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    Transmission d’entreprise
    «Un bon cadre n’est pas forcément un bon dirigeant»
    Entretien avec Thierry Blondel, DG de Viveris Istithmar

    Par L'Economiste | Edition N°:3710 Le 31/01/2012 | Partager

    «Le repreneur doit d’abord avoir une expérience du secteur. S’il a déjà travaillé dans l’entreprise qu’il veut racheter, c’est encore mieux; il connaît le métier, ses ficelles, les partenaires de l’entreprise, ses forces et ses faiblesses, sa culture, son personnel», affirme Thierry Blondel

    La transmission est une phase très risquée de la vie des entreprises. Plus d’une transmission sur cinq échoue, selon des statistiques. Au-delà des variations liées aux conditions conjoncturelles, le risque intrinsèque à la transmission reste élevé, car l’entreprise est fragilisée par le remboursement de la dette liée au financement de la reprise.
    Selon les experts, l’expérience passée du repreneur joue un rôle essentiel dans le succès des transmissions d’entreprise.

     

    - L’Economiste: L’investisseur que vous êtes, qui s’associe au repreneur pour l’aider à racheter l’entreprise, a-t-il des exigences?
    - Thierry Blondel: Oui. Un bon cadre dirigeant ne fait pas forcément un bon chef d’entreprise. Nous devons donc nous assurer que le repreneur est suffisamment ambitieux, mais aussi prudent.
    Son environnement familial doit être favorable, car il s’engage sur un chemin exaltant, mais difficile, accaparant, et pour plusieurs années.  Le repreneur doit aussi être loyal et transparent.
    C’est très important car l’investisseur que nous sommes est un actionnaire minoritaire, et parce que la marche de l’entreprise peut réserver des surprises. Il faut donc constamment anticiper, échanger et ajuster. C’est d’autant plus important quand la reprise a été financée en LBO, c’est-à-dire partiellement par une dette bancaire, dont il faudra assurer le paiement pendant 6 ou 7 ans. C’est une contrainte forte, qui est souvent stimulante, mais qui peut être dangereuse en cas de dérapage mal contrôlé.

    - Est-ce vous qui approchez d’éventuels repreneurs ou plutôt le contraire?
    - Généralement, c’est le repreneur qui vient nous présenter un dossier.
    Il y a deux démarches en fait: le cédant opte pour une démarche structurée en faisant appel à un cabinet conseil spécialisé dans les fusions-acquisitions pour lui trouver un repreneur au meilleur prix , soit  il le fait lui-même. Il y a aussi le cas de figure où un ou plusieurs repreneurs sont intéressés par une entreprise, mais ils ne savent pas combien elle vaut réellement. Le repreneur vient nous voir avec son dossier en expliquant que telle entreprise est à vendre, qu’il est un homme du métier (il doit bien se vendre), que l’entreprise a un véritable potentiel, mais que lui ne peux apporter que 10% du prix par exemple.
    On va alors enquêter sur le repreneur et se faire une opinion sur l’entreprise. On doit savoir aussi si cette entreprise est en bonne santé financière et qu’elle peut faire l’objet d’un rachat en LBO,  c’est-à-dire un rachat financé partiellement par la dette bancaire, des fonds propres du repreneur et nos propres fonds.
    Le processus prend environ 2 à 3 mois après l’envoi de la lettre d’intentions. Mais la durée d’une telle opération peut aller jusqu’à 6 mois, voire davantage.

    - Quelles sont à votre avis les qualités d’un bon repreneur?
    - Le repreneur doit d’abord avoir une expérience du secteur. S’il a déjà travaillé dans l’entreprise qu’il veut racheter, c’est encore mieux; il connaît le métier, ses ficelles, les partenaires de l’entreprise, ses forces et ses faiblesses, sa culture, son personnel. Le risque est d’ailleurs bien moindre lorsque la reprise est assurée au sein de la famille par un enfant qui y travaillait déjà, ou par un de ses cadres dirigeants, idéalement le directeur général.
    Le repreneur doit également avoir une expérience réussie de cadre dirigeant ou de gérant. Il doit avoir des notions de gestion, et  une vision stratégique claire.
    En revanche, le diplôme n’est pas très déterminant.

    - Que faut-il pour faire décoller ce marché naissant au Maroc?
    - Les cédants doivent d’abord être conscients qu’ils doivent organiser leur succession. Ils doivent transmettre leur entreprise soit à la famille soit à un repreneur externe, ce qui se fait de plus en plus aujourd’hui. Les reprises par la famille ne représentent plus qu’un cas sur 10 en France. Les cédants doivent organiser une transmission, le processus prend 2 ans. Ce qui remet en cause beaucoup de choses, comme abandonner son bébé et perdre son statut social…


    Propos accueillis par Aziza EL AFFAS

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