×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Quelle défense contre les futures menaces?

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5750 Le 28/04/2020 | Partager
Un observatoire national de veille virologique devient indispensable
Besoin de laboratoires de haut niveau de confinement
A peine quatre pour tout le Maroc
laboratoires-050.jpg

La majorité des laboratoires au Maroc sont de niveau 1, soit à faible degré de sécurité, non adaptés à la manipulation de pathogènes dangereux. Seuls quatre sont de niveau 3, et ils sont à accès très limité

Peut-on continuer comme avant, avec une R&D sans moyens (moins de 0,8% du PIB), des laboratoires peu équipés et peu sécurisés, des chercheurs démotivés, délaissés, rêvant en grande partie de traverser les frontières… Des chercheurs dont la moitié, voire plus, ne produit aucune publication depuis des années… Certainement pas!

Le SARS-Cov-2 a été une gifle pour l’ensemble de l’humanité, mais encore plus pour les pays comme le Maroc: faible économiquement et dépendant des technologies étrangères. La pandémie en a, heureusement, sorti le meilleur. De la solidarité, de la réactivité, de l’engagement, de l’inventivité… Cette communauté scientifique nationale souvent dans l’ombre s’est soudain activée et mobilisée pour proposer des solutions (mathématiciens, ingénieurs, informaticiens, virologues, biologistes…).

Des compétences, le Maroc en a, malgré tout, et il est temps de les fédérer pour se préparer à l’avenir, aux futures menaces. Car des attaques virologiques, il y en aura sûrement d’autres. Ce que nous ignorons, c’est le moment où elles se déclareront.

L’histoire de l’humanité est pleine de crises pandémiques. Depuis le début du XXe siècle, le monde en a connu au moins une vingtaine (Grippe espagnole H1N1, asiatique, porcine, aviaire, sida, Ebola, Zika, West Nile…). Pour les prochaines, il faudra se préparer dès à présent.

«Il est aujourd’hui important de créer une structure rassemblant des chercheurs en virologie et immunologie, mais aussi en sciences connexes, comme la génétique et la toxicologie. Elle peut être d’un grand secours pour les prochaines années», suggère Moulay Mustapha Ennaji, directeur du laboratoire de virologie de l’université Hassan II.

«La structure, sous forme d’un observatoire national de veille virologique et de pathologies virales émergentes et ré-émergentes, pourrait à la fois assurer la veille, apporter des conseils et réaliser des prédictions», poursuit-il. Une idée qu’approuve l’immunologue, expert international des vaccins, ex-patron de la R&D à GSK, Moncef Slaoui, contacté par L’Economiste.

Autre élément essentiel, les laboratoires. Il en existe généralement de quatre niveaux de confinement. Au Maroc, la majorité sont de niveau 1, soit un faible degré de sécurité, non appropriés pour la manipulation de virus. On les retrouve dans les universités et hôpitaux.

En parallèle, il en existe seulement quatre de niveau 3. Ceux de l’Institut d’hygiène de Rabat, de l’Institut Pasteur à Casablanca, et les deux laboratoires de l’hôpital militaire à Rabat et Guelmim. Ces quatre structures, en raison des procédures strictes de sécurité, sont à accès très limité.

«Je recommande la mise en place de laboratoires de niveau 2 et 3 dans toutes les régions, dans les universités et hôpitaux, ainsi que dans d’autres départements, l’Environnement, l’Onssa… Cela nous permettra d’être prêts à affronter les menaces. Nous devons aussi réfléchir à comment fédérer les compétences marocaines reconnues à l’international, qui pourraient en même temps participer à former une relève», propose le docteur en virologie.

Ces laboratoires seraient utilisés à la fois pour la recherche et le dépistage des infections. Ceux déjà en place devraient être mis à niveau. Tout cela nécessiterait des investissements conséquents, mais le jeu en vaut la chandelle.

Agir en coordination avec l’OMS

Concernant les laboratoires de niveau 4, avec le plus haut degré de confinement, le projet serait plus difficile à réaliser. Des labos de ce type, il n’en existe qu’un ou deux sur tout le continent, dont un au Kenya. «Ils coûtent extrêmement cher, surtout la partie entretien. Plusieurs pays pourraient, par exemple, participer à en construire un», propose Moulay Mustapha Ennaji. «Je pense qu’il est important effectivement de disposer de laboratoires de niveaux 2 et 3. Ceux de niveau 4 sont très onéreux à construire et à maintenir. Je ne crois pas que cela soit nécessaire, sauf si l’OMS décide d’en construire un au Maroc. Quoi qu’il en soit, dans un pays comme le nôtre, il vaut mieux agir en coordination avec l’OMS afin d’éviter les redondances inutiles», estime pour sa part Moncef Slaoui.

Ahlam NAZIH

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc