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Tout sur le virus qui a ébranlé le monde!

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5750 Le 28/04/2020 | Partager
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«Sur l’enveloppe du virus, il existe des spicules sous forme de clous ou de pneus d’hivers, ainsi que des boules de nature lipidique. Quand il fait froid, ces boules gèlent et le protègent. A contrario, lorsqu’il fait chaud, elles fondent, ce qui dénature son ARN. Le virus est là, mais il n’est plus infectieux», explique le directeur du laboratoire de virologie de l’université Hassan II, Moulay Mustapha Ennaji. L’arrivée de la saison chaude pourrait donc sensiblement freiner la pandémie (Ph. MME)

Moulay Mustapha Ennaji est une référence nationale en virologie. Le directeur du laboratoire de virologie de l’université Hassan II de Casablanca travaille sur la «grande famille» des Coronavirus depuis les années 80.

Apres une carrière de 20 ans en Amérique du Nord, où il a été professeur dans plusieurs universités canadiennes et américaines, tout en étant officier de recherche au conseil national de recherche du Canada, il est rentré au Maroc au milieu des années 90.

Ennaji souhaitait faire profiter son pays de son expertise. A l’époque, il n’y avait que 3 virologues pour tout le Maroc. L’enseignant-chercheur, docteur en virologie de l’université de Laval, compte à son actif plus de 700 publications et communications scientifiques, en plus de 7 livres (trois autres sont en cours). Il est aussi à l’origine de la publication de 400 séquences génétiques au NCBI GeneBank (banque de séquences ADN américaine).

Ennaji, qui a encadré, jusque là, 42 thèses de doctorat, est membre de 100 jurys scientifiques nationaux et internationaux. Il nous dit tout sur le dernier né des coronavirus chez l’Homme, le SARS-CoV-2, responsable de la maladie du Covid-19. Un  virus «plus gentil que d’autres»,  mais «intelligent» et «super économe».

■ D’abord, la «famille»
Les Coronavirus, c’est une histoire de plusieurs millions d’années. En principe, chaque espèce animale (canins, bovins, félins, caprins, équidés, reptiles…) possède son propre coronavirus. Mais ça, c’était avant que la famille n’arrive à muter. «En raison d’un changement de tropisme, la barrière inter espèces n’existe plus», relève Moulay Mustapha Ennaji. Les coronavirus sont aujourd’hui capables de déjouer cette barrière. Chez l’Homme, ils ont été découverts dans les années 60. Sept d’entre eux peuvent infecter les êtres humains à ce jour. Trois lui sont transmissibles via des animaux (les SARS-CoV 1 et 2, et le MERS-CoV), et quatre peuvent passer d’homme à homme (OC43, 229E, NL63, HKU1). Le dernier en date, le SARS-CoV-2, apparu vers décembre 2019 à Wuhan, circule actuellement en plusieurs versions, selon les dernières recherches. Chaque région en possède une variante différente. Près de huit souches du virus sont actuellement à l’étude.
Certains coronavirus sont de nature neurotropique (attaquent le système nerveux, tels que l’OC43). D’autres sont à tropisme respiratoire (comme les SARS-CoV). Un troisième type impacte le système gastro-intestinal.

■ La théorie du Pangolin

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Le premier Coronavirus transmissible de l’animal à l’Homme, le SARS-CoV-1 (responsable de la pneumopathie atypique), est apparu en novembre 2002 en Chine (province de Guangdong). Le deuxième, le MERS-CoV, a été détecté en 2012 au Moyen-Orient, et le troisième, fin 2019 en Chine. Dans les trois cas, la théorie avancée par les chercheurs est celle du passage du virus de la chauve-souris à des «animaux réservoirs» qui ont développé des récepteurs spécifiques, et qui à leur tour ont infecté l’être humain. En 2002, ce serait la civette, en 2012, le chameau et en 2019, le pangolin. «Certains chercheurs ont remis en question la théorie de l’infection via le pangolin, mais à ce jour, elle reste la plus valable», souligne Ennaji. «Le SARS-CoV-2 isolé chez cet animal est à 91%, voire même à 99% selon certains travaux, identique à celui relevé chez l’Homme. Il s’agit d’un gros virus dont le code génétique équivaut à une trentaine de pages. L’homologie de séquence entre les deux est quasi parfaite», assure-t-il.

■ Il circule dans l’air, vraiment?

