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Marrakech: Le hammam, ce grand consommateur de bois

Par L'Economiste | Edition N°:1796 Le 23/06/2004 | Partager

. La consommation moyenne par hammam en hiver atteint les 800 kg de bois/jour. Côté baigneurs, ce n’est pas la bousculade à Marrakech en cette saison d’été CE qui est sûr, c’est que ce n’est guère la bousculade aux hammams de Marrakech. Finis les clichés d’un hammam traditionnel où les gens se disputeront même pour un seau (ou dlou). L’affluence dans les hammams durant ces mois d’été est nettement rare et ne reflète pas pour autant leur succès. «Cependant, dans l’ensemble, le nombre des hammams dans une ville où la canicule sévit presque durant la moitié de l’année n’a pas été suivi par un développement de la clientèle estimé à 200 ou 300 baigneurs par jour et par hammam en hiver et le tiers en été», indique le président de l’Association des propriétaires de hammams à Marrakech, Youssef Laabid. L’activité est encore moins rentable pour ces propriétaires qui n’ont pas répondu à l’appel de la fédération pour augmenter les prix et les fixer à 10 DH par baigneur. «Il est vrai que le marché est libre, mais lié à Marrakech et à ses contraintes. Celles du citoyen pauvre qui boudera encore plus le hammam si l’on augmente le prix», souligne Laabid. 7 DH pour les adultes et 3 pour les enfants, est le prix globalement affiché dans tous les hammams de Marrakech. Alors que face à cette diminution de baigneurs, du moins en été, un hammam dépense en bois près de 500 DH par jour. Les chaudières, uniquement, ont des besoins en moyenne de près de 800 kilogrammes de bois à raison de 0,7 DH/kg. Souvent la recette ne permet pas de couvrir ces dépenses en été. La consommation pourrait être réduite à 30% au moins, à condition de s’équiper en chaudières spécifiques à haut rendement énergétique. Mais celles-ci demandent un investissement oscillant entre 70.000 à 100.000 DH. Investissement que beaucoup de propriétaires refusent d’entreprendre. Pas tous toutefois, puisqu’une soixantaine de hammams dans la cité ocre s’est équipée de ces chaudières cylindriques, dans le cadre du programme lancé par le Centre de développement des énergies renouvelables (CDER). Au hammam Masmoudi, qui existe depuis deux ans maintenant, c’est pour cette méthode que les propriétaires ont opté dans le quartier résidentiel du Targa. Une chaudière avec deux citernes auxquelles est relié un souffleur de chaleur. La consommation journalière est de moins de 400 kg, indique-t-on. Ici, nous sommes loin du chaudronnier, plein de taches noires. La cuve est automatisée et les aiguilles indiquent quand il faut alimenter le feu. Plus loin, hammam Salama, un des anciens de la ville, sis aussi au milieu de villas, et usant de méthodes archaïques. L’équipement est vétuste et il faut au moins trois personnes pour alimenter cette chaudière en pisé. Pas question pour ce propriétaire de changer quoi que ce soit dans son hammam qui a ses adeptes, même parmi les étrangers. Le bouche-à-oreille et une citation dans le guide du routard lui ont valu une solide réputation. Au total, 50.000 tonnes de bois sont annuellement consommées par les hammams de Marrakech. C’est un bois d’olivier en provenance de la région et qui alimente une bonne partie des villes du Maroc. Ils sont en effet 5.000 hammams à travers tous le pays, dénombre le CDER avec une consommation dépassant le million de tonnes. Rien d’étonnant qu’il y ait un déséquilibre entre la production et la consommation. Le hammam est pourtant une habitude de plus en plus délaissée au profit des bains chez soi. Mais pas dans la médina de Marrakech où sont logés une partie des 240 hammams de la ville et encore moins dans les quartiers périphériques derrière les remparts. Dans ces quartiers, on continue de profiter des lieux chauds de baignade. Le rite continue: un savonnage d’abord, suivi d’un gommage (rien de mieux pour dilater les pores) et au bout du compte une détente inimitable. Un service identique offert à travers les hammams traditionnels ou très modernes. La méthode ne change pas: du hammam de la zaouia qui a 3 siècles d’âge à celui du Hilton flambant neuf avec un centre de fitness en plus, la différence se joue sur les prix qui varient de 7 à 50 DH (non inclus frais de gommage et autres prestations) et selon les catégories de clientèle. Espace chaud, Qobba en tadelakt (à l’ancienne), barma brûlante (fontaine d’eau), nous sommes au hammam Zaouia, sis dans la médina et qui est un des plus anciens de la ville, voire du pays. Ici, la pudeur est de mise, mais point de détente. La mère de famille a quatre enfants à laver et donc pas de détente. La pause hammam est largement dépassée pour cette ménagère. Généralement, celle-ci ne vient pas seule. A la rescousse, une belle soeur, ou une soeur célibataire. Il y a quelques années encore, le hammam était un vrai rendez-vous hebdomadaire pour ces femmes du quartier qui en faisaient d’une pierre deux coups: détente et potins. Chez les hommes aussi d’ailleurs, les potins pouvaient virer vers des discussions plus larges notamment à la veille des élections. Un élu a trouvé dans le savon baldi (sorte de masque exfoliant) un moyen de continuer sa campagne d’élections avec sa tête affichée sur l’emballage.


