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    Economie

    16 mai, deux ans après
    «L’obscurantisme, ce parasite qui menace notre stabilité»

    Par L'Economiste | Edition N°:2022 Le 17/05/2005 | Partager

    . La lutte contre l’obscurantisme reste une priorité. Objectif: Contrer les discours discriminatoires. La nouvelle moudawana aide beaucoupDeux années après les terribles attentats, les associations se remémorent encore comment les extrémismes ont conduit à la violence. Le travail est, depuis, sans relâche. Le cheval de bataille des associations féminines, après la promulgation du code de la famille, reste la lutte contre toutes les formes de violence. L’obscurantisme en est une parmi les plus violentes. Fouzia Assouli, secrétaire nationale de la Ligue démocratique des droits de la femme, souligne les acquis mais demeure préoccupée: deux ans après les attentats, la menace reste puissante.- L’Economiste: Le 16 mai 2003 est-il toujours présent dans les mémoires ou l’a-t-on oublié?- Fouzia Assouli: Le terrorisme existait bien avant le 16 mai. Dès l’année 2000, nous n’avions cessé d’alerter les pouvoirs publics sur les dangers de l’extrémisme et sa fulgurante ascension dans tous les quartiers, notamment les plus défavorisés. Nous avions à cet effet organisé plusieurs colloques, dont celui sur la situation de la femme dans le discours extrémiste.- Mais aviez-vous des éléments concrets, des signes annonciateurs?- Oui, bien sûr. Nous travaillons sur le terrain, dans des quartiers enclavés, nous avons donc toujours été confrontés à la montée de l’extrémisme. Il était flagrant que la situation devenait difficile. En mars 2003, nous avions lancé un appel pour l’assainissement du champ religieux et la révision des manuels scolaires.- On ne vous a pas entendu...- Tout le monde pensait et déclarait que le Maroc était un pays modéré où ce type d’événements ne pouvait se produire, ce qui s’est révélé faux. Le fait que ces extrémistes utilisent la religion pour atteindre leurs fins est en soi dangereux. Tous les canaux sont bons pour mobiliser. Il faut toutefois souligner que l’Etat a, depuis, pris les choses en main.- Deux ans après, quel constat faites-vous?- Avant d’en parler, je voudrais signaler que de multiples actions pour sensibiliser à davantage de citoyenneté ont été initiées. En 2004, nous avons créé l’Ecole de l’égalité et de la citoyenneté où nous formons des enseignants pour diffuser des messages de tolérance et de modernité. L’objectif principal est de contrer le discours des extrémistes et des obscurantistes. Ces actions ont porté leurs fruits puisque nous avons créé plusieurs clubs au sein des collèges. Ce sont au total plus de 32 établissements et de 100 enseignants qui sont concernés. Ils auront pour mission de contribuer à la propagation des valeurs du respect et de non-violence. Les collèges bénéficiaires se situent avant tout dans les quartiers défavorisés mais pas uniquement. Nous voulons contrer les représentations discriminatoires et la diffusion d’une culture qui n’a pas été la nôtre. Il s’agit de faire en sorte que les valeurs de tolérance soient celles des jeunes générations. Pour cela, nous avons élaboré deux manuels. Ces manuels sont utilisés par les enseignants formés. - La moudawana vous aide-t-elle dans la lutte contre les extrémismes?- Certainement. Il s’agit d’une nouvelle philosophie d’organisation des rapports sociétaux. Nous avons ainsi choisi la voie d’un pays modéré, ouvert et moderniste. Les rapports sont basés sur l’égalité et la justice. C’est donc un premier pas pour éduquer à des rapports égalitaires. C’est un bouleversement du patriarcat et des discriminations basées sur le rejet des lois. C’est une nouvelle philosophie qui rompra avec toutes les représentations discriminatoires au sein de notre culture.Propos recueillis par Amale DAOUD


    Un témoignage

    Pour sa part, L’Economiste avait réalisé et publié des reportages sur les réseaux islamistes, dès l’an 2000 et particulièrement au cours de l’année 2002. Un d’entre ces articles, consacré au charlatanisme médical des réseaux, et intitulé «Le viagra des islamistes», avait eu beaucoup de succès.Le ministère de l’Intérieur, qui a certainement assuré discrètement la sécurité de nos collaborateurs, n’a jamais cherché à empêcher ou orienter nos investigations. Mais à plusieurs reprises, il nous avait indiqué, spécialement par la bouche de son secrétaire d’Etat, Fouad Ali El Himma, que nos articles donnaient une vue exagérée des intégristes du Maroc et que ces derniers n’étaient pas aussi menaçants que les reportages de L’Economiste le disaient. La «nouvelle politique d’autorité» considérait, entre autres, que le danger islamiste tel que développé du temps de Basri, était une exagération destinée à justifier les abus sécuritaires. Néanmoins, après le 16 mai 2003, les services de sécurité avaient dû conserver une excellente connaissance des réseaux islamistes puisque la police judiciaire avait très rapidement lancé des investigations concernant quelque 2.000 personnes (cf. nos chiffres dans notre édition du 16 mai 2005). N. S.

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