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Par rapport à d’autres virus, le SARS-CoV-2 est assez gros. Il mesure près de 100 nanomètres de diamètre. Sa transmission s’opère d’abord par aérosol. «Quand une personne infectée parle, tousse ou éternue, elle émet des gouttelettes qui enveloppent le virus et le protègent», explique Moulay Mustapha Ennaji. Le virus possède une couronne portée par une enveloppe d’origine cellulaire qui le préserve. Tant qu’elle est entourée d’eau, l’enveloppe reste intacte.  
Etant lourdes, les gouttelettes retombent rapidement sur les surfaces. A moins que vous ne soyez directement exposé à un aérosol émis par un malade, vous ne risquez pas vraiment de croiser des gouttelettes qui graviteraient dans l’air. «D’où l’importance de respecter les mesures de distanciation sociale et de porter un masque, même quand on n’est pas malade. Personne n’est, d’ailleurs, sûr de ne pas porter le virus. Vous pouvez être infecté tout en étant asymptomatique», insiste le virologue. Au Maroc, environ 16% des cas confirmés ne présentent aucun symptôme. Selon des recherches internationales, 15 à 20% des personnes montrant des symptômes d’un rhume sont en fait touchées par un coronavirus. «L’air n’est pas un vecteur, et il faut veiller à aérer la maison au moins deux fois par jour», poursuit Ennaji. Les surfaces où le virus se dépose, par contre, sont une voie de contamination. Il peut y survivre de quelques heures à plusieurs jours. Dès que l’eau s’évapore, il devient inactif.
Le SARS-Cov-2 peut subsister 2 à 3 heures sur les mains, 24 heures sur du carton, trois jours sur le plastique, quatre jours sur le verre et l’acier, et 9 jours sur des gants. «Il possède une charge électrostatique. Lorsqu’il trouve la charge opposée, il se fixe et reste collé», prévient Ennaji. Déposé sur un bouton d’ascenseur ou la poignée d’une voiture, il peut y rester quatre jours. Il est donc important de désinfecter en permanence les surfaces, surtout celles utilisées de manière collective, et de se laver les mains de façon fréquente. A défaut, appliquer un gel hydro-alcoolique.  

■ Comment il s’infiltre dans l’organisme

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La porte d’entrée du virus, ce sont les muqueuses: La bouche, le nez et les yeux, ainsi que les cellules alvéolaires des poumons. A sa surface, il existe des particules que l’on appelle glycoprotéines. Ayant subi des changements, le corps humain ne les reconnaît pas. «Le virus a trouvé un terrain favorable parce que notre organisme n’est pas immunisé», relève Ennaji. Les glycoprotéines ressemblent à des clous qui lui permettent de s’attacher à des récepteurs spécifiques sur les cellules. C’est ce qui lui permet de rentrer dans l’organisme. Sa réplication contient pas moins de 13 étapes.    
Certains virus possèdent un acide nucléique servant au transport du message génétique et à la synthèse des protéines, appelé ARN. Le coronavirus est à ARN positif. «Cela signifie que dès qu’il rentre dans une cellule de l’organisme, il se met immédiatement au travail, en synthétisant d’autres protéines pour se répliquer. Il commence à produire des informations génétiques avant de passer à l’assemblage, puis d’acquérir une enveloppe dans la cellule hôte. D’une simple particule, vous pouvez finir avec des millions», explique le docteur en virologie.
Chaque malade du Covid-19 peut infecter jusqu’à 3 personnes (4 selon certains travaux). Sa propagation est donc assez rapide.
Les symptômes engendrés sont nombreux. Les plus fréquents sont la toux sèche, la fièvre, les maux de tête et de gorge, les douleurs musculaires ou abdominales, les difficultés/détresse respiratoires, de la diarrhée, des vomissements… Des cas de perte de goût et d’odorat ont également été relevés, de même que des éruptions cutanées et des conjonctivites, ou encore, des lésions cardiaques et rénales. Selon certaines hypothèses, le virus s’attaquerait aussi aux organes vitaux. Les chercheurs continuent de se pencher sur les dégâts causés par le SARS-Cov-2, afin de percer tous ses mystères.  

■ S’en débarrasser en buvant de l’eau?
Le virus peut se déposer au niveau de la gorge, en guettant une occasion de rentrer dans l’organisme. Prendre de temps à autre des gorgées d’eau permettrait de s’en débarrasser, en l’envoyant vers l’estomac, un milieu très acide. «Avec un pH de presque 2, le virus ne résiste pas. En général, il survit dans un pH compris entre 5,6 et 9», précise Moulay Mustapha Ennaji. «Quoique, beaucoup de virus peuvent être retrouvés dans les selles. Ce qui signifie qu’ils sont capables de déjouer toutes les barrières», ajoute-t-il. Certains conseillent aussi des gargarisations avec de l’eau et du sel.   
De manière générale, le corps bénéficie mieux de l’eau consommée à petites quantités de manière espacée, selon Ennaji. Ceci permet de le maintenir hydraté. Si l’on boit les 1,5L recommandés par jour d’un seul coup, le corps n’en prend que son besoin immédiat, et rejette le reste. La surconsommation précipitée peut même favoriser une lithiase biliaire.

■ Pourquoi les femmes en sont moins touchées?

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Au Maroc, plus de 53% des malades du Covid-19 sont des hommes. La tendance est mondiale. En Europe, la part des hommes va même à 60%. Ils sont aussi plus nombreux à décéder de la maladie. Partout, les femmes sont moins touchées par le virus. Question de comportements, de degré d’exposition aux risques, d’hygiène de vie? Selon certains chercheurs, ce ne sont pas les seuls aspects qui rentrent en jeu. Le phénomène tient aussi à des facteurs biologiques. Les hormones sexuelles de la femme permettraient une réponse immunitaire plus forte, ce qui la protège mieux contre les attaques virales. A suivre.  

■ Un virus contagieux, mais plus «gentil» que d’autres!
Le taux de reproduction du Covid-19, dit R0, est compris entre 1,4 et 2,5. Un malade infecté par le SARS-CoV-2 peut ainsi contaminer entre 2 et 3 personnes (jusqu’à 4 selon certaines études). Son degré de contagiosité est important, mais il y a pire! Un porteur de la rougeole, par exemple, peut infecter jusqu’à 18 personnes (7 pour la variole). Son taux de létalité, aussi, reste peu élevé, avec une moyenne internationale de 4%. D’autres sont beaucoup plus mortels. «La grippe espagnole, par exemple, avait emporté 50 millions de victimes. Le Rotavirus, méconnu du grand public, est associé au plus fort taux de mortalité des enfants», relève Moulay Mustapha Ennaji. «Cette épidémie du Covid-19 ne me fait pas peur. Car nous sommes face à un virus qui reste gentil comparé à  d’autres, comme le West Nile virus véhiculé par les moustiques, le Hantavirus aux Etats-Unis et en Chine qui donne des fièvres hémorragiques, ou encore, Ebola… Le corps devient comme une flaque de sang et vous ne pouvez rien faire», poursuit-il. Plus de  80% des cas de Coronavirus sont bénins à modérés, environ 15% sont graves et 5% sont critiques. Les plus vulnérables sont les personnes âgées, celles souffrant de maladies chroniques, et les femmes enceintes.

■ Les hautes températures le désactivent

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Rappelez-vous, tant que le virus est immergé dans une gouttelette, il reste protégé. Si l’eau qui l’entoure s’évapore, ses protéines se dénaturent, et il devient inactif. Son milieu idéal: les zones où la température est modérée et le climat humide. Il ne résiste pas longtemps aux climats chauds et secs. «Sur l’enveloppe du virus, il existe des spicules sous forme de clous ou de pneus d’hivers, ainsi que des boules de nature lipidique. Quand il fait froid, ces boules gèlent et le protègent. A contrario, lorsqu’il fait chaud, elles fondent, ce qui dénature son ARN. Le virus est là, mais il n’est plus infectieux», explique Moulay Mustapha Ennaji. De manière générale, une température de 56 degrés pendant 30 minutes rend les virus inactifs. Une hausse de température au Maroc à partir du mois de mai permettrait donc de freiner la pandémie.  

■ Super économe
«Ce virus, c’est le meilleur économe sur terre», s’écrie Moulay Mustapha Ennaji. «L’être humain possède un gros génome, avec beaucoup de gènes répétés ou qui ne sont pas codants. Le virus, lui, dispose de peu d’informations. Néanmoins, il les utilise au maximum, en multipliant les compositions. Avec ces combinaisons, on obtient ce qu’on appelle un ARN subgénomique. C’est-à-dire que chaque protéine contient un ARN qui en code un autre, et ainsi de suite», explique-t-il. Une fois dans le corps, il ne perd pas de temps.

■ Manipulation génétique: Un scénario peu probable…

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La rumeur d’un virus «fabriqué» dans un laboratoire chinois circule depuis le déclenchement de la pandémie. Un Prix Nobel français, Luc Montagnier, a même adhéré à cette thèse. Les contestataires de cette théorie restent, cela dit, majoritaires. Pour l’expert international des vaccins, docteur en immunologie, Moncef Slaoui, cette probabilité n’est «scientifiquement pas crédible». «Le nombre de mutations qu’un virus doit effectuer pour être infectieux et se transmettre d’être humain à être humain est extraordinaire. Il s’agit d’un processus stochastique, avec des milliards et des milliards de combinaisons possibles. L’une d’elles finit par arriver, mais c’est impossible de prédire son caractère infectieux pour l’Homme», nous avait-il confié (voir L’Economiste N°5730 du 31 mars 2020). Moulay Mustapha Ennaji, aussi, réfute cette supposition. «Quand le séquençage a été réalisé, il a montré quelques changements de base. Sur une trentaine de pages de code génétique, quelques lettres diffèrent. Ce n’est, cependant, pas avec ces modifications que nous pouvons  conclure à une manipulation en laboratoire», justifie-t-il. «Les virus évoluent depuis des millions d’années, avant même l’existence des êtres humains, et ils n’ont pas encore dit leur dernier mot! Il ne faut pas passer vite à ce genre de conclusions. Le scientifique se doit d’être sage, de prendre du recul avant d’avancer des affirmations», insiste-t-il. 

■ Des coronavirus coupables de la sclérose en plaque!
«Les coronavirus sont intelligents. Beaucoup de travaux de par le monde les ont associés à des maladies dites démyélinisantes, dont la sclérose en plaque», partage Ennaji. Certains peuvent rester dans un état latent dans l’organisme pendant des années. Des enfants infectés à un âge très jeune ne développent la sclérose en plaque qu’à l’âge de trente ans. «Dans nos neurones, nous avons une gaine de myéline et une deuxième dite de schwann. Quand le virus attaque ces deux gaines, le potentiel d’action permettant de coordonner les gestes disparaît», explique le virologue. La maladie est très présente dans les pays nordiques. Un rapport avec le climat, froid et humide, favorable au virus?

■ Il n’a peut-être pas dit son dernier mot!

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Il n’existe pour l’heure aucune visibilité quant à l’évolution de la pandémie du Covid-19 dans les prochaines semaines. Mais une question s’impose: si à l’arrivée de la saison chaude nous parvenons à nous débarrasser du virus, ne risque-t-il pas de revenir l’année prochaine, quand le climat sera de nouveau froid et humide? Et puis, serait-il de retour sous la même version? «Certains avancent que le virus n’a pas dit son dernier mot. Pour rester vivant, il doit subsister dans un organisme réservoir. Et ceci est possible, puisqu’il peut y avoir des infections latentes ou chroniques persistantes.
 Le virus resterait ainsi dans un corps, sortirait durant l’hiver et une nouvelle dissémination commencerait», soumet Moulay Mustapha Ennaji. L’exemple du coronavirus latent, responsable de la sclérose en plaque, pouvant demeurer dans l’organisme pendant des années, est de ce point de vue éloquent. «Cela reste, toutefois, une théorie. Il faudrait attendre avant d’avancer des spéculations. Nul ne peut prévoir l’avenir. Par le passé, des virus ont été complètement éradiqués, comme la variole par exemple», nuance le virologue. La crise du SARS-CoV-1, aussi, a été de courte durée. Sauf qu’il était moins contagieux…
Le système immunitaire ne peut combattre le virus que s’il y a déjà été confronté, à travers un vaccin ou une contamination précédente. Les cellules mémoire de l’organisme peuvent ainsi le reconnaître, synthétiser des anticorps et le détruire.
Procéder par une vaccination naturelle (en laissant l’infection circuler parmi la population) n’est pas un scénario envisageable, puisque nous ne disposons pas d’un système de santé à même de prendre en charge des effectifs importants de malades. Des gens qui pourraient parfaitement être sauvés seraient perdus, simplement parce qu’ils n’auraient pas eu accès à un lit d’hôpital. Par ailleurs, des études chinoises avancent que des personnes guéries du Covid-19 ne développent pas de mémoire immunitaire. Elles peuvent ainsi être réinfectées…     
Quant au vaccin industriel, il faudra attendre au moins un an. En l’absence d’un remède spécifique ou un vaccin, la seule solution aujourd’hui est la prévention: Un confinement maîtrisé, des distances de sécurité, le port du masque et des mesures d’hygiène strictes. En parallèle, essayer de booster son immunité. «Il est conseillé d’opter pour une nutrition équilibrée, favorisant les vitamines C et D, et d’éviter le manque de sommeil. En cas d’infection virale, privilégier le repos. Avec une activité physique intense, le virus peut passer dans le sang et s’attaquer à toutes les cellules», prévient le virologue. La surconsommation de sucre est à proscrire. Consommé en grande quantité, le «poison blanc» affaiblit le système immunitaire. 

