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Forêt 2020-2030: La stratégie se met en place

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5709 Le 02/03/2020 | Partager
Repeuplement de 133.000 ha de forêt
50.000 ha à planter annuellement selon le PPP
Objectif, atteindre 5 milliards par an de valeur commerciale

C’est parti pour la nouvelle stratégie forestière. Présentée devant le Roi le 13 février, elle vient de faire l’objet d’une réunion sur les modalités de son déploiement. Et pour cause! Il y a urgence. Le patrimoine forestier est sous pression permanente: surexploitation du bois, des pâturages et faiblesse de valorisation, en particulier du chêne-liège. Résultat, pas moins de 17.000 ha de forêt sont perdus chaque année.

D’où la nouvelle stratégie, Forêt 2030. A cette échéance, le ministère se fixe pour objectifs, le repeuplement de 133.000 ha de forêts, la création de 27.500 emplois directs supplémentaires ainsi que l’amélioration des revenus des filières de production et de l’éco-tourisme. Le tout, pour atteindre une valeur commerciale annuelle de 5 milliards de DH.

Pour atteindre ces objectifs, la nouvelle stratégie s’articule autour de quatre axes majeurs. Le premier vise la création d’un nouveau modèle basé sur une approche participative associant les populations à la gestion. Le second met en relief le développement des espaces forestiers selon leurs richesses.

Alors que le 3e axe concerne la promotion et la modernisation des métiers forestiers à travers la création de pépinières forestières modernes et l’introduction de l’outil numérique dans la gestion du secteur. Enfin la réforme institutionnelle du secteur via la qualification des ressources humaines, la mise en place d’un pôle de formation et de recherche, et la création d’une Agence des eaux et forêts et d’une autre de préservation de la nature.

Cette stratégie prévoit aussi l’aménagement et la valorisation de dix parcs nationaux, en vue d’assurer un développement économique et social en plein respect du patrimoine naturel, culturel et territorial.

Dans le détail, la gestion participative se fera à travers la création de plus de 200 organismes locaux de développement forestier, la contractualisation avec les usagers de la protection participative des 50.000 hectares d'arbres prévus d’être plantés annuellement, la création d’un nouveau corps de plus de 500 animateurs territoriaux pour jouer un rôle de médiation auprès de la population locale, en plus de la promotion d’amodiations de chasse auprès des associations et sociétés suivant le cahier des charges.

Pour ce qui est de la gestion des espaces forestiers, elle sera axée sur la vocation des sites via l’incitation à l'investissement privé sur une superficie de 120.000 hectares d'eucalyptus et de pins. Avec une identification stricte des obligations sociales des acteurs privés.

S’agissant du développement des professions forestières, il est question de créer des pépinières modernes en partenariat avec le secteur privé. Cela tout en veillant à préserver la caractéristique génétique des forêts nationales. La numérisation des moyens de gestion du secteur, la modernisation et le développement des parcours techniques forestiers comptent aussi parmi les leviers retenus.

Quant à la réforme institutionnelle, elle porte sur la mise en place de l'Agence des eaux et forêts, qui sera en charge de la gestion régalienne du domaine forestier privé de l’Etat en dehors des parcs nationaux, et l'Agence de la conservation de la nature qui sera en charge de la gestion des différentes zones des parcs nationaux. La réforme portera également sur l'adéquation du cadre juridique et la qualification des ressources humaines selon les spécificités des métiers et la création d’un pôle formation et recherche.

Pour le moment, deux organes ont été créés lors de la toute récente réunion du ministre avec les hauts responsables de son département. Il s’agit d’un comité de pilotage que le ministre préside lui-même et d’un comité de suivi dont la charge a été confiée au secrétaire général du ministère de l’Agriculture, de la Pêche et des Eaux et Forêts.

Faible taux de boisement

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Le Maroc présente une grande diversité bioécologique et une gamme diversifiée   de milieux naturels différents. Le premier Inventaire Forestier National (IFN), réalisé entre 1990-2005, a permis de disposer d’une base de données cartographiques et numériques fiables sur la répartition géographique, la consistance et l’état général des ressources forestières.
Sur le plan de l’occupation et du statut foncier des terres, les formations forestières, para-forestières et alfatières sont en majorité domaniales et s’étendent sur une surface d’environ 9,6 millions d’hectares, soit un taux de couvert de 13,5% du territoire national. Mais le taux moyen de boisement reste relativement faible: 9%, ce qui est en dessous de la valeur optimale (15 à 20%) nécessaire à l’équilibre écologique et environnemental. Les formations forestières boisées couvrent une surface de 6,2 ha et sont constituées à 71% d’essences feuillues (chêne vert, chêne-liège, arganier et acacias sahariens) et à 18% d’essences résineuses (cèdre, thuya, genévrier, pin, cyprès de l’Atlas et sapin). Le reste de la superficie, soit 11%, est occupé par des formations basses (matorrals et essences secondaires) résultant souvent de la dégradation des forêts.

A.G.

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