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Le Cercle des Experts

Le Covid au petit galop: Quand on justifie la peur…

Par Dr Maxime MAURY | Edition N°:5866 Le 16/10/2020 | Partager

A l’exception de deux années en tant qu’attaché d’ambassade, le Dr maxime Maury à fait toute sa carrière au sein de la Banque de France qu’il a quittée en 2019 pour exercer en tant que professeur affilié à Toulouse Business School. Il tient comme un «devoir» de transmettre à ses élèves ce que «40 ans de service public lui ont enseigné». Il critique vertement le personnel politique, lequel redoute l’effort et préfère jouer sa réélection sur les peurs (Ph. FE)

Selon une enquête récente de la Banque de France (publiée sur son site), 8.000 chefs d’entreprise interrogés estiment majoritairement (75%) que leur activité retrouvera, au premier semestre 2022, son niveau de fin 2019. Ce résultat encourageant nourrit un discours gouvernemental optimiste d’autant que la reprise post-confinement semble avoir été plus rapide que prévu.

Emplois perdus donc croissance affaiblie

Cette perspective bute cependant sur quatre incertitudes majeures qui la rendent assez peu crédible:

1- L’amplitude de la récession a été deux fois plus importante en France qu’en Allemagne au premier semestre 2020 d’après l’OCDE, d’où la question: le rattrapage peut-il être aussi rapide qu’évoqué précédemment lorsque l’on sait que la production industrielle française a attendu 7-8 ans pour retrouver son niveau de 2007 après la dernière crise financière?
Le choc considérable que nous venons de subir (-10% de PIB en moins) aggrave l’affaiblissement tendanciel de l’économie française qui a perdu 2,5 millions d’emplois industriels depuis 25 ans. La chute de l’investissement industriel (-11% selon l’Insee) et les 800.000 emplois perdus en 2020 affaiblissent notre potentiel de croissance à moyen terme. Et freineront le rattrapage. Outre l’aéronautique et l’automobile, le tourisme est profondément touché.

2- Parallèlement, la crise sanitaire poursuit son aggravation au «petit galop»: avec le doublement du nombre de cas de Covid en réanimation passé de 409 le 31 août à 827 le 1er septembre.
Compte tenu de la force d’inertie de l’épidémie et du refus du gouvernement de prendre les mesures fortes suggérées par le Conseil scientifique pour faire respecter plus strictement les gestes-barrières, Catherine Hill, épidémiologue-statisticienne, affronte les médias pour dire ce que chacun peut calculer: à la fin de l’année, nous risquons de nous retrouver aux niveaux de saturation de notre système hospitalier qui avait justifié le confinement en mars 2020. Le gouvernement semble avoir fait, sans le dire, le choix de l’immunité collective, mais celui-ci ne sera pas sans provoquer des secousses sur l’économie.

3- Et surtout nous n’avons pour le moment rien vu des effets de la grande récession puisque le plan de soutien (460 milliards) qui a précédé le plan de relance (100 milliards) cherchait à en différer les effets: gel des procédures judiciaires, moratoire des prêts garantis par l’Etat, chômage partiel financé par la puissance publique, etc. Ce n’est donc qu’en 2021 que nous verrons la vague de faillites qui, selon les agences de notation, devrait croître de 30%. Ce qui pose la question de l’occurrence d’une crise financière qui aggraverait en retour la crise économique. La BCE et les États, l’Union européenne ont certes fait un «sans faute» jusqu’à présent, mais les niveaux d’endettement globaux sont de 50% plus élevés qu’en 2008.

4- Reste la bonne nouvelle d’un pétrole à 40 dollars qui est en réalité une très mauvaise nouvelle: alors que la production mondiale de pétrole est en baisse depuis 2018 et que la moitié des compagnies explorant le pétrole de roche-mer a fait faillite, au prix actuel du baril l’exploration est réduite à néant. Que se passera-t-il donc quand l’économie remontera? Choc pétrolier?

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Les Français disent que le gouvernement accompagne bien la récession et les entreprises, mais gère mal la crise sanitaire. Quelle parfaite illustration de ce que Charles de Gaulle écrivait dans ses mémoires: «Comment n’aurais-je pas su que ce qui est bon pour la Nation, ne va pas sans blâme dans l’opinion, ni sans perte dans l’élection.» A force de considérer que tout effort est «anxiogène» on finit par justifier la peur, écrit le Dr Maury. (1965, première sortie médiatique de Charles de Gaulle, il venait d’être mis en ballotage) (Ph. AFP)

                                                                                  

Les idées et les mots qui portent

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Le CEPS, Centre d’étude et de prospective stratégique, est une OING, organisation internationale non gouvernementale. Il se distingue par son réseau fonctionnant avec une cinquantaine de nationalités différentes. Toutes de haut vol, pas très nombreuses  mais mobilisées. Ensuite, son signe, et sa force sans doute, c’est l’autorité de son délégué général, Loïc Tribot La Spière. Il fait marcher son petit monde à la baguette, lequel ne s’en plaint pas puisqu’il y gagne collectivement du temps et de la précision.
Le Centre existe depuis 32 ans. Assez récemment, il s’est intéressé à l’Afrique, tâtant l’Afrique du Sud, l’Algérie et le Maroc. Un club marocain a été constitué, Confluence, sur l’instigation de Mohamed El Yakhlifi, associé président d’un bureau d’études basé en France, Boosting Strategy & Performance Partners.
Le CEPS et son club Confluence ont réalisé un document collecif, sous un titre dur «Afrique que fais-tu de tes talents» (L’Economiste du 2 décembre 2017).
Le CEPS réserve les travaux (réalisés par les membres) à ses autres membres. Dans ce cas, il a accordé à L’Economiste de droit de republier le présent travail, comme l’étude sur l’industrie aéronautique durant Covid-19.

 

 

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