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Incendie de la Samir
L’avis des experts de la Munchener Ruck

Par L'Economiste | Edition N°:1806 Le 07/07/2004 | Partager

. Un rapport de la société germanique de réassurances conclut au manque d’entretien. Le montant du sinistre est évalué à 100 millions de dollarsPrès d’une année et demie plus tard, l’incendie de l’unique raffinerie du Royaume, la Samir, continue de faire parler de lui. Pas au Maroc cette fois-ci mais en Allemagne, par le biais de la Munchener Ruck, une des plus importantes sociétés germaniques de réassurances. Cette dernière établit annuellement un rapport sur les sinistres d’envergure qui surviennent à travers le monde. Dégâts et estimations de l’effondrement des tours du Twin Center le 11 septembre 2001 à New York, risques des parcs éoliens offshore ou simple sinistre causé par la rupture d’un robinet d’équerre, les experts de l’entreprise passent au peigne fin les causes et perspectives de ce type d’événements. Dans une de leur dernière revue de 2004, l’incendie de la Samir tient une place relativement importante. Dans un article intitulé “Inondation et incendie ravagent une raffinerie de pétrole”, ces experts analysent de façon détaillée le déroulement des événements de novembre 2002 à Mohammédia. L’introduction de l’article en question présente les conditions générales du sinistre. “Des conditions météorologiques inhabituelles semblent être principalement à l’origine du sinistre désastreux survenu en novembre 2002 dans une raffinerie de pétrole sur la côte Atlantique marocaine”, explique l’article. Avant de passer au descriptif chronologique des événements, c’est d’abord à la version officielle que se réfèrent les experts de la Munchener Ruck: “Le jour du sinistre, les autorités locales avaient fait savoir qu’en raison des pluies qui s’étaient abattues de façon ininterrompue sur le pays depuis plusieurs semaines, il y avait lieu de s’attendre au débordement de l’eau d’un barrage situé à une trentaine de kilomètres de la raffinerie”. On se rappellera en effet que c’était là la version avancée par la direction générale de la raffinerie et les autorités locales au lendemain de l’incendie. C’était aussi la première fois qu’une telle catastrophe se produisait, obligeant les autorités concernées à éclairer une opinion publique avide d’informations. Les dégâts sont monstrueux. La rumeur fait état de pertes humaines.L’article reprend en détail la chronologie des circonstances du sinistre avec force détails à 11 heures, puis 12h15, 13h, 14h, 16h, 19h et enfin 20h. Pour Mustapha Tala, expert assermenté près la Cour d’appel de Casablanca, il s’agit d’un avis très important. “L’avis de ces éminents experts est fondamental et requiert une grande importance sur les marchés internationaux de la réassurance et de la rétrocession”, explique-t-il. Mais ce sont davantage les conclusions de l’expertise qui présentent un intérêt. Les causes du sinistre seraient en effet dues, selon ce même article, à un défaut d’entretien. “Faute d’entretien, le bassin de retenue situé dans l’arrière-pays était pratiquement comblé et ne présentait plus qu’une faible capacité de retenue. Le fait que la préalarme n’ait été donnée par les autorités que peu de temps avant l’inondation a certainement contribué non seulement à la survenance du sinistre subi par la raffinerie, mais aussi à la perte de vies humaines” peut-on y lire. L’analyse ne laisse planer aucun doute quant à la responsabilité des autorités locales. Ces experts estiment par ailleurs que “l’envergure de l’incendie a été aggravée par plusieurs incidents survenus dans la raffinerie 9 jours avant l’inondation: durant la longue période de pluie, de l’eau a pénétré à travers les toits arrondis, en partie abîmés par la corrosion de deux citernes à toit flottant”, ajoutent les conclusions du rapport. Le reste de l’explication est d’ordre purement physique: “L’eau, plus lourde que le pétrole, se dépose au fond de l’appareil de séparation. Le pétrole est généralement reconduit vers le processus de transformation, tandis que l’eau est dirigée vers une station d’épuration où elle est traitée avant d’être rejetée dans la mer”, conclut également le document. Quant aux réparations, elles semblent fortement lourdes. Ces mêmes experts ont en effet évalué le montant du sinistre à plus de 100 millions de dollars, somme “certainement moins élevée que le dommage assuré”. Point positif cependant: pour eux, “les travaux de réparation sur les sections les plus importantes de l’installation avancent rapidement”. Pour d’autres parties par contre, “il y a lieu de s’attendre à d’éventuels dommages indirects dus au fait que l’on a omis de prendre des mesures conservatoires ou que ces mesures ont été insuffisantes. L’exploitant aura à supporter des frais découlant de l’arrêt d’exploitation qui ne sont pas assurés”. La leçon sera probablement grande. L’ultime conclusion est qu’à “l’avenir, l’appréciation des risques d’inondations et de tempêtes par des géoscientifiques jouera un rôle plus important que maintenant dans les critères de souscription, car il importe d’être bien paré contre le changement de climat qui s’amorce”.Amale DAOUD

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