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Economie

Banques: Les actionnaires à la diète

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5760 Le 13/05/2020 | Partager
7 milliards de DH de dividendes seraient en jeu
Interrogations sur le cas des petits porteurs
Les banques qui ont déjà validé le dividende doivent présenter un plan d’action

La banque centrale vient de demander aux banques de suspendre le versement des dividendes pour conserver des fonds propres suffisants afin de faire face aux effets de la crise. L’objectif est de préserver leur capacité d’octroi de financement et de réorienter plus de capital vers les entreprises en difficulté durant cette période de crise sanitaire.

En Europe, la Banque centrale européenne a émis la même recommandation.   «C’est une décision de prudence. Le système financier est la base d’une économie saine. Les banques ont besoin de fonds propres pour pouvoir financer leurs clients et l’économie», soutient un banquier de la place. 

En suspendant «jusqu’à nouvel ordre» la rémunération des actionnaires pour l’exercice 2019, les banques pourront mobiliser plus de financements pour l’économie réelle. Généralement, elles versent le dividende quelques mois après les assemblées générales ordinaires, soit entre le mois de juin et de juillet, voire un peu plus tard.

L’année dernière, les banques (hors BMCI) avaient versé près de 5,5 milliards de DH à leurs actionnaires. Cela représente un taux de distribution de 60%, identique à celui de 2018. Cette année, l’enjeu porte sur près de 7 milliards de DH. Ce n’est pas juste une recommandation mais une contrainte de la banque centrale en particulier vis-à-vis des actionnaires. Ces dividendes vont renforcer les fonds propres surtout que cette année les résultats risquent d’être malmenés en raison d’une flambée attendue du coût du risque.

En renonçant à la distribution de dividendes, les banques pourraient libérer plus de capital mais la question des petits porteurs va se poser. «Il va certainement y avoir des discussions avec la banque centrale. Si les institutionnels peuvent renoncer aux dividendes, ce n’est pas le cas des petits porteurs dont les intérêts doivent être préservés», relève  un banquier.  

Certaines banques, qui ont déjà annoncé le dividende qui sera distribué, doivent présenter un plan d’action à la banque centrale. Elles pourraient se retrouver dans une situation «délicate» en particulier avec les petits porteurs. «Cela risque de poser des soucis même pour les institutionnels ou les entreprises qui détiennent des actions de banques dans leur portefeuille.

Dès le début de la crise sanitaire, Bank Al-Maghrib a pris une série de mesures. C’est le cas notamment de la baisse du taux directeur laquelle est suivie  de mesures de politique monétaire et prudentielles pour soutenir l’accès au crédit bancaire au profit à la fois des ménages et des entreprises.

Les banques disposent de la possibilité de recourir à l’ensemble des instruments de refinancement disponibles en dirham et en devise. Une extension à un large éventail de titres et effets acceptés par la banque centrale en contrepartie des refinancements accordés est mise en place.

De même, un allongement de la durée de ces refinancements est octroyé.  La banque centrale promet aussi «de suivre de près les implications de la crise sanitaire sur l’économie nationale et le système financier et prendrait, le cas échéant, les mesures nécessaires pour y faire face».

Les assurances aussi

Le secteur bancaire n’est pas le seul dont les dividendes sont sous surveillance. Le superviseur des assurances a invité les compagnies à faire «preuve de retenue».  Seules les entreprises d’assurances et de réassurance cotées qui ont déjà annoncé leur dividende échappent à la nouvelle exigence de l’Acaps. Chez les assureurs, tout projet de distribution supérieur à 30% du résultat net doit au préalable recevoir l’aval du superviseur. L’Autorité examine «le cas de chaque entreprise au regard de son niveau de fonds propres, de sa couverture et des dérogations lui ayant été accordées en matière prudentielle». 

Khadija MASMOUDI

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