×L'Editorialjustice régions Dossiers Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Enquête

«Maman, t’es trop grosse»

Par L'Economiste | Edition N°:3801 Le 08/06/2012 | Partager
Des sommes astronomiques pour perdre sa graisse
Tous les coups de bistouri sont permis

Les techniques actuelles permettent,  en 2 ou 3 heures, de soulager une personne présentant une obésité morbide. On peut retirer jusqu’à 20 litres de graisse

«JUSQU’À 40 ans j’ai vécu le calvaire. Mon mari ne partageait plus ma chambre, mais le pire c’est quand mon fils m’a interdit d’assister à la remise de son diplôme. Je lui faisais honte», raconte Farida (*), ex-obèse de 140 kg pour 1,70 m. Après maints régimes, elle a eu recours à la sleeve, une opération chirurgicale qui consiste à enlever les deux tiers de l’estomac. Depuis, sa vie a changé. Elle a retrouvé une silhouette normale et la joie de vivre. Au bout de nombreux sacrifices car, après la perte des kilos, Farida avait des lambeaux de peau qui pendaient de partout, au niveau des bras, des cuisses, des fesses, du ventre, des seins. Il faudra plusieurs opérations de chirurgie esthétique pour «redraper la peau» et tout remettre en place. Elle a dû débourser pour la sleeve environ 40.000 DH plus les frais de chirurgie réparatrice et du suivi nutritionnel, soit près de 100.000 DH en tout. «Le bien-être n’a pas de prix. Le poids est un vrai handicap aujourd’hui», ajoute Karima (*) qui a perdu 40 kg, après une cure amaigrissante et plusieurs opérations de réparation de la silhouette. Celle-ci avait atteint les 110 kg pour 1,55 m. Plus sûre d’elle, elle a aujourd’hui créé sa propre société alors qu’il y a deux ans, elle n’osait pas se regarder dans une glace et encore moins affronter le regard des gens.
Hakim*, lui, a préféré se faire poser un anneau à l’estomac. L’amaigrissement est plus progressif mais il estime avoir atteint son objectif, la  perte de 25 kg, en moins de trois mois. Il projette de recourir à une abdomino-plastie pour retrouver un ventre complètement plat. L’obésité, aujourd’hui, n’est plus seulement un souci d’ordre esthétique. «C’est une pathologie qui  met en péril la vie du patient et menace la stabilité de sa famille», explique El Hassane Tazi, chirurgien et président de la société marocaine d’obésité et de lipoplastie. Lui qui estime bien «connaître l’univers de la graisse et de la cellule» tire la sonnette d’alarme. Tout le monde doit s’implique: les ministères de la Santé, de l’Education et des Habous. Des Habous? «Oui, il faut profiter des prières pour sensibiliser la population». La lutte contre le poids et les bourrelets disgracieux constitue, après la chirurgie et les techniques du rajeunissement, le deuxième acte le plus courant demandé par les patients. Et dans ce domaine, l’égalité homme-femme est quasi-certaine, influencée par la mode et par un souci de bien-être. En effet, les patients n’hésitent pas à souffrir pour être beau et bien dans leur peau. D’autant plus que la recherche a fait des progrès considérables permettant de réduire les durées des interventions. Et par conséquent, les risques liés à l’anesthésie générale.


F. E. O.

(*) Les noms ont été changés pour préserver l’anonymat.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc