×
  • L'Editorial
  • Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2020 Prix de L'Economiste 2019 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Entreprises

    Renault Tanger: L’usine dans les starting-blocks
    Entretien avec Jacques Chauvet, président Euromed du groupe

    Par L'Economiste | Edition N°:3618 Le 19/09/2011 | Partager

    «C’est très rare dans la stratégie de Renault de démarrer un véhicule nouveau dans un site qui n’est pas déjà rodé», confie le président Euromed de Renault

    En marge du salon de Francfort, le patron de la région Euromed du groupe Renault a livré tous les aspects liés à l’état d’avancement de l’usine de Tanger. Production, ressources humaines, derniers réglages… Les préparatifs avant le lancement prévu début 2012.

    - L’Economiste: Pensez-vous que le timing du démarrage de Renault Tanger sera maintenu?

    - Jacques Chauvet: Tout à fait. Début 2012, vers les mois de janvier-février, on aura ce qu’on appelle l’accord de fabrication qui se donne pour une certaine cadence. Globalement, le projet avance bien. L’on est revenu sur le timing initial. C’est-à-dire que nous avons rattrapé les trois mois de retard perdus à cause des intempéries. Maintenant, il y a une sorte de hâte à ce que les premiers véhicules sortent.

    - Mais de sources concordantes à Tanger, les tout premiers prototypes devaient être livrés en juillet dernier…
    - Pour juillet dernier, il y a eu un jalon qu’on appelle l’envue. C’est-à-dire le moment où l’usine prend la responsabilité du projet. Une période qui permet de tester, monter et démonter les premiers véhicules par l’équipe projet. Pendant 6 ou 7 mois avant le démarrage de la production, l’usine doit faire la preuve qu’elle a les installations et les process en place. A ce moment-là, l’usine prend la responsabilité de la voiture.

    - Comment s’annoncent les premiers tests?
    - Pour le moment, on procède tous les jours à des tests de voitures qui ne sont pas vendables. Ces véhicules servent plutôt à l’institut de formation pour apprendre au personnel de maîtriser le process, de monter, démonter et remonter. L’objectif est d’apprendre les gestes, la rigueur, la précision et acquérir la dextérité. Pour cela, on prend des voitures qui ne sont pas des préséries, ce sont des véhicules qui viennent avant la présérie et qui sont cassés après.

    - Quels types de véhicules comptez-vous produire?
    - Nous allons produire une familiale et une fourgonnette. Ce sont deux véhicules dérivés de la plateforme Dacia, complètement nouveaux et qui n’existent pas encore. Le challenge est tout à fait considérable! Pour vous situer l’importance de ce projet, c’est très rare dans la stratégie de Renault de démarrer un véhicule nouveau dans un site qui n’est pas déjà rodé. Cela n’est jamais arrivé chez Renault. Nous avons fait des tests clientèle confidentiels et les premiers résultats sont concluants. Nous sommes très confiants sur le succès de ces voitures qui seront destinées à 90% à l’export.

    - Quelles synergies comptez-vous faire jouer entre Somaca et Tanger?
    - Somaca accueillera, mais plus tard, le renouvellement de ses productions actuelles. Comme les plateformes sont voisines, il y aura quand même un peu de carry over (échange) à leur niveau. Il peut aussi y avoir des fournisseurs communs Somaca-Tanger. Pour l’instant, l’on forme des opérateurs de Tanger à apprendre le process sur les lignes de Somaca, la gestion du temps, le montage, voir comment fonctionne une usine et développer la polyvalence… Pour l’heure, Somaca joue un rôle de formation, d’information et de maîtrise des process.


    - Qu’en est-il des ambitions sur le plan environnemental. L’on parle d’impacts réduits à des niveaux jamais atteints par une usine de montage…
    - L’usine de Tanger sera quasiment une première mondiale en termes de pollution pour deux aspects. C’est une usine zéro carbone. C’est aussi une usine zéro rejet de CO2. Nous serons accompagnés sur le plan environnemental par notre partenaire Veolia. C’est un signal fort sur le plan écologique. A terme, le site aura la capacité de 60 à l’heure, c’est-à-dire celle des grandes usines européennes.

    - Comment comptez-vous résoudre les problèmes des ressources humaines, surtout pour les profils pointus. Et qu’en est-il du taux de robotisation?
    - La robotisation sera très faible. Ça ne sert à rien d’avoir des robots si la main- d’œuvre est peu coûteuse. Par contre, on aura quelques robots pour les points de soudure de sécurité, c’est tout. Nous allons embaucher 2.000 personnes pour le démarrage, 4.000 à fin 2012 et 6.000 en 2014. Au total, avec les fournisseurs, cela représentera quelque 30.000 emplois. A noter que le taux d’intégration locale sera de 40% au démarrage. Pour les RH, tout un programme a été mis en place. Côté opérateurs (chefs d’ateliers surtout), nombreux sont ceux qui ont déjà été formés en France, en Roumanie, en Slovénie, en Turquie… avec des stages et un niveau d’encadrement élevé. Les chefs de départements adjoints sont tous Marocains. Pour le démarrage, la première ligne du management sera française avec l’objectif d’y créer le maximum de postes pour les chefs de départements adjoints marocains dès qu’ils auront acquis de l’expérience.

    Navette aérienne Tanger/Paris

    Pour les besoins de déplacement des cadres expatriés entre Tanger et Renault, le groupe Renault compte lancer une navette aérienne. «Au début, la RAM a mis du temps à comprendre l’enjeu d’une telle liaison et le nombre de passagers. Mais on a finalement trouvé un compromis avec une navette qui part de Paris le lundi matin et qui rentre de Tanger le vendredi soir», précise, Jacques Chauvet.

    Propos recueillis à Francfort, par Amin RBOUB

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc