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En marge du remaniement ministériel
La nécessaire mise à niveau du champ politique marocain
Par Jawad Kerdoudi, président de l’IMRI (Institut marocain des Relations internationales)

Par L'Economiste | Edition N°:1792 Le 17/06/2004 | Partager

Parmi les principaux objectifs, l’IMRI a inscrit dans sa charte la contribution à la consolidation de la démocratie et de la modernité dans notre pays. C’est dans ce cadre que le dernier remaniement ministériel du 8 juin 2004 appelle les remarques suivantes.Depuis l’accession au Trône du Roi Mohammed VI, le Maroc s’est engagé indéniablement dans un processus démocratique, qui est l’un des plus avancés dans les pays arabes et africains. Cependant, ce processus se heurte à un champ politique défaillant.A ce niveau, il faut citer tout d’abord l’inexistence d’une loi sur les partis politiques, réglementant leur création, leur fonctionnement et les règles strictes auxquelles ils doivent se conformer.Cette absence de loi a entraîné un champ politique chaotique, marqué par une multiplicité de partis, sans organisation solide, sans véritable programme différencié, sans moyens d’action appropriés.De plus, la plupart des partis politiques ont eu des comportements peu vertueux, se traduisant par des scissions, des alliances contre-nature, des pérégrinations d’une formation à l’autre, au gré des circonstances et des intérêts individuels. D’autre part, le plus grand nombre de partis n’ont pas assuré de renouvellement de leurs cadres, et les dirigeants restent inamovibles pendant des décennies.Cet état de fait a entraîné une perte de crédibilité des partis politiques, qui n’arrivent plus à attirer les meilleurs cadres de la Nation. Ces derniers préfèrent soit militer dans des associations, soit renoncer tout simplement à toute action politique.La seconde cause du champ politique chaotique actuel est le système électoral adopté par le gouvernement pour les législatives notamment. En effet, le scrutin majoritaire à un tour fragmente l’électorat en une multitude de tendances, et ne permet pas la constitution d’une majorité cohérente du gouvernement.Les conséquences de cette situation se traduisent au niveau de la constitution du gouvernement. C’est ainsi que le Premier ministre actuel n’est pas issu d’un parti politique, alors que la véritable démocratie exige la désignation d’un chef politique issu d’une majorité parlementaire. La composition du gouvernement actuel est un amalgame de ministres sans appartenance politique, et de six formations.Le remaniement ministériel du 8 juin 2004 ne vient que conforter cette situation, sur les cinq nouveaux arrivants, presque une seule personnalité est véritablement issue d’un parti politique.Dans cette analyse, il n’est nullement question de mettre en cause les personnes composant le gouvernement, et notamment la première d’entre elle, dont le patriotisme, l’ardeur au travail et la volonté de bien faire, sont reconnus et hors de tout soupçon.Mais c’est le système lui-même qu’il faut réformer pour atteindre progressivement la véritable démocratie, qui se traduit par des élections libres et transparentes, apporter au pouvoir une majorité cohérente et efficace, tenue d’appliquer le programme pour lequel elle a été élue.Pour cela, l’adoption d’une loi sur les partis politiques est urgente et indispensable pour fixer les règles du jeu. Le système électoral doit être également changé, par l’adoption du scrutin majoritaire à deux tours, seul capable de constituer des gouvernements homogènes et efficaces, et assurer l’alternance.Les partis politiques, auxquels la Constitution a dévolu un rôle d’encadrement, doivent également se mettre à niveau, par des programmes clairs et précis, une démocratie interne, une organisation transparente, la sanction de tout comportement suspect parmi leurs membres.Le champ politique marocain doit également se restructurer et se recomposer. A l’image des grandes démocraties, seules quatre à cinq grandes formations politiques doivent émerger, et représenter les principales aspirations de notre peuple. Ces formations doivent avoir un programme clair et précis, et s’y tenir, afin de respecter le choix des électeurs.Le chemin de la démocratie est long et difficile, et exige un combat incessant et durable. Mais les démocrates marocains sauront l’imposer à plus ou moins long terme dans notre pays.-L’absence de loi sur les partis politiques a entraîné un champ politique chaotique, marqué par une multiplicité de partis, sans organisation solide, sans véritable programme différencié, sans moyens d’action appropriés-

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