Et dans les hôtels…

Presque tous les hôtels de Marrakech se sont mis au hammam. Certains, avec des centres Spa, très à la mode actuellement, et plusieurs salles dédiées aux hammams. C’est le cas de Médina & Spa de Sotoram. Le Kenzi, le Saadi et les clubs de vacances comme le Club Med ou le Framissima Idrisside se sont aussi dotés de hammam qui devient un produit d’appel dans le tourisme de détente ou de remise en forme.


Kessal et tayabates

UN hammam emploie trois salariés et indirectement 14 personnes, les kessalas. Un kessal (personne chargée de gommage) peut gagner jusqu’à 2.000 DH par mois. Tout dépend du hammam et de l’affluence des clients et aussi de la générosité de la clientèle. Un gommage peut aller jusqu’à 100 DH. C’est un corps de métier qui travaille en fait dur durant 18 heures toutes les 48 heures. Les kessalas ne sont pas employés du hammam, mais généralement s’organisent en petite corporation. Les mieux organisés se partagent, en parts égales, la recette globale de la journée. Les autres sont en free-lance. Bien que les propriétaires refusent de s’immiscer, le gérant ou la gérante s’octroient de manière indirecte une commission sur les revenus des kessalas.


Bus/panne sèche: La RATC réagit

LA publication d’un article intitulé “La RATC en panne… sèche” dans l’édition du 17 juin, la direction de cette régie a adressé à la rédaction “un droit de réponse” dont nous publions les extraits relatifs audit article.“…Concernant l’endettement excessif à l’égard du fournisseur actuel de carburant et que l’auteur a chiffré à des dizaines de millions de DH, il y a lieu de souligner à ce propos que la RATC effectue ses achats en carburant au comptant et, de ce fait, son compte afférent à cette matière n’accuse aucun solde créditeur.Quant aux recettes quotidiennes réalisées par la Régie et qui devraient normalement, selon l’auteur, servir au paiement des commandes en carburant, il faut savoir que la réglementation en vigueur en matière des marchés publics n’autorise pas le règlement des factures en espèces, sachant que la Régie, dont les comptes bancaires ont été frappés de saisies conservatoires ordonnées par le Tribunal de Commerce depuis le 1er juin 2004 (au profit d’une compagnie d’assurances) n’avait aucune alternative pour s’approvisionner en cette matière.Le stock de carburant disponible à la veille de cette sentence judiciaire a permis le maintien de l’exploitation du réseau, notamment la desserte des lignes à caractère scolaire, pendant une quinzaine de jours.Durant cette période, la RATC (contrairement aux accusations de l’auteur) a entrepris d’inlassables efforts auprès des autorités compétentes, à l’issue desquels elle n’a pu obtenir la mainlevée de ces oppositions qu’en date du 17 juin, date au lendemain de laquelle l’activité de la Régie a connu une reprise normale y compris le règlement des salaires du personnel au titre du mois de mai 2004”. NDLR: Ce droit de réponse comporte plusieurs contradictions et incohérences. Ce qui conforte L’Economiste dans ses affirmations et confirme ce qui a été écrit à propos de la panne sèche de la RATC. On lit dans le texte du droit de réponse que “la RATC effectue ses achats au comptant…”. Quelques lignes après, on relève que “la réglementation en vigueur en matière des marchés publics n’autorise pas le règlement des factures en espèces…”. Autrement dit, ces factures sont réglées par chèque bancaire. Mais, sachant que “les comptes bancaires (de la RATC) ont été frappés de saisies conservatoires...”, l’on se demande comment fait la Régie pour payer son fournisseur? C’est vrai qu’elle “n’avait aucune alternative pour s’approvisionner” en gasoil que de violer la réglementation en vigueur. Mieux encore: 45 bus étaient en circulation et, tout en considérant que chaque bus ne consomme en moyenne que 200 litres de gasoil par jour (soit donc 9.000 litres), la facture quotidienne atteint 51.750 DH. De plus, il faudra disposer de citernes, de cuves ou encore de bacs pour stocker 9.000 litres x 15 jours, soit 135.000 litres! Les lecteurs de L’Economiste seraient donc également intéressés par des précisions sur la capacité de stockage de carburant de la Régie, sur l’état des véhicules encore en circulation, sur la fréquence de leurs passages…Dans son droit de réponse, la RATC parle de “reprise normale” de l’activité à partir du 18 juin. Or, sur le terrain, nos journalistes ont vérifié que les bus n’ont repris que le samedi 19 juin et de manière sporadique. Quelques bus ont circulé à partir de ce jour et sur des lignes bien déterminées (7 et 9). Il est aussi à noter que, depuis lundi dernier, seulement 21 bus ont été remis en circulation. On est donc loin de “la reprise normale”.P.S.: Quand le journaliste s’est présenté à la direction de la Régie, on lui a répondu que tout le staff se trouvait à la wilaya.De notre correspondante,Badra BERRISSOULE

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