■ Vaccins et traitements: Une course mondiale

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 Jamais la communauté scientifique internationale ne s’est autant activée pour trouver un remède ou un vaccin. Près d’un millier d’études cliniques testant des médicaments sont en cours, à la fois pour réduire la charge virale du virus, ou atténuer la réponse immunitaire de l’organisme. Eh oui, l’organisme peut parfois sur-réagir. C’est ce que les spécialistes appellent «l’orage de cytokine», cette molécule indispensable au système immunitaire. La surproduction de cytokine peut engendrer une «tempête hyper-inflammatoire» potentiellement mortelle.
Plus de 70 projets de vaccins ont, par ailleurs, été récemment recensés par l’OMS. Quelque cinq sont actuellement en phase d’essais cliniques. Ils sont l’œuvre de quatre compagnies pharmaceutiques: Moderna (Etats-Unis), Inovio Pharmaceuticals (Etats-Unis), CanSinoBIO (Chine) et BioNTech (Allemagne), en plus de l’université d’Oxford. La première société à avoir entamé ces essais est Moderna. Son vaccin a été mis au point en seulement 8 semaines. Les tests sur l’Homme ont commencé vers la mi-mars. Un processus qui d’habitude prend plusieurs années.
Une troisième piste consiste au recours aux anticorps produits par des patients guéris. Il s’agit d’injecter le plasma sanguin des personnes remises du Covid-19 à des nouveaux malades. La Food and Drugs Administration (FDA) américaine avait autorisé la technique, comme nouveau médicament expérimental, le 24 mars dernier. Des tests sont menés dans plusieurs autres pays, dont la France, l’Allemagne, et la Corée du Sud.

■ Porter un masque, le bon mode d’emploi

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Les masques sont souvent mal portés, y compris par les professionnels de santé. Avant d’utiliser une bavette, il faut d’abord se laver les mains. Une fois placée, mieux vaut ne plus y toucher, pour limiter le risque de contamination. Le masque médical contient généralement deux facettes, une blanche, à mettre contre la peau, et une colorée, à placer du côté externe. Il possède aussi une baguette nasale, une sorte de fil pliable qui doit être déposé sur le nez. En le pinçant, on peut mieux fixer le masque sur le visage. Pour une protection adéquate, il faut couvrir à la fois le nez, la bouche et le menton. Nombreux sont ceux qui dégagent leur narines, descendent leur bavette au niveau du menton, ou la mettent dans leur poche. Dans ces trois cas, le risque de contamination est important. Il est conseillé de ne plus remettre un masque enlevé. Si mouillé ou souillé, il faut le jeter, mais pas n’importe comment. «Il peut être une source de contamination pour d’autres personnes. En principe, il faudrait le retirer délicatement, et le mettre dans un sac fermé avant de le jeter dans une poubelle et de se désinfecter les mains. Les mouchoirs aussi, ne sont pas réutilisables. Après usage, il ne faut pas les garder dans sa poche», conseille Moulay Mustapha Ennaji.
Il existe trois types de masque médicaux: FFP1, avec une efficacité de 78%, FFP2 (92%) et FFP3 (98%).  La durée de validité des deux derniers, les mieux indiqués pour une protection maximale, est entre 3 et 8 heures. Les masques médicaux sont à usage unique. Leur décontamination (désinfectant, détergent, chaleur…) en vue d’une réutilisation est déconseillée, selon la Société française de microbiologie.

■ Désinfecter, sans tomber dans la paranoïa!

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La pandémie peut pousser les habitudes vers des extrêmes. Les ménages sont désormais nombreux à s’évertuer à tout désinfecter, y compris leurs courses. Mais attention aux excès. «Pour détruire le virus, il n’y a pas mieux que l’eau, c’est largement suffisant», insiste Moulay Mustapha Ennaji. Utiliser quelques gouttes de vinaigre ou une goutte d’eau de javel, reste tolérable. Se laisser aller à des abus de détergents vous expose à d’autres risques: allergies, lésions cutanées… Il faudrait aussi laver et ranger les courses aussitôt, pour éviter que des aérosols viennent s’y déposer.
Quant au pain, après sa cuisson, il est parfaitement stérile. Une fois manipulé, il est possible qu’il soit contaminé. Si vous achetez du pain, faites-le passer au four afin de détruire tous les micro-organismes. Généralement, une exposition à 56°C pendant 30 minutes vient à bout de tous les virus. «Néanmoins, quand nous mangeons, notre salive agit comme un antiseptique. En mastiquant le pain et en le badigeonnant bien comme il faut, il est désinfecté», précise le virologue.
L’abus de gels hydro-alcooliques est également déconseillé. Il ne devrait être utilisé qu’en cas d’impossibilité de se laver les mains.

Ahlam NAZIH

 

 

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