrouve des pulls Lacoste, des sacs Louis Vuitton, des montres Cartier… contrefaits. Les marques imitées font rage, surtout pour les articles de sport dont la contrefaçon est relativement aisée. Et le faux ressemble tellement au vrai qu’il devient difficile de distinguer l’authentique… Le phénomène continue de sévir malgré les mesures draconiennes prises par la justice. Car, pour rappel, les firmes internationales comme Lacoste, Vuitton se mobilisent et ont intenté plusieurs procès à des vendeurs pris en flagrant délit.
B. B.

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